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Crise à Erevan : l’Arménie sous tension

Depuis quelques semaines, la stabilité politique de l’Arménie est menacée. Nos médias consacrent bien peu d’intérêt à ce pays pourtant en plein développement, une démocratie encore fragile depuis l’indépendance de 1991, et possédant des relations conflictuelles avec ses voisins. C’est dans sa capitale –  Erevan – que se déroule, en ce moment-même, une crise importante qui implique les forces de l’ordre et un groupe lourdement armé. Retour sur la chronologie des évènements.

Erevan avait déjà attiré l’attention de la presse internationale en juin 2015, lors des protestations contre la hausse du prix de l’électricité imposée par le gouvernement. Le hashtag #ElectricYerevan avait alors envahi les réseaux sociaux et beaucoup d’internautes affichaient leur soutien au peuple arménien.

  • Des revendications politiques à l’origine de la crise

C’est le 17 juillet 2016 que la capitale arménienne a refait parler d’elle, lorsqu’un groupe armé entre soudainement et occupe un bâtiment de police, tuant un policier et prend en otage huit personnes, qui seront progressivement relâchées les jours suivants. Parmi les dommages collatéraux, on compte deux voitures de police brulées. Les motivations de ce groupe armé sont essentiellement politiques : lors de l’irruption dans le poste de police, les assaillants ont exigé la démission du président actuel Serge Sarkissian, et la libération de l’opposant politique Jiraïr Sefilian qui lutte pour le renversement du régime.

Le 20 juillet, quelques 2000 habitants de Erevan se sont spontanément rassemblés et ont défilé dans les rues principales de la ville, déclamant des slogans antigouvernementaux en soutien aux attaquants. Une manifestation qui adonné lieu à des affrontements avec la police, qui n’a pas hésité à utiliser du gaz lacrymogène et des grenades. Des dizaines d’activistes ont été arrêtés.

 

Rappelons tout de même que ce n’est pas la première fois que Serge Sarkissian est contesté : les manifestations qui ont suivi son élection en 2008 ont été violemment réprimées, causant 10 morts. Le slogan de campagne de Sarkissian était « En avant, vers l’Arménie riche ! » – un slogan à remettre dans le contexte de crise économique majeure que connait l’Arménie depuis les années 1990. L’économie arménienne se trouve en effet dans une phase de transition après avoir l’abandon du modèle soviétique de planification : le pays parvient tant bien que mal à se relever avec 3 % de croissance du PIB en 2015.

  • Les perspectives d’évolution du conflit

A ce jour, les négociations sont encore en cours entre le groupe paramilitaire et les forces de police, à la recherche d’une solution pacifique à la crise. Deux membres du groupe armé sont blessés mais refusent tout aide médicale.

Coté réactions internationales, elles semblent être assez discrètes, bien que le Département d’Etat américain ait « fermement condamné l’attaque ». Vladimir Poutine, lui, s’est montré « préoccupé » puisque la Russie dispose de deux bases militaires en Arménie : le renversement du gouvernement signifierait pour le chef d’Etat russe la perte d’un allié dans la région.

Crédits photo de Une: Sputnik. Аssatur Еssayants

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