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Turquie, nouveau foyer du terrorisme ?

Depuis six mois, la Turquie est le foyer de nombreuses attaques terroristes, tantôt attribuées à l’Etat islamique, tantôt au Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK). Ces attaques ont fait environ 200 morts, la dernière en date remonte au 20 mars.

Le dimanche 20 mars, alors que la Turquie enterrait ses morts, l’avenue Istklal, l’artère piétonne la plus fréquentée d’Istanbul, a été victime d’un attentat-suicide tuant au total cinq personnes. Cette attaque attribuée à l’Etat islamique par le ministre de l’Intérieur turc  Efkan Alâ survient une semaine après l’attentat d’Ankara. Où cette fois, le bilan a été plus lourd : trente-sept morts et une centaine de blessés. Ici, la revendication était toute autre. Perpétrée par une jeune femme de 24 ans, elle a été revendiquée par le TAK – Faucon de la liberté du Kurdistan – un groupe radical, dissident du PKK.

Ceci est un «acte de vengeance», ont-ils précisé dans leur communiqué avant d’ajouter : «nous voulons présenter nos excuses pour les pertes civiles qui n’ont rien à avoir avec la sale guerre menée par l’Etat fasciste». C’est ce même groupe qui avait revendiqué l’attaque à la voiture piégée du 17 février ayant causée 28 morts.

Si le mode de fonctionnement est le même que l’EI, les cibles diffèrent. En effet, le TAK a pour principale cible les lieux de pouvoirs : institutions ou forces militaires, à l’instar de l’attaque du 17 février qui visait au départ des véhicules militaires.

“Nous allons nous battre jusqu’à renverser Erdogan à l’AKP, à défaut de quoi, la démocratie ne viendra pas en Turquie” affirme Cemil Bayik co-président du conseil exécutif de l’Union des communautés du Kurdistan au journal The Times

Cette montée en puissance de la violence crée un sentiment de terreur dans les grandes villes turques qui sont désormais en état d’alerte permanent.

Une guerre sur deux fronts 

Depuis le 24 juillet 2015, la Turquie a lancé une “guerre contre le terrorisme” visant à la fois le PKK et les combattants de l’EI en Syrie. Mais depuis janvier 2015, les opérations se sont multipliées autour des territoires occupés par les kurdes au détriment de l’Etat islamique. La ville de Cizre – qui comptait 130 000 habitants –  au Sud-Est de la Turquie en a fait les frais.

Etat de la ville en mars 2016

Etat de la ville en mars 2016

Cette ville kurde tombée aux mains de l’armée turque est aujourd’hui en ruine. Décimée par l’affrontement entre les deux cas, sa population a quitté les lieux.

Mais les autorités turques ne souhaitent pas s’arrêter là. Suite à l’attentat du 13 mars, le président islamo-conservateur Recep Tayyip Erdogan a déclaré :

“Notre Etat ne renoncera jamais à faire usage de son droit à la légitime défense contre toute menace terroriste”

Ainsi lundi 21 mars, l’aviation turque a intensifié ses attaques, une dizaine de chasseurs bombardiers ont mené une série de frappes contre plusieurs bases des rebelles kurdes dans les montagnes de l’extrême nord irakien.

La Turquie paie aujourd’hui les frais de sa propre stratégie. Le pays a joué à un double-jeu dangereux sur le territoire syrien. Privilégiant les frappes contres les kurdes turcs et syriens au détriment de l’EI, la Turquie a par son laxisme laissé s’implanter un important réseau jihadiste sur son territoire. Entre la gestion des terroristes de l’EI, des radicaux appartenant au PKK et la vague de flux migratoire, le pouvoir du président Erdogan semble plus que jamais affaibli.

À lire aussiLa Turquie et les kurdes : la violence monte en grade

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