Créé en 2021, Le Média Positif s’est imposé comme un acteur majeur de l’information optimiste en France. Avec 11 millions d’abonnés et près d’un milliard de vues par mois, le média montre qu’il existe toujours des solutions et des initiatives inspirantes, même dans un monde saturé de mauvaises nouvelles. Nous avons rencontré son fondateur Hugues de Rosny, pour comprendre la dynamique de ce média.
Un média né pour mettre en lumière le positif
Le projet du Média Positif naît en 2021 dans un contexte marqué par la pandémie du Covid-19, avec une actualité particulièrement anxiogène. Son fondateur, Hugues de Rosny, explique avoir voulu proposer une autre manière d’informer. « J’ai eu envie de mettre en lumière des bonnes nouvelles, des belles histoires, et des héros du quotidien, notamment les soignants à l’époque. », raconte le fondateur du média.
L’histoire du Média Positif démarre sur Twitter (aujourd’hui X), une plateforme perçue comme plutôt négative décrit Hugues. Très vite le concept du média gagne en popularité. « Ça a marché très vite, très fort. On a cumulé des centaines de milliers d’abonnés », se souvient Hugues.
Aujourd’hui, Le Média Positif revendique 11 millions d’abonnés et près d’un milliard de vues chaque mois, avec des audiences adaptées à chaque réseau : jeunes adultes sur TikTok, trentenaires sur Instagram, seniors sur Facebook.
Montrer les solutions plutôt que les problèmes
Le Média Positif revendique un objectif clair : montrer que derrière chaque problème, il existe une solution. « Notre idée n’est pas de dire que tout est beau et que tout va bien. C’est montrer qu’il y a des gens qui agissent pour les autres », explique Hugues de Rosny.
Pour Morgane, directrice de la communication, cette philosophie se traduit dans la Journée Positive, un événement annuel où bénévoles, associations et collaborateurs du média s’engagent concrètement. « Le but était de réunir des associations et de mettre en avant des personnes invisibilisées le reste de l’année. Pendant 24 heures, elles ont pu bénéficier de repas, soins, coiffure, vêtements et activités artistiques », raconte Morgane.
« 100% des collaborateurs du Média Positif se sont engagés sur cette journée, qui montre bien notre volonté d’avoir un impact concret sur la société », ajoute-t-elle.
Plus de 1 100 personnes ont ainsi été accueillies lors de l’événement.
Pour Hugues de Rosny, l’objectif du Média Positif est aussi de lutter contre la fatigue informationnelle. « Le cerveau humain est naturellement focalisé sur les mauvaises nouvelles. On appelle ça le biais de négativité. Les algorithmes et les médias accentuent parfois cette dynamique, explique-t-il. Nous, on essaie de rééquilibrer les choses. ».
Une équipe soudée et un fonctionnement structuré
Le Média Positif compte aujourd’hui une cinquantaine de collaborateurs : journalistes, monteurs, community managers et équipes communication/événementiel. La rédaction fonctionne comme un média classique avec des conférences de rédaction pour définir les sujets de la semaine. « Nos journalistes et moi-même nous effaçons pour mettre en lumière les gens qui méritent de l’être », explique Hugues, refusant toute starification.
Le sourcing des informations positives se fait de trois manières : les réseaux des journalistes, les contributions des abonnés et l’intelligence artificielle Harmonia, qui scrute le monde entier à la recherche de nouvelles positives. « Harmonia nous fournit chaque matin une grille de sujets classés par thématique et degré de positivité, que l’on vérifie avant publication »,raconte le fondateur.
Le média positif s’installe en dehors des réseaux sociaux
Si les réseaux sociaux restent le cœur du dispositif, Le Média Positif s’est progressivement diversifié. « Les réseaux sociaux restent notre terrain de jeu principal, mais on est aussi présents au JT de 13h de France 2 avec la chronique Une idée pour la France, diffusée le lundi et le jeudi », explique Hugues de Rosny.
Le média a également investi l’espace public parisien grâce à un partenariat avec la RATP. « On est présents dans les métros parisiens avec des instants positifs de 10 à 20 secondes diffusés sur les écrans. C’est une façon d’amener des bonnes nouvelles directement dans le quotidien des gens », précise le fondateur.
Autre initiative : un partenariat avec Bayard Jeunesse pour toucher un public plus jeune. « On co-produit aujourd’hui un magazine avec Phosphore destiné aux collégiens et lycéens. C’était important pour nous d’aller vers cette génération qui a aussi besoin de bonnes nouvelles, mais qu’on ne touche pas forcément sur les réseaux », explique-t-il.
Réconcilier les jeunes avec l’actualité
Au-delà des audiences, Le Média Positif poursuit un objectif plus large : redonner envie de s’informer. Selon Hugues de Rosny, de nombreux jeunes se détournent de l’actualité en raison de son caractère anxiogène. « Quand on regarde un journal télévisé, on enchaîne souvent faits divers, guerres, catastrophes… À la fin, les gens se sentent écrasés par l’information », explique-t-il.
Pour lui, l’enjeu est de trouver un équilibre. « On ne dit pas qu’il faut supprimer les mauvaises nouvelles. On dit simplement qu’il faut aussi raconter ce qui fonctionne, montrer qu’il y a des solutions et des personnes qui s’engagent. ».
Car derrière l’actualité parfois sombre, le fondateur du Média Positif reste convaincu d’une chose : l’espoir existe. « Notre objectif est simple : montrer qu’il y a encore des gens qui agissent, des initiatives qui changent les choses et des raisons de croire en l’avenir. ».
Le média prépare désormais son passage au format long sur YouTube, avec des récits storytelling et des interviews de personnalités inspirantes. « YouTube est un nouveau terrain de jeu pour nous. Notre objectif est d’atteindre 1 million d’abonnés sur cette plateforme en 2026 », annonce Hugues.