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Interview- Poldark : Heida Reed (Elizabeth)

Toujours pour mieux vous préparer à l’arrivée de la saison 2 de Poldark, début septembre sur BBC One (Netflix en France), faites plus ample connaissance avec la comédienne Heida Reed, rencontrée à l’occasion du 56ème Festival de Télévision de Monte-Carlo.

Déterminée à devenir comédienne (et modèle), Heida Reed quitte son Islande natale et s’installe à Londres à l’âge de 20 ans où elle est diplômée du Drama Centre London. Beaucoup de théâtre, un peu de cinéma… A la télévision, on a pu la voir dans DCI Banks en 2012, Jo en 2013, puis à la fois dans Silent Witness et The Lava Field l’année suivante. Dans Poldark, elle incarne le premier amour de Ross (Aidan Turner), avant que le Destin n’en décide autrement…

Comment avez-vous obtenu le rôle d’Elizabeth ?

Heida Reed : De manière très classique. On m’a appelée et puis je suis allé passer une audition… j’ai immédiatement réalisé à quel point c’était bien écrit ; ce qui rend justement l’audition beaucoup plus facile. J’étais très à l’aise à l’idée de lire pour le rôle d’Elizabeth et tellement heureuse de le décrocher ! J’étais très excitée lorsque j’ai eu l’occasion de lire l’ensemble des épisodes et résolument consciente de la chance que j’avais de pouvoir faire partie.

Pensez-vous que votre participation à The Lava Field puisse vous avoir ouvert les portes de Poldark ?

Non, pas vraiment. Mais j’ai été très heureuse d’apprendre que la série avait connu un certain succès chez vous. Cela remonte à deux ans… C’était mon premier rôle en Islande, et dans ma langue d’origine. J’y ai acquis beaucoup d’expérience mais je ne crois pas que cela m’ait aidée pour Poldark. Le rôle de Gréta ne pourrait être plus éloigné de celui d’Elizabeth… Mais cela reste un magnifique souvenir.

Poldark- Elizabeth (2)

Quelle représentation vous faisiez-vous d’elle ?

C’est vraiment une femme de son temps. Elle est bien intégrée à cette société qui veut la voir mariée à la bonne famille. On attend d’elle qu’elle franchisse chaque étape que toute jeune fille de cette période se devait d’entreprendre. Elle est gentille et absolument pas rebelle. Elle fait juste ce que ce monde lui dicte. Mais au fil du temps, sa condition va énormément évoluer et la pousser à s’endurcir un peu. Elle n’a pas le choix… Il lui faut devenir plus forte.

Les premières minutes du pilote la présentent comme l’héroïne classique puis, très vite, le regard du téléspectateur change vis-à-vis d’elle, dès lors qu’elle se fiance à Francis (Kyle Soller)…

Tant que les gens détestent le personnage avec passion, parce qu’ils aiment la série et ses histoires, et qu’ils s’investissent vraiment en regardant les épisodes, j’aime les commentaires qu’ils peuvent laisser sur les réseaux sociaux… aussi durs soient-ils. Je ne les prends pas personnellement. Ils ne me connaissent pas. Comment le pourraient-ils ? Je ne m’identifie absolument pas à Elizabeth. Alors, j’espère qu’ils ne feront pas d’amalgames (rires).

Aviez-vous vu la série originale ?

Seulement quelques extraits. Je crois qu’aucun d’entre nous ne l’a vu… Nous attendons tous d’avoir fini le tournage pour nous y plonger.

Poldark- Elizabeth (3)

Faîtes attention, avec un peu de chance, ce ne sera pas avant 10 ans !

Oui (rires) ! Qui sait ?! De ce que j’en sais, cette première version est un classique. Elle a l’air fabuleuse. Du peu que j’en ai vu, je comprends tout à fait pourquoi les gens l’apprécie tant. Il s’en dégage ce doux charme, inexplicable, qui transparaîtra également dans la nôtre. En tout cas, nous l’espérons.

