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On a vu pour vous… Gangs of London, lutte ultra-violente entre gangs

Souvent comparée à Peaky Blinders, Gangs of London impressionne avec ses scènes d’action et de carnage en pleine guerre des gangs à Londres.

C’est quoi, Gangs of London ? Chef d’un gang criminel sévissant à Londres, l’Irlandais Finn Wallace (Colm Meaney) est abattu dans des circonstances troubles. Son fils Sean (Joe Cole) lui succède à la tête de la famille et réclame vengeance, poussé par sa mère (Michelle Fairley). Cette mort a bouleversé l’équilibre entre tous les clans d’origines et de nationalités différentes de la ville, tous susceptibles d’avoir commandité le meurtre ; en outre, les rivaux des Wallace comptent tirer partie de la situation et du chaos engendré par la flambée de violence.

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Disponible sur Starzplay le 15 Novembre prochain, Gangs of London est la première série de Gareth Evans, réalisateur qui a impressionné les adeptes de cinéma d’action avec son film The Raid. En raison de la présence de Joe Cole, de l’atmosphère sombre de la série, des scènes spectaculaires ou simplement du thème, Gangs of London a été comparée à Peaky Blinders ; on ajoutera un peu de Banshee , de John Wick voire du Parrain pour faire bonne mesure. Encore que, au terme des neuf épisodes, qualifier Gangs of London de nouveau quelque chose est un peu facile ; peut-être vaut-il mieux se contenter de dire qu’il s’agit de la première série de Gareth Evans, point final.

A l’origine, la série est une commande de Pulse Films, petite société qui a sollicité Evans pour adapter à l’écran le jeu vidéo éponyme de 2006. Comme le jeu PSP, la série raconte une guerre entre gangs ethniques pour le contrôle de la criminalité à Londres de nos jours. Ce conflit impliquant Nigérians, Pakistanais, Gallois, Kurdes et Albanais éclate après le meurtre de l’homme à la tête du clan irlandais qui dominait tous les trafics depuis vingt ans. Règlements de compte, vengeance shakespearienne, magouilles financières, enjeux politiques et rivalités personnelles : c’est une lutte acharnée et d’une violence inouïe qui va éclater entre toutes les forces en présence.

Sean enterre son père et déterre la hache de guerre.

La nature ayant horreur du vide, la mort de Finn Wallace déclenche une série de réactions en chaîne. Son fils Sean (Joe Cole, le John Shelby de Peaky Blinders) prend sa succession et, en proie à une fureur meurtrière attisée par sa mère (Michelle Fairley), réclame vengeance sans savoir qui sont les responsables. Aidé par son garde du corps Elliot Finch (Sope Dirisu est sans doute la révélation de la série), il se heurte aux réticences de ses partenaires d’origine africaine, Ed Damani (Lucian Msamati) et son fils Alex (Paapa Essiedu). Chargés de gérer les questions financières et juridiques du conglomérat criminel, ceux-ci craignent une flambée de violence qui nuirait à leurs affaires. D’autant que tous les clans et organisations criminelles de Londres comptent profiter du chaos pour accroître leur influence. 

L’éventail des forces en présence est large : la mafia albanaise emmenée par Luan Dushaj (Orli Shuka), le clan pakistanais de Asif Afridi (Asif Raza Mir) qui pousse son fils Nasir à candidater pour la mairie de Londres, les militants kurdes finançant le PKK grâce au trafic de drogue, les nigérians et les gitans gallois. La police, quant à elle, est totalement dépassée par les événements…

Étrangement, Gangs of London est en quelque sorte divisée en deux parties distinctes. D’abord, la mise en place du contexte, l’escalade et le déclenchement de l’engrenage fatal dans les quatre premiers épisodes où Evans est totalement impliqué. Ensuite, le développement des diverses intrigues jusqu’au dénouement dans les quatre derniers, dont la réalisation a presque entièrement été confiée au français Xavier Gens. Dès lors, le rythme initial, brutal et haletant, ralentit quelque peu (malgré une poignée de scènes incroyables).

En guise de charnière, le cinquième épisode apparaît comme une parenthèse complètement dingue, presque indépendante du reste de l’intrigue et sans aucun des personnages principaux. Là, Evans se déchaîne complètement avec des scènes éprouvantes car extrêmement violentes. Le genre de séquences à la limite du too much, parfois même difficilement soutenables mais qui vous tétanisent devant votre écran au point que vous en oubliez de respirer ; une débauche d’explosions, de fusillades, d’assauts armés hallucinants. Et au moment où l’on croit que l’épisode a atteint son point culminant, la série repousse encore les limites et passe de spectaculaire à totalement démente.

Négociations dans le pur style Sean Wallace.

Cet épisode, qui a fait beaucoup parler sur les réseaux sociaux, est indéniablement le clou du spectacle. De sorte que ensuite, le ralentissement et la légère atténuation des scènes d’action peuvent être jugés décevants. Des scènes d’action, il y en a encore et elles sont impressionnantes, mais elles sont plus espacées et la violence est moins viscérale et plus insidieuse.

A posteriori, c’est une manœuvre habile pour faire avancer l’histoire grâce à des intrigues plus posées et des dialogues plus complexes, au lieu de recourir exclusivement au spectaculaire. Plus machiavélique et politique, Gangs of London accorde alors plus de place aux manigances des clans pour prendre le pouvoir, établir de nouvelles alliances et trahir leurs anciens partenaires. De sorte qu’on pardonnera aisément quelques facilités et  rebondissements plus classiques, et surtout une dernière scène factice comme prétexte pour laisser la porte ouverte à une suite (une saison 2 vient d’être officiellement commandée,)

Si vous aimez les séries intimistes et subtiles, que vous êtes du genre à détourner les yeux des scènes de violence, ne regardez pas Gangs of London. Dès le pré-générique, les choses sont claires : cette histoire d’une guerre des gangs est pleine de séquences d’action hallucinantes, de brutalité sauvage et débridée. C’est sans conteste ce qui lui donne un ton particulier. Âmes sensibles, s’abstenir ; pour les autres, Gangs of London est une valeur sûre. Un peu de sang neuf (et beaucoup de sang tout court) dans une histoire de gangs classique mais bien écrite.

Gangs of London (Sky Atlantic / Cinemax)
9 épisodes (1X70′ et 8X55′)
En France sur Starzplay.

About author

Traductrice et chroniqueuse, fille spirituelle de Tony Soprano et de Gemma Teller, Fanny Lombard Allegra a développé une addiction quasi-pathologique aux séries. Maîtrisant le maniement du glaive (grâce à Rome), capable de diagnostiquer un lupus (merci Dr House) et de combattre toutes les créatures surnaturelles (vive les frères Winchester), elle n'a toujours rien compris à la fin de Lost et souffre d'un syndrome de stress post-Breaking Bad
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