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Harkis : ces soldats oubliés enfin en mémoire

Ce dimanche 25 septembre, François Hollande a rendu hommage aux Harkis en reconnaissant la responsabilité de la France dans leur “abandon”.

Ils sont plus de 200 000 à avoir été recrutés comme auxiliaires de l’armée française en Algérie entre 1954 et 1962. Des algériens musulmans indépendantistes chargés de lutter contre le Front National de Libération (FNL).

Un peuple orphelin

Au moment des Accords d’Evian en 1962, ce sont les grands oubliés de l’Histoire. Le gouvernement français se retire d’Algérie et rejette le rapatriement massif des Harkis.

Certains arrivent à rejoindre la France grâce à l’aide d’officiers bravant les autorités. Ils connaitront des conditions de vie extrêmes une fois arrivés dans la métropole ne bénéficiant d’aucune aide du gouvernement. A la fois assimilés à des immigrés mais rejetés par les immigrés, ils subissent une intégration difficile.

Pour les plusieurs milliers restés en Algérie, l’issue est presque inévitable. Livrés à eux-mêmes dans un pays qui les considère comme des collaborateurs, ils sont victimes de massacres.

Ignorés par la France et rejetés par l’Algérie, ces soldats sont orphelins d’identité, de patrie.

Depuis 1974, les Harkis et leurs descendants mènent une bataille sans fin pour la reconnaissance de leur abandon par la France. Grèves de la faim, manifestations, marches de protestation, rien n’aboutit.

Reconnaissance tardive

En 2001, huit d’entre eux portent plainte à Paris pour “crime contre l’humanité”. Sans suite.

Jacques Chirac à la présidence du pays instaure cependant une journée d’hommage national et déclare que “les massacres commis en 1962 (…) devront être reconnus“.

Nicolas Sarkozy à son tour, en fin de mandat, avait évoqué la responsabilité française lors d’une visite au camp de Rivesaltes où avaient été entassés des milliers de Harkis après la guerre. Déclaration non officielle.

Quelques mois plus tard, François Hollande, en pleine campagne présidentielle, promet de reconnaitre solennellement cette responsabilité s’il est élu. C’est désormais chose faite.

Lors de son allocution dans la cour de l’Hotel des Invalides ce dimanche, il a reconnu « les responsabilités des gouvernements français dans l’abandon des harkis, les massacres de ceux restés en Algérie et les conditions d’accueil inhumaines de ceux transférés en France ».

 

Un geste supplémentaire

C’est une victoire pour ses oubliés de l’Histoire qui sont désormais officiellement inscrits dans la mémoire française.

Les Harkis et descendants, bien qu’apaisés, en attendent plus du gouvernement. «Maintenant il est important que cette reconnaissance soit actée par une loi, qu’elle soit inscrite dans le marbre de l’Histoire de France” a déclaré un membre du Comité de liaison national des Harkis. Il ajoute “la reconnaissance ne va pas sans réparation“.

 

A voir aussi: « Loin des hommes » : imagerie de western et guerre d’Algérie

Crédits photo à la Une: AFP

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