Quand les premiers missiles iraniens ont été interceptés au-dessus de Dubaï fin février 2026, les stories sur les réseaux sociaux se sont multipliées. Plusieurs influenceurs français installés à Dubaï ont partagé en direct leur panique. Quelques jours plus tard, l’ambiance a radicalement changé : piscines et messages rassurants ont remplacé les vidéos de traînées lumineuses dans le ciel. Pourquoi ce revirement ?
Des stories d’affolement et des appels à la France
Au début des frappes entre l’Iran, les États‑Unis et Israël, la peur domine les habitants de Dubaï. Sur Instagram, Snapchat ou TikTok, des influenceurs filment depuis leurs balcons les interceptions de missiles. « J’ai trop peur », « On a vu trois missiles », racontent certains à chaud.
Plusieurs figures de téléréalité installées à Dubaï comme Maeva Ghennam, Jessica Thivenin ou encore Manon Tanti partagent leur inquiétude. Maeva Ghennam va jusqu’à interpeller publiquement la France : « Protégez-nous ». D’autres racontent leur nuit d’angoisse ou leur tentative précipitée de rejoindre leurs enfants restés sur place, comme le couple Tanti, contraint de transiter par Oman après la fermeture de l’espace aérien.
Dans ces premières heures, les publications se multiplient. Les bombardements deviennent un contenu en temps réel. Mais cette exposition ne tarde pas à susciter critiques et tensions.
La menace juridique de Dubaï qui refroidit les caméras
Très vite, une rumeur circule : filmer et diffuser les bombardements pourrait coûter jusqu’à 100 000 euros d’amende. Si aucune source officielle ne confirme une sanction automatique pour toute vidéo, la législation émirienne encadre strictement la diffusion de contenus en période de crise.
La loi fédérale n°34 de 2021 sur la cybercriminalité interdit la propagation de rumeurs ou d’informations susceptibles de nuire à la sécurité ou à l’intérêt public. En situation d’urgence, les peines peuvent atteindre 100 000 et deux ans de prison. Le Dubai Media Office et le parquet des Émirats ont d’ailleurs rappelé publiquement que toute diffusion de contenus « trompeurs » expose à des poursuites.
Selon plusieurs sources relayées sur les réseaux, Maeva Ghennam aurait été convoquée par la police après avoir multiplié les stories pendant les frappes. Des blogueurs évoquent un rappel à l’ordre pour « désinformation » ou atteinte à l’image du pays. Dans un État où la liberté d’expression est encadrée, l’avertissement fait effet.
Du chaos aux messages rassurants
Quelques jours plus tard, le contraste frappe les abonnés. Les mêmes influenceurs apparaissent détendus, au bord de la piscine ou en terrasse. « On se sent protégés », « Les autorités gèrent la situation avec sérieux », « Nous avons choisi ce pays et nous le soutenons » : les messages se ressemblent.
Certains reprennent même leurs placements de produits. « La vie continue », assurent-ils, malgré la fermeture temporaire de l’espace aérien et les recommandations de prudence de l’ambassade de France.
Le ton change radicalement. Là où dominaient les larmes et les appels au secours, place à la confiance affichée envers l’armée et les autorités des Émirats arabes unis. Dans les commentaires, des internautes ironisent : « Ils t’ont payé combien pour cette vidéo ? ». Le soupçon d’une communication trop lisse s’installe.
Une mise en scène de la confiance à Dubaï ?
Depuis le début de la crise, des rumeurs circulent selon lesquelles les autorités de Dubaï chercheraient à étouffer l’affolement en véhiculant des images de calme et de confiance parmi les habitants.
Ce contexte explique en partie le retournement d’attitude observé chez les influenceurs : là où ils partageaient auparavant leur peur, leur inquiétude et leurs appels à la France, ils affichent désormais l’exact contraire.
Piscines, terrasses et messages rassurants remplacent les stories de panique, et la confiance envers les forces de sécurité locales est mise en avant, donnant parfois l’impression que ces publications relèvent davantage de la communication que du témoignage spontané.