Absent des consoles depuis 2012, James Bond revient enfin avec 007 : First Light, prévu pour le 27 mai 2026. Derrière cette longue disparition se cache une histoire de droits, d’échecs commerciaux et de guerre de pouvoir.
C’est un retour que les fans attendaient depuis plus d’une décennie. 007 : First Light est la sortie événement de ce 27 mai 2026 sur PS5, Xbox Series X/S et PC . Depuis 2012, James Bond avait tout simplement disparu des écrans de jeu vidéo à cause d’échecs vidéoludiques et des droits.
Golden Eye l’âge d’or de 007
Tout commence en 1997 quand Nintendo obtient auprès d’Eon Productions les droits pour réaliser un jeu vidéo adapté du film GoldenEye, et propose à Rare de s’en charger. Le résultat est une révolution. GoldenEye 007 sur Nintendo 64 s’impose comme l’un des meilleurs jeux vidéo de tous les temps. Il invente le FPS en multijoueur sur console et pose les bases d’un genre entier. Golden Eye s’impose aujourd’hui comme le pilier du FPS le genre le plus populaire chez les amateurs de jeux-vidéos.
Après ce succès, la licence James Bond est reprise par Electronic Arts, qui créé plusieurs jeux basés sur les films. Parmi eux, Demain ne meurt jamais, Le monde ne suffit pas, 007 : Nightfire ou encore 007 : Quitte ou double. Des titres solides, dans l’ensemble bien reçus, la machine tourne et la franchise James Bond s’impose comme une valeur sûre du jeu vidéo.
La descente aux enfers
Tout bascule en 2006 pour la franchise 007. MGM et Eon Productions accordent à Activision les droits de développer et publier des jeux basés sur la licence James Bond. Sur le papier, l’association semble prometteuse. Dans les faits, c’est une catastrophe annoncée. Activision sort Quantum of Solace, puis tente de rebondir en 2010 avec deux jeux développés par des studios différents : un remake de GoldenEye 007 sur Wii et une nouvelle aventure inédite, Blood Stone, sur Xbox 360 et PS3.
Blood Stone 007 sort en novembre 2010, développé par Bizarre Creations et édité par Activision sur Xbox 360, PS3 et PC. Sur le papier, tout est là pour faire un grand jeu. C’est le premier jeu de la franchise depuis 007 : Quitte ou double (2004) à proposer une histoire originale. Daniel Craig prête sa voix et son image. Le scénario est écrit par Bruce Feirstein, l’un des scénaristes du film GoldenEye et de Demain ne meurt jamais.
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Le jeu se déroule entre Quantum of Solace et Skyfall. Il mélange tir, combat au corps-à-corps, infiltration et séquences de conduite dans un style cinématographique très proche des films de la saga avec Daniel Craig. Le jeu s’ouvre sur un prologue explosif à Athènes, le MI6 a intercepté un complot terroriste ciblant les leaders du G20 lors d’un sommet à l’Acropole. Les phases de conduite représentent une grande partie du jeu et elles ne sont pas très amusantes à jouer. Le coup de grâce arrive en 2012 avec 007 Legends, le jeu des 50 ans de la saga cinématographique, connaît un échec commercial et critique malgré une idée de base plutôt bonne. Activision réalise que le fan service ne suffit pas pour assurer un bon jeu vidéo et décide de renoncer à ses droits sur James Bond.
Les droits d’exploitations : le vrai ennemi de la franchise 007
Derrière les échecs commerciaux se cache un problème plus profond, celui des droits d’exploitation. Pendant des années, la franchise 007 est dans une impasse juridique. Barbara Broccoli et Michael G. Wilson gèrent la franchise Bond depuis près de soixante ans. Elles et ils sont la force motrice de l’ensemble de la franchise mais leur vision très contrôlée de l’image de Bond complique chaque négociation avec les éditeurs.
C’est Glu Mobile, éditeur de jeux sur téléphone mobile, qui acquiert les droits après le départ d’Activision et annonce un free-to-play. Le jeu, James Bond : World of Espionage, sort en 2015 mais l’accueil critique n’est pas au rendez-vous. James Bond se retrouve réduit à un jeu mobile oublié. Le vrai changement intervient ailleurs, en 2020, IO Interactive, le studio danois derrière la franchise Hitman, annonce travailler sur un nouveau jeu James Bond. Le studio rencontre Eon Productions pour lui présenter sa vision. L’idée séduit. Mais les négociations traînent. Et pour cause : la question des droits n’est toujours pas réglée.
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En février 2025, Amazon MGM Studios prend en charge la supervision du titre après avoir acquis l’intégralité des droits créatifs de la franchise James Bond. C’est le premier jeu à sortir depuis le départ des producteurs historiques Eon Productions. Barbara Broccoli et Michael G. Wilson cèdent ainsi la place. Un changement de garde historique. Et un déblocage immédiat. « Fort de 25 ans d’expérience dans la création de jeux d’action-aventure captivants avec la franchise Hitman, notre studio a été enthousiasmé par cette fantastique occasion », confie Hakan Abrak, PDG d’IO Interactive.
Un come-back sous haute tension
007 : First Light raconte les origines de James Bond, alors que le tout jeune agent secret de 26 ans tente d’obtenir son statut de 00, le fameux permis de tuer. Un parti pris audacieux. Loin du Bond classique, le jeu s’inspire davantage de la saga Uncharted que des FPS d’antan. 007 : First Light raconte les origines de James Bond, alors que le tout jeune agent secret de 26 ans tente d’obtenir son statut de 00, le fameux permis de tuer. Loin du Bond classique, le jeu s’inspire davantage de la saga Uncharted que des FPS d’antan.
Plus de dix ans d’attente. Des droits impossibles à démêler. Des échecs en cascade. Et une industrie du jeu vidéo qui avait fini par oublier que James Bond avait jadis régné sur ses consoles. 007 : First Light n’a pas seulement la pression d’être un bon jeu. Il a la mission de ressusciter une légende.