Lancées simultanément, The Brave, Valor et Seal Team, trois séries militaires, sont très similaires ; alors qu’elles arrivent au terme de leur première saison, il est temps de passer les troupes en revue.

America’s first : le slogan de campagne de Donald Trump semble avoir inspiré les chaînes américaines, qui ont diffusé ces derniers mois plusieurs séries mettant en scène des soldats américains déployés à l’étranger. Avec Six et The long road home, History et National Geographic ont raconté des événements réels. Cette saison, trois des quatre networks ont également misé sur des séries militaires, cette fois sous forme de fiction : The Brave (CBS), Valor (CW), et Seal Team (NBC).

Les trois séries sont très semblables : très manichéennes, elles suivent toutes des unités militaires d’élite, envoyées en urgence à travers le monde pour préserver les  intérêts des États-Unis. Soudée par un fort sentiment de fraternité, l’équipe part clandestinement dans un pays étranger où, grâce à l’aide d’analystes et après plusieurs revers, elle accomplit sa mission et regagne sa base . Les similitudes sont donc bien plus nombreuses que les différences ; voyons néanmoins en quoi consiste la spécificité de chaque série.

The Brave : Banale et sans grand intérêt

C’est quoi, The Brave ? Le capitaine Adam Dalton (Mike Vogel) est à la tête d’une unité des opérations spéciales de la CIA. Pour accomplir les missions qui lui sont confiées, il a réuni un groupe de militaires spécialisés : un tireur d’élite, un spécialiste du combat au corps à corps, un médecin et un agent des renseignements. Suivant les ordres d’une équipe d’analystes dirigée par Patricia Campbell (Anne Heche), l’unité est envoyée partout dans le monde, afin de secourir des Américains enlevés à l’étranger, empêcher des ventes d’armes et des attentats, éliminer des terroristes…   

The Brave ne fait pas dans la subtilité : c’est l’histoire des gentils américains, qui font régner l’ordre et la justice contre les méchants. Elle ne s’embarrasse d’aucune nuance ou considération morale, et fait fi des lois internationales. Comme dans Esprits Criminels : Unité sans frontières, les héros de The Brave agissent sans se soucier des juridictions locales. Leur vie privée est quasiment absente de l’histoire : la seule chose qui compte, c’est la réussite de la mission. Chaque épisode est centré sur une de ces opérations, menée à terme en 45 minutes. Le récit se développe sur deux niveaux : la mission sur le terrain, avec une équipe où chaque membre joue un rôle spécifique en fonction de ses compétences, et  les directives données par les analystes restés aux États-Unis, cloués devant des écrans. Si la mécanique est bien huilée, s’il faut reconnaître qu’il y a du rythme et de l’action, les différentes intrigues restent convenues et prévisibles, faisant de The Brave une série sans grand intérêt.

Valor : de bonnes idées mal exploitées

C’est quoi, Valor ? Au cours d’une opération clandestine en Somalie visant à capturer un chef islamiste, un hélicoptère des forces spéciale est attaqué et s’écrase en territoire hostile. Apparemment seuls rescapés du crash, le capitaine Gallo (Matt Barr) et le lieutenant Madani (Cristina Ochoa) comprennent alors qu’on leur a caché la vraie nature de leur mission et l’identité de leur cible. De retour aux États-Unis, ils apprennent que deux de leurs camarades ont été faits prisonniers par les terroristes. Tout en cachant ce qu’ils ont découvert, ils décident de se joindre à l’équipe chargée de les libérer.

Avec un personnage féminin sur un pied d’égalité avec son homologue masculin, bénéficiant d’une intrigue suivie avec la libération des deux otages, Valor est la plus ambitieuse, la plus originale… et la plus décevante des trois séries. Malgré le fil rouge, chaque épisode consiste finalement au récit d’une opération spécifique, au cours de laquelle les héros parcourent le globe afin de localiser et d’interroger des personnes susceptibles de les renseigner sur le sort réservé à leurs compagnons. Au sein d’une nouvelle équipe, le duo Gallo / Madani jongle entre les missions, l’enquête menée par la CIA afin d’éclaircir les circonstances du crash et des aventures sentimentales mi-mélodrame et mi-soap opera. Superfétatoire, la relation amoureuse des deux protagonistes s’articule assez mal avec le reste en raison de son traitement ; en revanche, Valor est plus convaincante lorsqu’elle se focalise sur la trame militaire ou les conspirations politiques. Mais cela ne suffit pas.

Seal Team : efficace mais convenue

C’est quoi, Seal Team ?  Troupe d’élite des prestigieux Navy Seals, l’unité Bravo commandée par Jason Hayes (David Boreanaz) est chargée de toutes sortes de missions militaires aux quatre coins du globe. Sous pression et soumis aux traumatismes vécus sur le terrain, nos héros ont aussi du mal à gérer les répercussions sur leur vie familiale : souvent absents de leurs foyer respectifs, ils doivent garder secrètes les opérations dans lesquelles ils sont impliqués. C’est ce que découvre Clay Spenser (Max Thierot), jeune recrue inexpérimentée qui intègre l’équipe après la mort d’un de ses membres au cours d’une mission.

Mêlant opérations militaires et vie privée des personnages, Seal Team bénéficie d’un casting attrayant, David Boreanaz (Buffy contre les vampires, Angel ou Bones) étant entouré d’acteurs bien connus des fans de séries, comme Jessica Paré (Mad Men), Max Theriot (Bates Motel) ou A.J. Buckley (Les Experts Manhattan). Il y a surtout quelque chose d’addictif dans Seal Team, et on s’y laisse prendre facilement.  Malheureusement, en suivant systématiquement le même schéma, chaque épisode reste prévisible – au point que la scène d’introduction suffit souvent à en anticiper tout le déroulement. De surcroît, Seal Team emprunte énormément à The Unit, série de Shawn Ryan : on a parfois l’impression de regarder un remake moins inspiré.  Avec une réalisation maîtrisée et des scènes d’action musclées, elle est toutefois la plus divertissante et la plus réussie des trois séries présentées ici.  

The Brave, Valor, Seal Team : trois séries militaires chargées en testostérone, qui se ressemblent beaucoup et ne sont pas déplaisantes à regarder. Mais avec des intrigues calquées sur le même modèle, des histoires similaires et des personnages quasiment interchangeables, aucune n’est indispensable. On ignore encore quel sort leur réservent leurs chaînes respectives et toutes courent le risque d’être annulées. Ce n’est pas étonnant : correctes mais sans plus, aucune de ces séries n’est un foudre de guerre.