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Quand les primaires questionnent notre démocratie

Les cafouillages dans les chiffres du scrutin de dimanche soulignent une caractéristique essentielle des primaires. Organisées par les partis, ces élections échappent au contrôle du ministère de l’Intérieur et ne sont soumises qu’aux règles fixées librement par la Haute Autorité, constituée par les partis eux-mêmes.

La transparence du scrutin ne dépend que du bon vouloir de ses organisateurs. En découle pourtant son caractère démocratique. En effet, il est communément admis que l’aspect démocratique d’une élection s’évalue notamment par la publicité des chiffres de participation ou encore des résultats.

 

Gros couac à gauche

Si la droite a réussi l’exercice en novembre dernier, la gauche a été mêlée, ces derniers jours, à une polémique dont elle se serait bien passé.

Outre les failles qui auraient permis à certains citoyens de voter deux fois en n’étant pas inscrits sur les listes électorales – défaut également observé à droite en novembre -, une confusion étonnante autour des chiffres de participation a laissé planer un doute quant à la qualité de l’organisation du vote.

 

 

Dès dimanche dans la soirée, un flou total pesait sur le chiffre de participation. Thomas Clay, président de la Haute Autorité, annonce, vers 20 heures, entre de 1,5 et 2 millions de votants. « Un chiffre dans l’épure de ce que nous nous étions fixé » précisait J-C Cambadélis, premier secrétaire du PS, soulignant l’importance d’une telle participation pour une gauche en crise depuis plusieurs mois. L’honneur sauf donc ? Pas si sûr.

 

Incohérences troublantes

Voilà que, peu après minuit, le site de la primaire n’affiche toujours qu’1 249 126 votants. Le nombre de bureaux de vote dépouillés, indiqué depuis le début de la soirée, lui, disparaît. Lundi, aux alentours de 10 heures, la Haute Autorité est toujours dans l’incapacité de communiquer le nombre exact de votants. Sur le site officiel, par ailleurs, des incohérences troublantes sont observées : augmentation du chiffre de participation sans influence sur les résultats des candidats en pourcentage, rajout du pourcentage de participation manquant pour le seul compte de Sylvia Pinel, nombre de bureaux de votes ne correspondant pas à celui annoncé, résultats en nombre de voix indisponibles…

Si l’ordre d’arrivée des candidats ne semble pas sujet à une remise en question, l’absence de communication de données précises pose la question de l’amateurisme de cette primaire si ce n’est de son intégrité.

Un flou presque inquiétant dont se plaignent notamment nos collègues du Monde à qui il avait été promis une communication des chiffres transparente dès la nuit de dimanche à lundi. Luc Bronner, directeur de la rédaction fait remarquer l’impossibilité de publier des résultats détaillés vérifiables. Communication pourtant gage de démocratie du scrutin : s’il « n’existe aucune règle légale obligeant les partis à rendre publics les résultats détaillés, (…) leur crédibilité dépend de ce niveau de transparence. »

 

“Tout a bien fonctionné”

Les organisateurs plaident “un bug” puis “une erreur humaine”. 24 heures après la fin du scrutin, la Haute Autorité publie finalement, dans un communiqué, des résultats “validés” et complets. “L’intégralité des chiffres, par bureau, département, circonscription sera mise en ligne dans les vingt-quatre heures et accessible à tous.”

Les responsables rejettent ainsi toute accusation de “manoeuvre” ou “bidouillage”. Pour Thomas Clay “tout a bien fonctionné”, il “conteste absolument et formellement les causes de cette effervescence auto-alimentée à partir de rien ou presque.”
Jean-Christophe Cambadélis, lui, aurait profité du bureau national du parti pour menacer de poursuite ceux qui contesteraient les résultats publiés.

 

 

Une crise évitée de justesse pour la gauche mais qui pose la question bien existante du caractère démocratique de l’organisation des primaires, loin du modèle des élections traditionnelles.

 

À voir aussi : Retour sur le dernier débat de la primaire de la gauche

Crédits photo à la Une : rtl.fr / AFP

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