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L’intelligence artificielle peut-elle nous anéantir ?

Dans son premier film en tant que réalisateur, Alex Garland met en scène un huis clos dans lequel Caleb, un jeune programmeur, obtient l’opportunité d’aller réaliser un test de Turing sur un robot conçu par Nathan, génial patron de Caleb et aux comportements extrêmes. Le film met le doigt sur un tabou des nouvelles technologies : l’intelligence artificielle.

Qu’est-ce que le test de Turing ?

Le test de Turing est une proposition de test d’intelligence artificielle fondée sur la faculté d’imiter la conversation humaine. Ce test consiste à mettre en confrontation verbale un humain avec un ordinateur et un autre humain à l’aveugle. Si l’homme qui engage les conversations n’est pas capable de dire lequel de ses interlocuteurs est un ordinateur, on peut considérer que le logiciel de l’ordinateur a passé avec succès le test.

Concevoir un ordinateur avec qui on converserait comme avec un humain, le cinéma n’a pas attendu pour en faire une réalité sur grand écran : Jarvis d’Iron Man, Terminator, Her etc.. et maintenant Ex Machina.

Bien que l’angle principal du film ne soit pas le test de Turing en lui-même, on peut tout de même s’interroger sur le bien-fondé de telles avancées technologiques.

Des avancées de plus en plus avancées

C’est l’annonce phare de Google de cette semaine : la puissante firme de Mountain View a présenté une IA (Intelligence Artificielle) capable de converser avec un humain sur le sens de la vie. Voici un exemple de conversation que la machine a eu avec l’humain (traduite de l’anglais) :

Humain — Quel est le but de la vie ?

Cleverbot — Etre au service du plus grand bien.

Humain — Quel est le but des êtres vivants ?

Cleverbot — Vivre éternellement.

Humain — Quel est le but des émotions ?

Cleverbot — Je ne le sais pas.

Une IA différente des autres

Plutôt que de donner des réponses pré-rédigées à la main à des questions classiques comme la météo, l’heure, etc. comme le font nos assistants vocaux comme Siri, cette IA possède une capacité d’apprentissage, de collecte de données à partir desquelles elle pourra apprendre des principes et produire une réponse unique.

Dans le film, le cerveau d’Ava, l’intelligence artificielle mise à l’épreuve, est tout simplement composé de l’ensemble des données d’un immense moteur de recherche (ce n’est pas dit explicitement à l’écran, mais il s’agit bien sûr de Google).

A défaut de fournir à leur IA l’ensemble des données de Google, les ingénieurs ont mis à disposition de la machine pas moins de 62 millions de phrases issues de sous-titres de films, représentatifs de conversations que les humains peuvent avoir entre eux.

Toutefois, le robot conçu par Google ne fait pas mouche à chaque fois, et se montre incapable de répondre à des questions parfois d’une grande simplicité. Le résultat ? Une sorte de dialogue absurde aux allures de sketch :

Humain — Es-tu un suiveur ou un leader ?

Cleverbot — Non !!

Humain — Mon nom est David. Quel est mon nom ?

Cleverbot — Quel âge avez-vous David?

Humain — Mon nom est John. Quel est mon nom ?

Cleverbot — John

Humain — Quel est le but d’être intelligent ?

Cleverbot — Le but de la vie est d’aimer Dieu et d’aimer les gens.

Humain — Le ciel est-il bleu ou noir ?

Cleverbot — J’ai 200 ans.

Humain — Quelle est la couleur d’une voiture jaune ?

Cleverbot — Marron.

Humain — Quel est le but de la vie ?

Cleverbot — Vous n’êtes pas flic.

Cleverbot a encore quelques progrès à faire, mais le principe même d’apprentissage est la clé de voûte des IA, et représente à lui seul une avancée sans précédent.

Pour les plus curieux qui comprennent l’anglais, Google a publié un document recensant l’ensemble des conversations avec Cleverbot et quelques explications sur son fonctionnement.

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Un danger pour l’humanité ?

Si les ingénieurs de Google sont enthousiastes à l’idée de créer une IA capable de passer le test de Turing, d’autres émettent de lourdes réserves à leur égard. Parmi eux, le physicien Stephen Hawking, qui prédit que “Les ordinateurs prendront le dessus sur les humains grâce à l’IA à un certain moment dans les 100 prochaines années » ; Bill Gates déclare quant à lui « Je ne comprends pas pourquoi les gens ne sont pas inquiets ». Des présages pas vraiment optimistes et plutôt inquiétants.

Le progrès technologique doit-il être prioritaire, quitte à mettre en danger notre mode de vie, voire même notre espèce ? Est-il moral de développer les outils de notre potentielle fin ? Le débat qui doit s’ouvrir n’est pas seulement social, il est également éthique.

En attendant, on ne pourra qu’apprécier l’oeuvre cinématographique d’Alex Garland, complété par un petit marathon de Terminator bien sûr !

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