2770 euros contre 170 euros actuellement pour une entrée en licence. C’est ce qui attend les étudiants non-européens pour s’inscrire à l’université dès la rentrée prochaine. La loi « Bienvenue en France » proposée par la Ministre de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche Frédérique Vidal laisse un goût amer tant aux étudiants étrangers qu’aux universitaires français. Ainsi, depuis plusieurs mois, des manifestations se sont déroulées pour dénoncer cette mesure comme aujourd’hui à Rennes.

La loi « Bienvenue en France » fait polémique

Après la réforme du Bac et la création de Parcoursup, le milieu universitaire va subir quelques changements, opérés par le Ministère de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche. En effet, le 19 novembre 2018, Madame Frédérique Vidal proposait la loi « Bienvenue en France » visant à augmenter copieusement les frais d’inscriptions pour les étudiants étrangers hors Union Européenne. Comme cité précédemment, l’entrée en licence s’élèvera à 2770 euros. Ajoutez 1000 euros en plus pour le master et le doctorat soit 3770 euros. Selon Edouard Philippe, l’objectif est d’accroître le nombre d’étudiants étrangers dans les écoles françaises avec un chiffre en ligne de mire : atteindre 500 000 étudiants étrangers en 2027. Une réforme qui fait polémique et divise car elle appliquerait une politique discriminatoire envers les étudiants précaires.

Les étudiants se mobilisent à Rennes…

À 10h30 ce matin, VL s’est rendu au point de départ de la manifestation à Rennes 2. Environ 200 personnes se sont rassemblées avec un seul mot d’ordre : la solidarité envers les étudiants étrangers. Avant le départ en manifestation, le cortège a fait le tour des amphithéâtres de l’Université Rennes 2 dans le but de diffuser leur message et rallier un maximum de monde à cette cause.

Le cortège dans les amphithéâtres de Rennes 2

Le cortège dans l’amphithéâtre Victor Basch avant de partir dans les rues rennaises

Par la suite, les manifestants ont pris la direction de leur cible : Le CMI (Centre de mobilité internationale) de Rennes, situé à Charles de Gaulle. Ce centre crée en 2009 est notamment rattaché à l’Université Rennes 2. Un manifestant s’exprime sur la décision de partir de Rennes 2 pour se rendre au CMI « Déjà, partir de Rennes 2 c’est un symbole quand on sait que 2000 étrangers étudient ici. Quant au CMI, ce sont eux qui gèrent les dossiers des étudiants étrangers. Alors on veut afficher notre mécontentement là-bas ! ».

Le cortège se dirigeant vers le CMI, entonnant quelques chants.

Parmi les banderoles affichées par les étudiants, l’une d’entre elle résume assez bien le message véhiculer par l’ensemble des manifestants lors de ce rassemblement : droit à l’éducation pour tous avec respect et épanouissement.

Article 26, Déclaration Universelle des Droits de L’Homme : L’éducation doit viser au plein épanouissement de la personnalité humaine et renforcement du respect des droits de l’homme et des libertés fondamentales.

…tout comme dans les autres universités françaises

Alors que 17 universités françaises se sont placées en défaveur de cette mesure, elle reste néanmoins d’actualité puisqu’elle sera appliquée dès la rentrée 2019. L’université nantaise a publié un communiqué la semaine dernière, le 4 février pour annoncer qu’en plus de sa prise de position défavorable à la loi « Bienvenue en France », elle fera bénéficier à tous les étudiants étrangers les tarifs appliqués aux étudiants européens. Dans cette même université, un blocus a eu lieu ce matin et six étudiants ont entamé une grève de la faim. 

De plus, à l’Université Tolbiac à Paris, où la lutte est souvent très vive, un blocage à commencer ce soir en soutien aux nantais grévistes de la faim. Actuellement, des élèves sont retranchés dans la faculté qui est désormais bloquée par des vigiles et où l’électricité est coupée. 

Du coté de Lille, ce matin, des manifestants en solidarité contre la hausse des frais pour les étudiants étrangers hors-UE ont bloqué l’Institut d’Études Politiques de Lille. Celui a presque immédiatement été débloquée vers 10 heures par les forces de l’ordre qui ont ensuite filtré les entrées et sorties de l’école. 

Ce matin-même, nous avons pu parler avec Victor, un jeune travailleur qui n’a jamais été à l’université. Il a décidé de venir montrer ce soutien ce matin contre cette mesure qui, selon lui, consiste à « mettre des bâtons dans les roues des étudiants ». Ce qui prouve l’engouement qu’engendre ce projet de loi.

Crédit photo : Océane Guillard / Louis Fontaine

Co-écrit par Océane Guillard et Louis Fontaine