La capsule Orion abritant les quatre astronautes de la mission Artémis 2 se posera au large de San Diego ce vendredi 10 avril à 17 h, heure locale.
Les astronautes de la mission Artémis 2 s’apprêtent à entrer dans l’étape la plus difficile de leur périple. Après neuf jours de mission, Christina Koch, Victor Glover, Reid Wiseman et le Canadien Jeremy Hansen mettront le pied à terre pour la première fois après s’être éloignés à plus de 400 000 kilomètres de la Terre. Ils ont donc battu le vieux record d’Apollo 13 de 6 000 km datant de 1970. Pour rappel, le but de la mission était d’observer la face cachée de la Lune. Cette face cachée n’avait jusqu’alors été observée que par des télescopes. Pour Philippe Lognonné, interrogé par le quotidien Le Monde, la mission Artémis 2 constitue également une « préparation essentielle pour les futures missions d’atterrissage sur la Lune, à commencer par Artémis 4 ».
Un retour en fanfare pour la mission Artémis 2
Pour son retour, la capsule de la mission Artémis 2 s’apprête à atteindre une vitesse ahurissante. Lors de son retour en 2022, la capsule de la mission Artémis 1 avait atteint une vitesse de Mach 32, soit 38 000 km/h. Les quatre astronautes seront donc bien au-delà de la vitesse supersonique (Mach 1), qui équivaut à 1 224 km/h.

Cette descente impressionnante limitera certaines fonctions de la capsule. Par exemple, l’ensemble des télécommunications sera coupé quelques minutes avant l’amerrissage. Un plasma brûlant sera également généré à cause de la friction de l’air. Les températures avoisineront alors facilement les 2 800 °C, ce qui équivaut à environ la moitié de la température de surface du Soleil.Un bouclier thermique d’une largeur de près de cinq mètres sera malgré tout présent pour protéger la capsule. Ce bouclier, fait de résine, est l’élément le plus imposant du vaisseau. Son but ? Absorber la chaleur et l’évacuer en s’évaporant progressivement.Toutefois, certains doutes persistent concernant ce bouclier thermique. Ils sont alimentés par le fait qu’il s’agit du premier vol habité de la capsule Orion. Un problème a pourtant été detecté lors d’un test en 2022.
Les solutions apportées par la NASA
L’agence spatiale américaine avait décidé de continuer avec le même bouclier, sans en changer la structure ou la composition. Ce défaut est à l’origine du retard de cette mission, initialement prévue pour 2024. La NASA avait alors enquêté durant plusieurs mois afin de comprendre le phénomène. Ils ont fini par estimer que ce phénomène ne remettait pas en question le bon déroulement de la mission.
Cependant, l’agence spatiale américaine a fait un choix fort : modifier l’angle d’entrée dans l’atmosphère de la capsule Orion. Si l’angle est trop faible, la capsule pourrait ricocher sur l’atmosphère. S’il est trop fort, les contraintes dues au frottement de l’air pourraient menacer son intégrité. La NASA a prévu une technique assez spéciale pour préparer le retour sur Terre des quatre astronautes. Ce retour se fera par « rebond », une première pour un vaisseau habité. Cette technique consiste à faire pénétrer la capsule dans la haute atmosphère, puis à la faire rebondir vers l’espace avant de replonger pour conclure sa descente. Elle permet de localiser plus précisément le point d’atterrissage et de réduire les contraintes thermiques.
Une fois entrée dans l’atmosphère, l’équipage aura fait le plus difficile. Onze parachutes se déploieront et permettront l’amerrissage. L’équipage sera ensuite hélitreuillé vers un navire de la Marine. Là-bas, les astronautes seront examinés médicalement avant de rejoindre la terre ferme. Après l’amerrissage, la NASA se tournera vers le futur, puisqu’elle prépare sa reconquête de la Lune. Cette reconquête passera d’abord par la mission Artémis 3, prévue pour 2027. Elle servira à vérifier les capacités techniques du vaisseau. Enfin, la mission Artémis 4 aura pour ambition de réaliser le premier alunissage d’un équipage depuis 1972, en 2028.