Carton plein pour le diplôme lancé hier sur TF1. Et le public de découvrir enfin la prestation qui a valu un prix au Festival de la Fiction TV à Clémentine Célarié.
Qui n’a jamais rêvé – ou plutôt cauchemardé – qu’il repassait son bac ? Étape essentielle de notre vie et premier VRAI examen de notre futur d’adulte. Ce petit mais néanmoins primordial diplôme qui nous permettra d’aller plus loin. Et pourtant, certains n’ont pas leur bac. Nombreuses sont les raisons : difficultés sociales, familiales, raisons de santé, parcours de vie chaotique, décrochage… « Le diplôme » raconte le parcours de Delphine (60 ans), Leïla (39 ans), Pierre (35 ans) , Sam (66 ans), Hussein (26 ans) et Jen (21 ans), 6 personnages qui a priori n’avaient aucune raison de se rencontrer et qui ont décidé, chacun pour des raisons différentes, de s’inscrire au lycée pour Adultes de Paris. Ces héros du quotidien, aux trajectoires de vies très différentes vont donc passer leur bac à un âge de raison où il n’est plus si raisonnable de s’asseoir sur les bancs de l’école.
PRIX DE LA MEILLEURE INTERPRETATION FEMININE
FESTIVAL DE LA FICTION TV 2025


La puissance de la fiction
On a souvent pointé du doigt les fictions télé que l’on reléguait au second plan par rapport au cinéma ou au théâtre. Certains acteurs ou actrices courent après les rôles sur grand écran pour mieux se valoriser et montrer ce dont ils sont capables. Mais que se passe-t-il quand la redécouverte d’une actrice passe par des rôles en télé ? Que se passe-t-il quand c’est la télévision qui offre à une actrice pourtant largement connue des rôles immenses ? C’est le cas de Clémentine Célarié, actrice très populaire auprès du grand public et qui enchaîne les choix particulièrement audacieux en télévision, dans des registres différents, et qui lui permettent de montrer le meilleur d’elle-même.
Les randonneuses. Avec cette série déjà de Fanny Riedberger, Clémentine Célarié campe une femme qui veut se dépasser pour se sentir vivante alors qu’elle se bat contre un cancer. Avec à l’écriture fine des auteurs, elle se sert de son sourire naturelle et de sa bonhomie pour incarner cette femme forte, qui va largement devoir se dépasser. Sur le papier, le rôle (comme la série) apparait léger mais, et c’est précisément le savoir-faire de Fanny Riedberger : elle sait raconter des histoires simples dans lesquelles les personnages peuvent prendre toute la place d’exister pour délivrer toute leur épaisseur. Et Clémentine Célarié sait prendre la place dont elle a besoin.
Mémoire vive. Nous l’avons déjà souligné mais cette mini série nécessaire est l’une des surprises de la saison dernière où l’on découvre Clémentine Célarié épouser la cause des femmes pour rendre les souffrances qu’elles subissent. Une fiction hallucinante de bout en bout et tellement maîtrisée.

Le diplôme : son plus grand rôle ?
Il serait bien présomptueux de dire si son rôle de Delphine dans Le diplôme est son plus grand rôle mais il devrait facilement figurer en bonne place. C’est en tout cas avec lui que le public prendra conscience si ce n’est pas encore le cas du talent incroyable que renferme cette femme et qu’elle ne cesse de déployer. Elle a en revanche trouvé en Fanny Riedberger (et ses auteurs) une oreille qui sait l’écouter pour donner la pleine mesure de son talent. Et si vous n’êtes pas au bout de vos surprises d’ici l’épisode 6 de la série, l’épisode 1 contient deux scènes qui, misent bout à bout, finissent de démontrer que la grande fiction est partout, télé ou cinéma, et que quand on atteint un tel niveau, il n’est plus nécessaire de les opposer, voire même de préciser leur origine.
« C’est vital pour moi d’avoir le bac » précise Delphine avant d’entrer dans l’école. Un moyen de s’émanciper d’un mari au minimum toxique, voire même pire. Mais ce n’est que par des remarques d’un voisin « curieux » que l’on comprend ce qui se passe dans cette belle maison. Comme toujours, l’extérieur apparaît tellement propre, tellement « sage » malgré quelques remarques au détour d’un dîner que l’on croit sorti des années 50 tant il paraît rétrograde. Puis il y a une première scène, durant une fête, où mari et femme apparaissent aux yeux de tous complices, amoureux (mais où ses yeux à elle disent déjà tellement), échangeant même une danse sur la très belle chanson « A toi » de Joe Dassin. Un instant suspendu que Delphine aimerait tellement voir se répéter.
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Une scène simple, jolie… mais qui n’existe que par sa scène « nemesis » en fin d’épisode quand Martial confronte son épouse sur « ses mensonges » et qu’il la roue de coups sur la même chanson de Joe Dassin mais où les paroles prennent un tout autre sens : « A toi, à la façon que tu as d’être belle, à la façon que tu as d’être à moi, à tes mots tendre un peu artificiels quelques fois« . On y voit les coups pleuvoir et Delphine tenter de se protéger di mieux qu’elle peut. Clémentine Célarié se montre ici impressionnante de justesse et ne peut que nous arracher les larmes. Et n’oublions pas qu’en face, Charles Berling se montre monstrueusement efficace à se métamorphoser à mesure que la violence arrive.

Clémentine Célarié confirme et signe
Pour être totalement complet, il y a une 3ème scène que vous n’avez pas encore vu et qui complète tellement parfaitement cette démonstration d’actrice que nous donne Clémentine Célarié. Cette scène est plus tard dans la série : Delphine se résout à parler à ses fils des violences qu’elle subit de la part de leur père. Une décision douloureuse qui aura de lourdes conséquences. Quand le premier réflexe de ses fils est de ne pas la croire, c’est une nouvelle fois par son regard qu’elle laisse passer la fragilité extrême dans laquelle se retrouve cette femme : si même ses enfants ne la croient pas, que faire ? Mais la guerrière est là et sa seule solution est d’aller au bout : leur montrer les marques, les les blessures dans sa chair, le résultat de ses violences répétées. Cette scène est bouleversante dans ce qu’elle raconte, ce qu’elle montre avec une simplicité des effets : 3 adultes qui se parlent et la puissance des séries à son paroxysme pour une scène importante. Sur une chaîne comme TF1. Importante et nécessaire.