Un mois après la diffusion de l’ultime épisode de la saison 2 de The Handmaid’s Tale, on revient sur cette nouvelle saison toujours plus sombre et violente. La série événement de la plateforme Hulu a-t-elle réussi à poursuivre sur sa lancée après une première saison remarquable acclamée par la critique et le public ?

C’est quoi déjà, The Handmaid’s Tale ? Dans la nouvelle République de Gilead, après une catastrophe biologique, le taux de natalité n’a jamais été plus bas. Dans cette version dystopique et totalitaire des États-Unis, les relations hommes/femmes obéissent à des règles très strictes. Alors que les hommes occupent toutes les positions du pouvoir, les femmes ont été démises de leur statut de citoyennes à part entière. Elles sont catégorisées selon leur fonction : les Épouses, femmes des dirigeants, les Marthas, qui s’occupent de la maisonnée, et les Servantes, uniquement dédiées à la reproduction. Elles sont affectées au sein des familles jusqu’à ce qu’elles mettent au monde les enfants tant désirés. Offred (Elisabeth Moss) est l’une d’entre-elles.

Lancée en avril 2017 sur la plateforme américaine Hulu, la série The Handmaid’s Tale a aussitôt conquis les téléspectateurs du monde entier grâce à un scénario captivant et une esthétique remarquable, abordant des thèmes plus actuels que jamais. Le succès considérable rencontré par la première saison rend extrêmement difficile la tâche de proposer une seconde saison aussi bouleversante et intense, et pourtant. Le dernier épisode de la saison 1 de la série se terminait là où prend fin le roman de Margaret Atwood, sur lequel est basée The Handmaid’s Tale. June/Offred, enceinte, montait dans un van dont elle ne connaissait pas la destination, tout comme le téléspectateur. Avec une telle fin de saison, les scénaristes de la série et le showrunner Bruce Miller avaient ainsi toute la liberté nécessaire pour prolonger l’œuvre de l’écrivain à succès en approfondissant la dystopie sordide présentée dans la première saison, ainsi que les personnages y évoluant. Attention, la suite de cet article contient des spoilers !

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En ce début de deuxième saison, ce n’est malheureusement pas un nouveau départ qui attend June à la descente du van, mais bien une terrible séquence de torture psychologique avec la mise en scène d’une fausse pendaison collective des Servantes de la République de Gilead. Un supplice ayant pour but de les punir après leur acte de désobéissance dans la saison précédente en refusant de lapider Janice et qui ne sera que le premier parmi tant d’autres. Ces premières minutes confirment l’effroyable réalité du monde dans lequel vivent les personnages de la série. Les femmes de The Handmaid’s Tale sont en permanence soumises à une violence effroyable, peu importe leur statut dans la République de Gilead comme le démontrent certaines scènes. Auprès du public, cette violence en dérange plus d’un, à tel point que certaines critiques vont jusqu’à la qualifier de « torture porn », ce qui semble néanmoins un peu excessif. Cette deuxième saison est effectivement plus sombre, plus violente et plus effrayante que la précédente, mais poursuit avec justesse l’histoire de June amorcée dans la saison 1. Elle élargit également l’univers glaçant de la série en nous dévoilant les Colonies, ces terres où l’on « travaille et l’on meurt » comme le dit si bien Janice, qui n’étaient qu’évoquées dans le roman et jamais réellement visitées.

© Hulu

 

Au cœur de cette nouvelle saison, on retrouve principalement la grossesse de June, qui permet de creuser davantage les personnages de Serena et Tante Lydia, les rendant plus nuancés et complexes qu’auparavant. C’est en particulier l’épouse du commandant Fred Waterford qui a la meilleure et la plus imprévisible évolution dans ces nouveaux épisodes. À la fois bourreau et victime dans cette dictature qu’elle s’est battue pour mettre en place comme en témoignent les flashbacks de cette saison 2, Serena est loin d’être celle que l’on avait découverte dans la première saison. Prête à tout pour être mère et même au pire, elle semble prendre conscience au fil des épisodes de la prison abstraite dans laquelle elle s’est finalement laissée enfermer par son mari, les hommes de Gilead et elle-même. Cette réalisation ne l’empêche pas pour autant de continuer à faire vivre un enfer à sa mère porteuse esclave pour obtenir ce qu’elle veut plus que tout : un enfant. Les contradictions qui habitent Serena la rendent d’autant plus fascinante qu’elle joue un rôle capital dans le dernier épisode de la saison. Malheureusement le développement si passionnant de son personnage évince celui d’autres protagonistes prometteurs, comme Emily (Alexis Bledel), qui n’apparaît finalement que très peu dans cette saison quand on pense au potentiel de son arc narratif.

Grâce à son histoire toujours aussi saisissante et sa magnifique mise en scène, The Handmaid’s Tale réussit une nouvelle fois à marquer les esprits avec cette deuxième saison, qui se révèle à la hauteur des premiers épisodes de la série. Une mention très spéciale accordée à la prestation absolument incroyable d’Yvonne Strahovski dans ces nouveaux épisodes. On espère toutefois que la saison 3 confirmée début mai 2018, quelques jours seulement après le lancement de la saison 2, marquera un point final à la série, l’empêchant ainsi de s’essouffler comme beaucoup d’autres séries avant elle. On se répète, mais parfois les meilleures séries sont les plus courtes. 

La saison 2 de The Handmaid’s Tale est disponible en replay sur OCS jusqu’au 25 avril 2019.