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On regarde ou pas ? Bref.2, le carton français de Disney+

Lancée le 14 février, la série Bref.2 est devenue le phénomène du moment, se répandant aussi sur les réseaux sociaux. Un succès justifié ?

Ça y est, il a 40 ans. Et le constat est amer : À force de non-choix et de ne jamais réellement se prendre en main, il se retrouve encore et encore à la même place, en galère de thunes, sans copine et sans travail. Un énième retour à la case départ qui va enfin le motiver à réagir, à se prendre en main et à écouter quelqu’un d’autre que la voix dans sa tête.

L’essentiel

C’est entre 2011 et 2012 que le format Bref. a été diffusé sur les écrans de Canal+, comme pastille du Grand Journal de Michel Denisot. Le héros de la série est un trentenaire que l’on ne connaît que sous le « Je » avec lequel il parle, et qui raconte sa vie, ses amours, ses potes, une vie banale jusqu’à la rencontre avec « cette fille » (Alice David) qui va littéralement changer son quotidien. Bref. compte 82 épisodes et doit son style à son montage ultra rythmé et la relecture qu’il offre en permanence des événements racontés dans les épisodes. C’est toute une génération de talents qui ont révélés par cette série à commencer par son héros et créateur de la série, Kyan Khojandi, mais aussi Bérengère Krief, Alice David ou Jonathan Cohen (qui a eu sa série dérivée Serge le Mytho).

C’est désormais Disney+ qui héberge la série et surtout qui propose cette suite 13 ans après le dernier épisode avec Bref.2 et son nouveau format, 6 épisodes entre 30 et 40 minutes.

« Il avait besoin de s’asseoir 30 secondes, il s’est assis 20 ans »

Il est toujours compliqué de rentrer dans une série qui a à ce point la hype. Car comme souvent, les réseaux sociaux n’ont plus aucune capacité de recul et très peu de gens comprennent qu’on puisse avoir des réserves. Alors que reconnaître les profondes qualités de la série, tout en soulignant ce qui ne fonctionne pas, c’est juste être factuel et émettre une opinion. Bref.2 est une très bonne série, bien écrite et bien réalisée (même si c’est clairement de ce côté qu’il y a des choses à redire, on y arrivera).

Le casting est déjà réussi, entre retour des anciens visages et une pléiade de guests incroyables. Le nouveau format permet à Bref.2 de naviguer entre rire et émotion intense, un équilibre que les séries ne parviennent pas toujours à respecter.

L’un des exemples de ces très beaux moments concerne le personnage de « Jean-Jacques » incarné par un Jean-Paul Rouve qui sait comment jouer sur cette corde fine sans jamais être pathos. C’est ce côté très « Amélie Poulain » de la série qui fonctionne particulièrement bien et que l’on retrouve plusieurs fois dans la saison. Comme les rencontres avec Alexandre Astier en psy bourré qui n’oublie pourtant jamais de divulguer de précieuses recommandations. Deux trajectoires pour deux personnages parfaitement trouvés cette saison. Et comment ne pas mentionner les très belles séquences où le narrateur évoque son père (épisode 3), sa relation et l’image biaisée qu’il a de lui.

Le soucis ne réside pas dans l’emploi de tel ou tel gimmick mais dans leur répétition parfois à outrance. Ce qui fonctionnait dans un format court devient plus redondant ici et sans doute même par moment davantage prévisible. De la même manière, si l’émotion maîtrisée est salutaire dans la narration, elle devient aussi par moment un peu tire-larmes au point que l’on passe à côté de moments qui sont pourtant là pour nous remuer, nous questionner. De la même manière, sa bascule dans quelque chose qui pourrait ressembler un peu à How I met your mother minimise un peu le côté ultra novateur de l’ensemble.

Reste que Kyan Khojandi maîtrise parfaitement son écriture – et les ressorts dramatiques nécessaires comme le twist de l’épisode 2 ou le traitement de l’épisode 3, mais se laisse par moment totalement déborder par ses idées qui semblent partir dans tous les sens avec une envie de toutes les montrer. Bref.2 est un condensé émotionnel fort, avec une vraie capacité à cerner non seulement les problématiques de sa génération, tout en permettant aux autres de se projeter, de se questionner, et visiblement aussi de se remettre en question. Mais le trop étant l’ennemi du bien, la série aurait gagné à se canaliser un peu plus.

« Je suis comme Ben et comme Ben je me rend pas compte que je suis comme Ben »

Là où l’on a envie de saluer le travail effectué sur la série c’est dans sa capacité à montrer et dénoncer les rapports des femmes et des hommes et la capacité de ces derniers à ne jamais se remettre en cause, faussant la perception que l’on a dans notre société des femmes. C’est notamment parfaitement montré dans le personnage de Billy (Laura Felpin) qui est montrée sous un jour négatif dès qu’un homme passe à proximité. Ou encore avec celui de Sarah (Alice David) qui est parvenue à se défaire de son histoire avec le personnage de Kyan qui est absolument insupportable d’indécision. Mais notre découverte de la saison c’est Anna Apter (Anna), le nouvel amour du narrateur, une histoire saine et évidemment, elle aussi pourrait tomber de haut.

On ne dévoilera rien de la morale de la saison mais ce qu’on peut dire c’est que la série a parfaitement réussi à atterrir malgré des vents contraires qui auraient pu l’éloigner de sa destination initiale. Ce final réconcilie forme et fond dans un tourbillon émotionnel assez fort.

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Rédacteur en chef du pôle séries, animateur de La loi des séries et spécialiste de la fiction française
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