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Affaire Cyril : que risque-t-on à raconter n’importe quoi sur les réseaux sociaux ?

Cyril

En mettant en scène le faux enlèvement de son chien pour “créer du divertissement”, l’influenceur Cyril Schreiner se retrouve aujourd’hui visé par une plainte. L’association de protection animale YouCare dénonce une pratique commerciale trompeuse. Cette affaire relance une question centrale : que risque-t-on lorsqu’on invente des choses pour faire le buzz sur les réseaux ?

Le scénario de Cyril piège des millions d’abonnés

Fin janvier 2026, Cyril Schreiner annonce sur ses réseaux sociaux l’enlèvement de son chien Albert. Face caméra, les yeux rougis, il affirme dans une vidéo que “deux personnes se sont introduites chez moi. Ils ont pris Albert et l’ont kidnappé”.

Très vite, l’histoire touche des millions de personnes. Cyril publie plusieurs vidéos, il se lance à la « recherche » d’Albert, raconte des “négociations” avec les ravisseurs, annonce la disparition puis la “retrouvaille” du chien. Les contenus cumulent des millions de vues sur Instagram, TikTok et Snapchat. Certains internautes vont jusqu’à faire des dons pour l’aider.

Mais les incohérences s’accumulent. Face aux soupçons, Cyril Schreiner menace un temps de poursuites ceux qui l’accusent de mise en scène. Le 9 février, il reconnaît finalement avoir tout inventé. Il dit avoir “voulu créer du divertissement”, admet l’avoir fait “de la pire des manières” et promet de reverser les gains générés à des associations de protection animale.

Une plainte pour pratique commerciale trompeuse contre Cyril Schreiner

Le 10 février, l’association YouCare annonce porter plainte. Elle accuse Cyril Schreiner d’avoir orchestré un “faux kidnapping dans le but de faire le buzz et de s’enrichir sur Snapchat”.

Elle invoque une pratique commerciale trompeuse et dénonce un “détournement lucratif de la cause animale”. YouCare reproche également à l’influenceur de banaliser le vol d’animaux et d’affaiblir les véritables appels à l’aide. L’association WAF annonce aussi porter plainte.

Le Parti animaliste réagit à son tour. Dans un communiqué du 11 février, il réclame des sanctions et une régulation plus stricte des contenus impliquant des animaux sur les réseaux sociaux, dénonçant “l’exploitation d’animaux comme supports de divertissement et de revenus publicitaires”.

Que dit la loi ?

Depuis la loi du 9 juin 2023 visant à encadrer l’influence commerciale, les créateurs de contenu doivent respecter les règles du Code de la consommation.

Le Code de la consommation (article L121-2) sanctionne toute pratique reposant sur des allégations fausses ou de nature à induire en erreur lorsqu’elle vise à altérer le comportement économique du consommateur. Si un influenceur invente un drame pour générer des vues et donc des revenus publicitaires, la justice peut considérer qu’il manipule intentionnellement son audience à des fins commerciales.

Les pratiques commerciales trompeuses sont punies de deux ans d’emprisonnement et 300 000 euros d’amende.

Si des dons ont été perçus sur la base d’un mensonge, d’autres qualifications pourraient théoriquement entrer en jeu, comme l’escroquerie. Cette infraction est punie de cinq ans d’emprisonnement et 375 000 euros d’amende.

Peut-on tout inventer sur les réseaux sociaux ?

La liberté d’expression protège les opinions, pas les manipulations lucratives. Inventer une histoire dans un cadre clairement présenté comme fictif relève de la création. En revanche, mettre en scène un faux drame, susciter l’émotion, encourager les partages, générer des revenus publicitaires ou des dons peut constituer une tromperie.

Si le mensonge altère le comportement économique du public en le poussant à regarder, cliquer, partager ou donner de l’argent, il peut tomber sous le coup du droit de la consommation, voire du droit pénal. Inventer un drame pour capter l’attention ne relève plus seulement d’une faute morale, cela peut devenir une faute juridique.

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