De chauffeur de bus à homme fort du Venezuela, Nicolás Maduro aura marqué le pays par une décennie de pouvoir autoritaire, de crise et de ruptures internationales. Dans la nuit du 3 janvier 2026, Nicolás Maduro, président du Venezuela depuis 2013, a été capturé lors d’une opération menée par les forces américaines à Caracas. Il devient l’un des rares chefs d’État en exercice arrêtés puis extradés par une puissance étrangère.
L’arrestation spectaculaire et controversée de Maduro
Dans les premières heures du 3 janvier 2026, une opération militaire menée par les forces des États-Unis a surpris le monde entier. Après des frappes ciblées autour de Caracas, les forces américaines ont capturé le président du Venezuela, et son épouse, Cilia Flores, avant de les transporter immédiatement vers les États-Unis. Les États-Unis détiennent désormais Maduro et son épouse, dans le Metropolitan Detention Center de Brooklyn, à New York.
Les autorités américaines accusent Maduro de « narco-terrorisme » et de trafic de stupéfiants. Cette intervention, d’une ampleur sans précédent, a suscité une vague de réactions internationales. Certains dirigeants ont réagi, allant de la condamnation diplomatique à des appels à la libération immédiate de Maduro.
Emmanuel Macron a « pris acte » de la fin de la « dictature Maduro », dont le « peuple vénézuélien » ne peut que se « réjouir », dans un message publié sur X.
Sa principale opposante Marine Le Pen a souligné que « la souveraineté des États n’est jamais négociable, c’est inviolable et sacré », tout en précisant qu’il existait “mille raisons de condamner le régime de Nicolás Maduro”.
De chauffeur de bus à président du Venezuela
Nicolás Maduro n’était pas destiné à devenir une figure centrale de la vie politique vénézuélienne. Né en 1962 à Caracas, issu d’un milieu modeste, il commence sa carrière comme chauffeur de bus dans la capitale. Maduro s’engage ensuite rapidement dans le militantisme syndical. C’est dans les années 1990 qu’il rejoint le mouvement bolivarien d’Hugo Chávez, figure montante de la gauche radicale vénézuélienne.
Proche du futur président, Maduro devient l’un de ses fidèles, apprécié pour sa loyauté. Après l’arrivée au pouvoir de Chávez en 1999, Maduro entame une ascension progressive. Il devient député, président de l’Assemblée nationale, puis ministre des Affaires étrangères de 2006 à 2013, un poste stratégique qui lui permet d’incarner la diplomatie chaviste et de renforcer ses liens avec les alliés du régime.
À la mort d’Hugo Chávez, le 5 mars 2013, le défunt président désigne Nicolás Maduro comme son successeur. Les autorités organisent une élection présidentielle anticipée en avril 2013. Maduro l’emporte de justesse face au candidat de l’opposition Henrique Capriles, avec environ 50,6 % des voix. L’opposition conteste immédiatement le scrutin, dénonce des irrégularités et réclame un recomptage des voix, que les autorités électorales refusent.
Plusieurs pays de la région reconnaissent l’élection, mais elle installe durablement Maduro dans une légitimité fragile. Malgré de nombreuses contestations sans précédent, Maduro parvient à se maintenir au pouvoir grâce au soutien de l’armée, au contrôle des institutions et à l’appui de certains alliés internationaux.
Nicolás Maduro comparaît ce lundi 5 janvier devant un juge de New York.