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Qu’est-ce qu’on appelle les « NEET » ?

Neet

Le terme NEET désigne des jeunes ni en emploi, ni en études, ni en formation. En France , les 15-29 ans, désinsérés scolairement et professionnellement, représentent près de 15 % des jeunes en France. Un chiffre plus élevé que la moyenne européenne.

Un acronyme né au Royaume-Uni

Le mot NEET vient de l’anglais Not in Education, Employment or Training. Le Royaume-Uni l’utilise dès la fin des années 1990 pour qualifier des jeunes sortis des radars scolaires et professionnels. Les organisations internationales, comme l’OCDE et l’Union européenne, reprennent ensuite ce terme pour comparer les situations de jeunesse entre pays.

Les NEET ne forment pas un bloc uniforme. Certains cherchent activement un emploi, d’autres ont renoncé temporairement, faute d’opportunités ou de soutien. On y trouve aussi des jeunes confrontés à des problèmes de santé, à des difficultés familiales, ou à une précarité sociale qui freine l’accès à l’emploi ou à la formation.

Un indicateur clé pour les politiques publiques

Les pouvoirs publics utilisent la catégorie NEET comme indicateur de vulnérabilité. Un taux élevé alerte sur les risques d’exclusion durable du marché du travail. En réponse, les États développent des dispositifs d’accompagnement, comme les missions locales, la Garantie jeunes ou des programmes d’insertion ciblés.

Le mot NEET fait débat. Certains chercheurs lui reprochent de réduire des parcours complexes à une étiquette. D’autres estiment néanmoins qu’il permet de rendre visibles des jeunes invisibilisés, souvent absents des statistiques classiques. Malgré ses limites, le terme reste aujourd’hui un outil central pour penser les inégalités sociales chez les jeunes.

Les NEET en France

En France, cette réalité est plus marquée qu’on ne l’imagine. En 2024, 14,49 % des 15-29 ans sont considérés comme NEET selon la statistique publique. Un chiffre qui grimpe encore chez les plus jeunes : avant 24 ans, près d’un sur cinq n’est ni en emploi, ni en études, ni en formation. Contrairement à l’image dominante du « jeune étudiant », moins d’un jeune sur deux est réellement scolarisé dans le supérieur. Ce biais de représentation n’est pas nouveau : dès les années 1960, le sociologue Jean-Claude Chamboredon alertait sur l’illusion d’une jeunesse homogène, aveugle aux inégalités sociales.

Trente ans plus tard, puis encore aujourd’hui, si l’enseignement supérieur s’est partiellement démocratisé, il s’est aussi profondément ségrégué selon l’origine sociale, laissant une partie de la jeunesse durablement à distance de l’école comme de l’emploi.

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