L’ex-responsable des « Jeunes avec Macron » du Rhône Jimmy Brumant explique à VL les raisons de sa démission. Il dénonce un climat « sectaire, violent et malsain » et cible Caroline Collomb.

« Caroline Collomb entretient un climat sectaire et paranoïaque ». Les mots forts de Jimmy Brumant expriment une colère profonde. L’ex-étudiant de 25 ans vient de quitter avec fracas la direction du mouvement des jeunes de « La République En Marche » dans le Rhône. « Cela fait un moment que j’y pense car le climat est détestable depuis que Caroline Collomb est devenue référente en octobre 2017 » assène-t-il au téléphone.

Responsable des jeunes macronistes depuis septembre 2016, Jimmy Brumant veut « envoyer l’alerte » pour « mettre en garde » faire comprendre « que ça ne va pas ». Il dénonce « les dérives autoritaires » et « l’opacité de l’action » de Caroline Collomb qui dirige le parti « avec deux autres personnes ». Pire, selon lui, elle procéderait par « intimidation » : « les menaces sont là dès que l’on fréquente quelqu’un de supposément opposé à Gérard Collomb ». 

« Aujourd’hui on fait la guerre à bidule, demain à chouette »

« J’aurais dû donner l’alerte plus tôt » regrette Jimmy Brumant. « Je me suis engagé dans un mouvement pour construire. Aujourd’hui Caroline Collomb s’emploie à détruire méthodiquement » dénonce celui qui incarnait, durant la campagne présidentielle, la jeunesse lyonnaise connectée. Il dit ne plus vouloir travailler en « faisant la guerre à bidule, le lendemain à chouette et en black-listant les militants ».

En réalité, ce sont les ambitions fratricides des municipales et des métropolitaines qui se dessinent : « elle est en guerre contre toutes les personnes qui hésitent à soutenir son mari » explique-t-il. En effet, il dénonce le « jeu trouble » du comité local de LaREM avec l’association de Gérard Collomb pour les municipales « Prendre un temps d’avance ». « L’équipe de « prendre un temps d’avance » et « LREM » est presque identique » s’insurge Jimmy Brumant.

Enfin, Jimmy Brumant dénonce « la mise à l’écart des élus » qu’il estime « pas normale » et l’absence des « comités politiques dans le Rhône » malgré les promesses de Caroline Collomb à la direction du parti. Se rêvant lanceur d’alerte et estimant « ne rien risquer », Jimmy Brumant pense qu’il est « utile de parler » pour la direction suivante. Il devrait rester à la tête du projet national du parti « France 2030 ».

Une démission planifiée avec l’état-major national

Des critiques acerbes contre Caroline Collomb qui agacent les militants lyonnais. En effet, la démission du jeune homme était planifié avec la direction nationale des « Jeunes avec Macron ». « La décision de Jimmy de s’exprimer dans la presse n’était pas préméditée. Nous en prenons acte. Elle ne modifie en rien le plan de succession que nous avions prévu avec lui » explique le délégué général des JAM, Martin Bohmert.

Pour Djamila Schafter (militante dépêchée par Caroline Collomb pour nous répondre), la référente locale est « victime d’une campagne de dénigrement ». Et de poursuivre : « Pauvre Caroline ! Elle fait le boulot bénévolement, elle répond toujours présente. Par contre, Jimmy ça fait des mois qu’on le voit plus et qu’il ne fait plus rien » affirme cette militante de 45 ans qui dit « faire partie des JAM ». La marche est décidément semée d’embûche !

 

 

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