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Peut-on exécuter une femme enceinte ?

Depuis quelques jours, la communauté internationale s’insurge devant ce qui est l’expression barbare d’un islamisme fanatique. Une jeune soudanaise va peut-être en devenir une des victimes collatérales si rien n’est fait.

L’origine de cette mobilisation, c’est d’abord l’histoire de Meriam Yehya Ibrahim, maman d’un petit garçon d’un an et demi et enceinte de 8 mois. Son crime : s’être mariée à un sud-soudanais de confession chrétienne, Daniel Wani. Le problème, c’est que le père de cette jeune femme est musulman et qu’elle est considérée aux yeux des autorités du pays comme une musulmane de naissance. Pour cette raison, le 15 mai 2014, elle a été condamnée à mort par pendaison par un tribunal de Khartoum au Soudan.

Crime d’apostasie

Meriam a été jugée pour apostasie (le fait d’avoir renoncé à sa religion) en vertu de la loi islamique soudanaise qui interdit les conversions sous de peine de mort. Sauf qu’en l’absence de père, elle a été élevée par sa mère, elle même chrétienne orthodoxe. Les autorités lui avaient donné trois jours pour renier sa religion, ce qu’elle a refusé.

En outre, elle a été condamnée à une peine de flagellation (soit 100 coups de fouet) pour adultère. Epouser un homme chrétien est en effet considéré par la justice soudanaise comme un adultère, notamment depuis le renforcement de l’application de la Charia en 2012.

Prisonnière d’opinion, telle est la condition de cette jeune femme de 27 ans. Selon des médias locaux, cités par BBC Afrique, la condamnation ne devrait être exécutée que deux ans après l’accouchement, le temps du sevrage du bébé par la mère. Néanmoins, des militants cités par l’AFP estiment que si les peines de flagellation sont souvent appliquées dans le pays, les peines de mort le sont plus rarement. Pour l’instant, les peines pour apostasie n’ont jamais été appliquées, mais la raison n’est pas celle de la clémence. En réalité, les condamnés avaient fini par renier leur foi pour faire annuler leur sentence. La situation reste donc inquiétante.

Une systématisation de la peine de mort au Soudan

Selon Manar Idriss, chercheuse d’Amnesty International sur le Soudan, « L’adultère et l’apostasie sont des actes qui ne devraient pas être érigés en infraction. C’est une violation flagrante du droit international relatif aux droits humains. » Ainsi, estime-t-on qu’il y a eu au moins 21 exécutions appliquées au Soudan en 2013, et 29 condamnations à mort ont été signalées. En réalité, le nombre serait supérieur à 100. En effet, les autorités soudanaises continuent à condamner à mort les opposants politiques, réels ou hypothétiques, et autres groupes d’opposition.

Mourir pour ses opinions religieuses, serions-nous encore au Moyen-Age ?

Quel recours pour Meriam ?

Meriam Yahya Ibrahim fera appel de la décision du tribunal. Ses avocats ont d’ailleurs déclaré qu’elle était prête à s’adresser à la Cour constitutionnelle parce que, selon eux, l’interdiction d’apostasie violerait la Constitution. Cependant, il semblerait que cette stratégie soit plus dans l’optique de gagner du temps. Sans doute, espèrent-ils une solution du côté de la communauté internationale.

Il faut sauver Meriam !

Mark Simmonds, le ministre britannique en charge des questions africaines, s’est exclamé sur l’affaire. Pour lui, cette « sentence barbare témoigne du véritable fossé entre les pratiques des tribunaux soudanais et les obligations du pays en matière de droits de l’Homme ». Il est clair que la condamnation de la jeune femme est une violation du pacte international relatif aux droits civils et politiques, que le Soudan a signé. Malheureusement, Omar el Béchir, le président de la République du Soudan, a souvent fait peu de cas des injonctions de la communauté internationale.

Une mobilisation internationale, telle sera peut être la solution de salut pour Meriam. Déjà, Amnesty International, et notamment Amnesty France, a lancé une campagne de soutien pour venir en aide à la jeune maman. Il est possible d’envoyer une lettre au ministre de la Justice au Soudan (lien).

En outre, on peut aussi laisser un message de soutien sur le site du Collectif Urgence Darfour.

Il faut sauver Meriam, là est l’urgence pour une jeune femme qui a eu le courage de faire face aux autorités d’un pays encore loin de faire place à la liberté.

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