Pensez-vous que la série était résolument conçue pour marcher à l’international ?

Le plus important, dans un premier temps, était vraiment de faire en sorte que le public anglais soit heureux et fier de ce que nous proposions et qu’il aime la série. Mais parallèlement, il ne fait déjà plus aucun doute depuis de nombreuses années que la Grande-Bretagne est passée maître dans l’art des grandes sagas historiques télévisées. Si bien que cette question, cette pensée, germait naturellement dans nos esprits : Poldark pouvait-elle rencontrer un succès international ? Et on dirait bien que oui (rires) ! Ce qui fut forcément une merveilleuse surprise…

Selon vous, la série est-elle d’avantage une saga romantique ou politique ?

Je dirais un peu des deux. L’un affectant l’autre, continuellement. Tout ce climat de lutte sociale, et la montée progressive de la classe moyenne, alimente pleinement la façon dont évolue la vie des personnages, ainsi que ce qu’ils ressentent les uns pour les autres. Cette idée de classification est à la base de tout… Le jugement… Le fait que Ross (Aidan Turner) se tourne vers Demelza (Eleanor Tomlinson), socialement très inférieure… Car, malgré tout, je crois qu’à la fin, les gens se tourneront toujours vers l’histoire d’amour. C’est ce que tout le monde cherche.

Quel regard portez-vous sur l’évolution de votre personnage ?

La série avance très vite dans le temps. Rien que sur la première saison, nous couvrons environ quatre ans de leurs vies. Il se passe tellement de choses en si peu de temps. De plus, elle devient mère… et, en un sens, son fils devient son seul amour véritable. Celui sur lequel elle peut se projeter. Bien sûr, elle ressent beaucoup d’amour pour Ross, de même que pour Francis, bien qu’il soit de nature très différente. Elle doit apprendre à vivre avec ses choix. Pour faire simple : elle devient une femme. Et elle parcourt un long chemin durant la saison 2, également. Elle devient de plus en plus forte.

Poldark- Elizabeth (4)

Poldark est votre première saga historique… Appréciez-vous le travail effectué sur les costumes et les robes en particulier ?

Les filles arrivent toujours les premières sur le plateau, très tôt le matin (rires)… Car on doit vous habiller tous les jours. Après, ça dépend des jours… Parfois, vous supportez bien le corset et, à d’autres moment, ça vous fait un mal de chien. Ça peut être difficile en fonction du temps où vous devez le porter. Si vous faîtes une journée de 12 heures, vous êtes absolument exténuée à la fin du tournage. C’est magnifique à l’image… mais c’est un authentique instrument de torture (rires) ! Plus sérieusement, je crois que la mode, à l’époque, constituait une manière de plus de contrôler les femmes. Ainsi vêtue, il devient impossible de faire les mêmes choses que les hommes… Vous ne pouviez pas monter à cheval, vous ne pouviez pas chasser… Sommairement, vous ne pouviez pas bouger. Les possibilités étaient particulièrement restreintes. Elles étaient un peu comme des oiseaux en cage, sans possibilité de s’échapper. De simples ornements devant lesquels les hommes pouvaient parader.

Que ressentez-vous à l’idée d’avoir intégré cette grande famille de la BBC ? D’autant plus à l’occasion d’un projet comme celui-là…

C’est vraiment prestigieux. Et ayant été en partie formée à Londres, ce genre de rôles a vraiment quelque chose de spécial. Une mini-série en costumes, pour BBC One, diffusée le dimanche… C’est la “crème de la crème” de ce monde-là. Donc, oui, je suis vraiment très fière d’intégrer cette tradition.

Propos recueillis et traduits par Vivien Lejeune lors du 56è Festival de Télévision de Monte-Carlo

Crédits : BBC One

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Journaliste spécialiste des musiques de films et de séries sur VL
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