Cet été, Japan Expo souffle ses 25 bougies et transforme le Parc des Expositions Paris-Nord Villepinte en un carrefour vibrant de la culture japonaise
Né de la passion de trois fans il y a un quart de siècle, le festival s’est mué en l’un des plus grands rendez-vous européens dédiés au Japon, attirant plus de 230 000 visiteurs par jour lors de ses dernières éditions.
L’histoire de Japan Expo est d’abord une histoire de transmission. De simples amateurs, ses fondateurs ont voulu rassembler ceux qui, comme eux, peinaient à trouver des interlocuteurs partageant la même ferveur pour le Japon. « Nous l’avons créé parce que c’était notre moyen d’exprimer notre passion » confie Thomas Sirdey, co-fondateur, qui rappelle que l’événement n’a jamais eu pour vocation d’être une « grande messe » dès l’origine. Cette modestie de départ n’a pas empêché une expansion rapide : le salon est aujourd’hui le troisième plus grand en France en termes de visiteurs journaliers.
« Une large ambition culturelle »
Si manga et anime constituent le cœur de l’événement, Japan Expo revendique depuis longtemps une ambition culturelle plus large. Jean-François Dufour, autre co-fondateur, met en avant l’ouverture voulue du festival : défilés de kimono, danses traditionnelles, arts martiaux, musique et gastronomie composent un programme éclectique qui vise à parler autant aux spécialistes qu’aux néophytes. Cette ligne éditoriale — monter en gamme sans pour autant se fermer — a contribué à faire de Japan Expo un lieu de découverte et d’échanges intergénérationnels.
Pour marquer ses 25 ans, l’équipe a choisi de concrétiser un rêve de longue date : la création d’un court-métrage d’animation original à l’effigie du festival. L’O.A.V. des 25 ans, projet mené en collaboration avec des studios japonais et produit par Rhinokino & Transdyne, se veut un hommage aux artisans du cinéma d’animation nippon. Les racines du projet plongent dans la nostalgie des films d’ouverture japonais Daikon III et IV, et dans l’influence directe des premières productions d’étudiants qui donnèrent naissance, pour certains, au studio Gainax.
Après plus de 14 mois de travail et de nombreux allers-retours artistiques, l’équipe franco-japonaise a livré un court animé coloré, peuplé de références à l’univers du salon. La musique originale, composée et interprétée par Umi Kun, devient le thème musical des 25 ans — un choix symbolique qui inscrit la fête dans une identité sonore propre. Eddie Mehong, producteur, rappelle que nombreux sont ceux de son équipe qui suivent Japan Expo depuis ses débuts, faisant de cette production un geste de reconnaissance autant qu’un geste créatif.
Un succès grandissant
Zn 2025, le salon a proposé 22 jours non-stop de programmation, avec 674 événements répartis sur 35 scènes, 671 participants et artistes invités, et 835 exposants (page 4). Au-delà des chiffres, c’est la diversité des contenus qui marque : stands professionnels, conférences pointues, rencontres de créateurs, showcases musicaux, sans oublier le phénomène cosplay qui continue d’attirer des foules enthousiastes.
Le festival a su également garder une dimension humaine. « Nous avons réussi à nous faire une petite place dans le cœur des gens. Nous serons le ‘Club Dorothée’ de certaines générations », philosophe Thomas Sirdey. Cette comparaison reflète une réalité : Japan Expo n’est pas seulement un marché culturel, c’est un lieu de socialisation où se tissent des trajectoires professionnelles — nombreux sont les jeunes venus en visiteurs et repartis devenus acteurs du milieu — et des filiations émotionnelles durables.
Pour cette édition anniversaire, l’organisation promet de célébrer le passé sans renoncer à l’innovation. L’O.A.V. servi comme ouverture est un symbole fort : il illustre le lien entre les cultures, la capacité du festival à fédérer talents et publics, et la volonté de donner au visiteur une expérience immersive, à la fois populaire et exigeante. Les initiateurs espèrent que cette énergie perdurera encore vingt-cinq ans.