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Soutien aux chrétiens d’Irak : une manifestation devant Notre Dame de Paris

Un génocide un peu effacé des médias en ce moment, dû aux premiers titres tournés vers Gaza, mérite une attention beaucoup plus certaine. Le massacre des chrétiens en Irak, dans la ville de Mossoul, a suscité une manifestation sur le parvis de Notre Dame.

Des milliers de chrétiens sont assassinés, dépouillés et forcés de fuir leur pays, forcés par l’EIIL, l’Etat Islamique en Irak et au Levant, qui a imposé son calife Abou Bakr al-Baghdadi à la tête du pays depuis le 29 juin dernier.

Qu’est-ce que l’EIIL exactement ?

C’est une organisation armée djihadiste qui a proclamé, comme nous l’avons dit plus tôt, le rétablissement du califat sur les territoires irakiens et syriens qu’elle contrôle. Le 13 octobre 2006, le Conseil consultatif a proclamé l’État islamique d’Irak (EII), lequel s’est consideré à partir de cette date comme le véritable État de l’Irak.Le 29 juin, premier jour du ramadan, l’émir Abou Bakr al-Baghdadi al-Husseini al-Qurashi est proclamé calife sous le nom d’Ibrahim et l’EIIL prend officiellement le nom d’État islamique (EI). Abou Mohammad al-Adnani, porte-parole de l’EI, a déclaré qu’il était du « devoir » de tous les musulmans du monde de prêter allégeance au nouveau calife Ibrahim : « Musulmans (…) rejetez la démocratie, la laïcité, le nationalisme et les autres ordures de l’Occident. Revenez à votre religion ».

Les irakiens ne sont plus libre de pratiquer la religion de leur choix

Les irakiens ne sont plus libre de pratiquer la religion de leur choix

Une haine contre toute différence ou diversité qui laisse imaginer la cruauté et l’acharnement développé pour imposer une religion.

L’émigration forcée de milliers de chrétiens menacés de mort

L’initial de « Nasarah » peint sur le devant des maisons des chrétiens

L’initial de « Nasarah » peint sur le devant des maisons des chrétiens

Le vendredi 18 juillet, un message diffusé dans la ville de Mossoul à l’aide d’hauts parleurs, annonce aux chrétiens irakiens que trois choix leurs sont proposés. « L’islam, la dhimma, ou en dernier recours, le glaive. » Les chrétiens sont donc pourchassés, et doivent choisir entre se convertir, payer l’impôt des « non-musulmans », ou mourir. Un choix à faire avant le lendemain midi, le samedi 19 juillet. La fuite ayant été la proposition de choix, 35 000 chrétiens ont fuit la ville, vers le Kurdistan, dans le nord du pays. Une émigration forcée, ajoutée au fait que ces chrétiens ont été dépouillés de leurs biens par les autorités lors des contrôles aux portes de la ville.

Une manifestation regroupant des milliers de personnes devant Notre Dame

Ainsi, élus, religieux et croyants, membres de la communauté assyro-chaldéenne notamment, se sont rassemblés dimanche 27 juillet devant Notre-Dame de Paris en soutien aux chrétiens d’Orient menacés par les jihadistes. Une « messe pour la paix », ainsi que des banderoles explicatives étaient brandies pour expliquer leur engagement et leur révolte, «France, tourne ton regard vers l’Irak,un peuple se meurt sous tes yeux ».

Plusieurs centaines, voir des milliers de manifestants, selon les dires du Comité de soutien aux chrétiens d’Irak (CSCI) se sont réunis pour cette cause. Beaucoup portaient sur des pancartes ou des autocollants le « n » arabe signifiant « nazaréen », la lettre peinte sur les maisons des chrétiens de Mossoul, qui rappelle les marquages peints sur les boutiques appartenants à des juifs pendant la seconde guerre mondiale.

Manifestants sur le parvis de Notre Dame contre le massacre des chrétiens à Mossoul

Manifestants sur le parvis de Notre Dame contre le massacre des chrétiens à Mossoul

« Nous voulons faire entendre la voix des sans-voix, et attirer l’attention des médias et des hommes politiques français sur la situation dramatique des chrétiens d’Irak. Personne n’agit, personne ne bouge, c’est un vrai génocide », a déclaré le père Sabri Anar, curé de la paroisse chaldéenne Saint-Thomas à Sarcelles, avant de réciter le « Notre Père » en araméen avec la foule.

La ville d’Erbil a accueilli des centaines de chrétiens ayant fui Mossoul, les hébergeants dans le hall des églises pour ceux qui n’avaient ni parents ou amis dans la ville. Il y aurait seulement cinq familles chrétiennes qui seraient restées à Mossoul, alors que 35 000 chrétiens y étaient installés, et ce depuis plus d’un millénaire. Le bilan souffle un vent de panique, avant 2003, plus d’un million de chrétiens étaient à compter parmis la population irakienne, aujourd’hui il reste environ 400 000 chrétiens dans toute l’Irak. Un génocide mis en avant ce dimanche 27 juillet à Notre Dame, mais dont l’impact devrait être beaucoup plus colossale et divulgué par les médias.

Retrouvez notre article consacré à la fuite des chrétiens d’Irak

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