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On regarde ou pas ? La pépite « Templeton » sur TF1+

Produite initialement par OCS, Templeton est désormais disponible sur la plateforme TF1+, une série qui révéla une belle brochette d’acteurs et d’actrices.

Arrivé par hasard à Two Rivers, Butch décide de rassembler ses frères pour organiser le braquage d’un convoi d’or, afin d’aider leur mère à reconstruire sa ferme récemment incendiée. Jack, quant à lui, devient rapidement le shérif de la ville et séduit Lisbeth, la fille du maire. De son côté, Cole tombe amoureux de Miss Daisy, la mystérieuse propriétaire du saloon. Peu à peu, les trois frères se réconcilient, s’intègrent dans la communauté et s’initient à la vie de hors-la-loi, dans l’espoir de monter le plan parfait pour leur braquage. Mais le temps presse, et les habitants de Two Rivers ne sont peut-être pas aussi honnêtes qu’ils le paraissent…

L’essentiel

D’abord baptisée Bang BangTempleton entreprend d’imposer un genre intimement lié à la culture américaine, à savoir le western. Voilà plus de 70 ans que le cinéma et la télévision nous abreuve d’images qui ont forgé notre imaginaire collectif. Des films de John Ford à Deadwood, en passant par Bonanza ou Impitoyable, ce sont autant d’éléments de narration comme de décors que chacun d’entre nous a en tête quand on parle de westerns. C’est donc précisément tous ces éléments que la série doit gérer, mais aussi avec lesquels jouer. Et honnêtement, dans le premier épisode, la série n’y parvient pas totalement. Malgré de gros efforts, les forêts alsaciennes peinent à ressembler à l’ouest américain. De même l’humour ne fait pas mouche à chaque fois, tout au plus sourit-on un peu. Mais comme on est étonné par le propos et que l’univers intrigue, on continue. Et on fait bien car une fois installé à Two Rivers, la série s’installe et pose tranquillement son style et son univers.

On aime ?

Clairement, avec Templeton, on n’est pas dans le même registre qu’avec une comédie comme FranceKebek et on humour potache, ni dans l’ultra référencé comme Lazy Company (même si la série sait jouer avec les codes du western et que le casting reprend des visages connus de la série comme Antoine Gouy ou David Salles), on est en réalité entre les deux. Côté humour, il y a de vrais bons running gags comme le duel revenant un temps au début de chaque épisode, ou ce moment improbable ou l’on revisite l’assassinat de Kennedy. Côté mythologie, il y a une progression certaine au fur et à mesure de la série, l’univers se met en place et s’enrichit. Des personnages haut en couleur habitent la série comme « la propriétaire du saloon », le croque-mort façon Lucky Luke, ou encore le fameux « Chinois » que je vous laisse découvrir.

La série prend aussi le temps d’installer ses personnages, de nous faire découvrir son univers. Peut-être un peu trop par moment, le temps d’exposition étant parfois un peu long. Mais honnêtement c’est pour la bonne cause car ils en deviennent vraiment attachants et ils constituent un vrai pari sur l’avenir… de la série. Ces personnages sont campés par des comédiens vraiment très bons, en tête desquels on trouve les frères Cardonnel, également à l’origine du projet.

François-David joue un cow-boy tout droit sorti de ces westerns que l’on connaît (sûr de lui, de son physique) mais qui débarque dans un monde où ces codes n’ont plus court. Ce décalage est le ressort comique du personnage; Jonathan Cardonnel est lui tout en fragilité malgré son côté cow boy bas du plafond et son personnage est vraiment très touchant. A leurs côtés, on remarquera sans peine le génial Antoine Gouy : « J’ai mis beaucoup de temps à accepter ce personnage, puis par la suite à le trouver et le digérer. C’est dur car quand on parle de travesti, on a tendance à caricaturer, à forcer le trait. Une fois que j’ai accepté, j’ai vraiment eu envie de défendre ce personnage et de ne pas forcément faire rire à tout prix avec, même si avec une série comme Templeton, c’est très tentant. Imaginez tout de même ma réaction: je suis devenu comédien parce que je jouais aux cow boys et aux indiens, et on me propose un western. C’est le rêve. Je m’imagine monter à cheval et tirer dans tous les sens. Et on me dit, tu vas faire….la patronne du saloon. Génial. Cool. Merci (Rires). Et finalement, ce personnage est né lors de la première prise parce que je me suis senti réellement bien à le jouer« .

On peut aussi compter sur l’excellente Fanny Valette qui elle aussi joue sans arrêt avec l’image des femmes dans les westerns pour mieux s’en emparer et la tordre en deux. La série est aussi un des premiers terrains de jeu de la géniale Caroline Anglade, devenue depuis une figures de la fiction française. Et également de Hubert Delattre, une des gueules et des comédiens les plus intéressants du moment.

About author

Rédacteur en chef du pôle séries, animateur de La loi des séries et spécialiste de la fiction française
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