À l’approche des municipales, les candidats multiplient les annonces spectaculaires. Sécurité, propreté, pouvoir d’achat, écologie : certaines promesses semblent irréalisables, voire techniquement impossibles à tenir dans les délais annoncés. Pourtant, elles restent un outil central de la rhétorique politique française. Tour d’horizon de dix promesses françaises jugées irréalistes.
1. « Je vous fais ça très rapidement » : Rachida Dati promet une capitale propre en une semaine
Candidate à la mairie de Paris, Rachida Dati affirme pouvoir faire de Paris « une ville propre » en une semaine si elle est élue. Elle évoque notamment la privatisation intégrale du ramassage des déchets, une réforme qui nécessiterait pourtant plusieurs appels d’offres et des mois de procédures administratives si elle devait être adoptée en Conseil de Paris.
2. « Plus de SDF dans la rue » la promesse d’Emmanuel Macron
Lors de son premier quinquennat, Emmanuel Macron annonce un plan ambitieux pour « en finir avec la pauvreté ». Malgré une stratégie nationale lancée en 2018, les associations alertent sur une augmentation du nombre de personnes sous le seuil de pauvreté, notamment après la crise sanitaire.
3. Nicolas Sarkozy promet de « nettoyer les banlieues au Kärcher »
En 2005, alors ministre de l’Intérieur, Nicolas Sarkozy promet un retour rapide à l’ordre dans les quartiers sensibles. Cette déclaration choc marque durablement l’opinion, mais les problèmes structurels de sécurité et de précarité persistent bien au-delà de son quinquennat.
4. Les promesses d’Anne Hidalgo pour réduire la pollution à Paris
Candidate à sa réélection en 2020, Anne Hidalgo promet une baisse rapide de la pollution et une transformation écologique de la capitale. Si les zones à faibles émissions se multiplient, les critiques pointent une mise en œuvre progressive, loin des effets immédiats annoncés.
5. François Hollande promet l’inversion de la courbe du chômage
En 2012, François Hollande conditionne sa candidature à une promesse : inverser la courbe du chômage. Malgré une légère amélioration en fin de mandat, cette déclaration devient l’un des symboles des promesses difficiles à tenir face aux réalités économiques.
6. « On va remettre de l’ordre partout », les promesses de Gérald Darmanin
À plusieurs reprises, Gérald Darmanin a fait de nombreuse promesses sur un retour à l’ordre généralisé sur tout le territoire. Une promesse aussi large qu’imprécise, sans calendrier ni indicateurs concrets, souvent critiquée pour son caractère incantatoire.
7. Jean-Luc Mélenchon promet une VIᵉ République rapide
Lors de plusieurs campagnes présidentielles, Jean-Luc Mélenchon promet l’instauration d’une VIᵉ République par une assemblée constituante. Un projet institutionnel majeur qui nécessiterait pourtant de longues procédures constitutionnelles et un large consensus politique.
8. Marine Le Pen promet une baisse immédiate des prix de l’énergie
Candidate à l’Élysée, Marine Le Pen promet une baisse rapide des factures énergétiques grâce à une sortie du marché européen de l’électricité. Des économistes soulignent cependant des obstacles juridiques et économiques majeurs.
9. Gabriel Attal promet une école « restaurée » dès la rentrée
Devenu ministre de l’Éducation nationale, Gabriel Attal fait des promesses sur des changements rapides pour rétablir l’autorité et le niveau scolaire. Mais syndicats et enseignants dénoncent un décalage entre annonces politiques et réalités de terrain.
10. Marlène Schiappa promet la fin des violences sexistes grâce à une plateforme numérique
En 2018, alors secrétaire d’État à l’Égalité entre les femmes et les hommes, Marlène Schiappa lance une plateforme de signalement en ligne et affirme vouloir « faire reculer durablement » les violences sexistes et sexuelles. Si l’outil permet effectivement de libérer la parole, associations et magistrats rappellent rapidement qu’une plateforme ne peut, à elle seule, pallier le manque de moyens humains, judiciaires et policiers pour traiter ces violences.