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Des Nazis recrutés par les Etats-Unis pendant la Guerre Froide

Dans une enquête publiée le 27 octobre, The New York Times s’est appuyé sur des documents déclassifiés pour montrer comment les grandes instances d’espionnage américaines ont employé comme espions ou informateurs d’anciens nazis pendant la guerre froide.

La fin justifie les moyens. C’est en tout cas ce que nous révèle le quotidien new-yorkais dans un article publié le 27 octobre. Il estime qu’au moins 1000 anciens nazis ont été employés par la CIA, le FBI et d’autres agences d’espionnage comme espions et informateurs pendant la période de la Guerre froide. « Jusqu’aux années 1990, ces agences ont dissimulé les liens du gouvernement avec certains d’entre eux qui vivaient toujours aux Etats-Unis. » révèle The New York Times.

L’intérêt de la guerre étant plus fort, les Etats-Unis ont donc fermé les yeux sur le passé de nombre de leurs recrues, voire les ont protégés pour la plupart d’entre eux.

« Au plus fort de la Guerre froide, dans les années 50, des responsables de la police et des renseignements comme J. Edgar Hoover pour le FBI ou Allen Dulles à la CIA ont activement recrutés d’anciens nazis de tous les rangs », précise le quotidien. Ceux-ci étaient des armes secrètes contre le bloc soviétique. Parmi ces nouveaux espions ou informateurs, se trouvaient parfois d’anciens agents SS, souvent reliés à des crimes de guerre.

C’est notamment le cas de l’ancien officier SS Otto von Bolschwing, mentor et bras droit d’Adolf Eichmann, l’instigateur de la Solution finale, qui a été l’auteur de textes de haine contre les Juifs. Juste après la guerre, la CIA l’a recruté comme espion en Europe puis installé à New York en 1954. Selon The New York Times, lors de la capture d’Eichmann par les agents du Mossad en 1960, von Bolschwing a été directement à la CIA pour demander de l’aide, inquiet de possibles représailles dont il pourrait être sujet. L’agence américaine a alors protégé son identité, et ce pendant 20 ans avant que ce dernier ne soit démasqué et poursuivi.

Les preuves des liens entre ces espions particuliers et les agences ont ainsi été rendues possibles grâce aux études de Richard Breitman, un universitaire spécialiste de l’Holocauste, qui a étudié les documents déclassifiés sur les crimes de guerre pendant cette période. Il a établi à au moins 1000 le nombre d’anciens nazis recrutés par l’Armée américaine, la CIA, le FBI et d’autres instances gouvernementales.

Déjà dans les années 1970, des indices étaient apparus quant à ces liens. Certains journalistes enquêtant sur le sujet avaient même été placés sous écoute par Hoover. Le secret d’Etat était semble-t-il trop honteux pour être révélé.

D’autres historiens ont réévalué ce nombre de nazis enrôlés à la hausse, indique le journal américain. Il reste cependant difficile d’en établir le total exact, de nombreux documents restent encore classés secrets.

Photo à la une: Klaus Barbie, dit le “Boucher de Lyon”, est responsable de l’exécution de Jean Moulin et de la rafle des 44 enfants d’Izieu. Il a été protégé pendant plusieurs décennies par les services secrets américains où il a officié comme espion entre 1947 et 1951.

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