Une application pour faire face à la complexité du système de santé, tel est le projet l’objectif de « TakeCareAI ». En profitant des perspectives offertes par les intelligences artificielles et des projets concrets proposés dans le cadre de leur cursus, des étudiants de l’ESIEE-IT ont imaginé cette application avec l’ambition mieux orienter les patients, tout en intégrant les enjeux d’une IA responsable.
TakeCareAI : une application étudiante née d’un besoin concret
L’idée de cette application part d’un constat simple, partagé par beaucoup : face à des symptômes, il est souvent difficile de savoir comment réagir. « Quand on est malade, on se pose énormément de questions : est-ce grave ? faut-il consulter ? où aller ? », explique Lucie, étudiante en dernière année à ESIEE-IT. « Beaucoup de personnes hésitent et finissent soit par engorger les urgences, soit par consulter trop tard » ajoute-t-elle.
Pour répondre à ce besoin, l’équipe d’étudiants a conçu une application mobile reposant sur un chatbot basé sur l’intelligence artificielle. L’utilisateur décrit ses symptômes, et l’outil propose des pistes d’orientation vers le professionnel de santé le plus adapté. L’application peut également s’appuyer, avec l’accord de l’utilisateur, sur des données issues d’objets connectés afin d’affiner son analyse.
Au-delà de la dimension technologique, l’application TakeCareAI s’inscrit pleinement dans la logique pédagogique de l’école, celle d’une innovation responsable. « Nous travaillons avec des modèles conformes au RGPD et les données sont entièrement cryptées », précise Lucie. « Et surtout, nous ne faisons pas de diagnostic médical, ni de recommandation de médicaments. »
L’équipe a également pris en compte un enjeu encore peu visible, celui de l’impact environnemental de l’IA. Grâce à leur travail dans le cadre de la Démarche Entrepreneuriale pour l’Impact (D.E.I.) de l’école, ils estiment qu’une conversation sur l’application émet environ 0,9 gramme de CO₂. À l’échelle d’un foyer, cela pourrait représenter jusqu’à 14 kg de CO₂ économisés par an, en limitant certains déplacements ou recherches inutiles. « Ce qui est intéressant avec TakeCareAI, c’est que l’IA n’est pas utilisée comme un gadget. Elle répond à une problématique réelle de santé et s’inscrit dans un enjeu sociétal concret » souligne Bruno Barthas, Responsable Entrepreneuriat et Innovation à l’ESIEE-IT.
Un cadre propice à l’innovation et la création d’une application
À ESIEE-IT, l’accélération technologique et responsable est au cœur de la formation. L’école a mis en place une approche spécifique, la Démarche Entrepreneuriale pour l’Impact (D.E.I.), qui structure la manière dont les étudiants conçoivent leurs projets. « Nous lançons les projets à partir d’un choix d’enjeu sociétal », explique Bruno Barthas. « Les étudiants analysent le problème en profondeur, évaluent la désirabilité de leur solution, puis travaillent sur sa faisabilité technique et sa viabilité économique au sens large. »
Cette méthodologie pousse les étudiants à intégrer très tôt une réflexion globale sur l’impact de leurs choix. « Ils doivent aussi se demander si leur projet génère une forme de dette dans le temps, qu’elle soit économique, environnementale ou sociale, comme ce fut le cas avec l’application TakeCareAI », précise-t-il.
Autre pilier de cette approche : le numérique responsable. Les étudiants sont invités à appliquer plusieurs pratiques issues de la charte de l’Institut du Numérique Responsable et, lorsqu’ils utilisent l’IA, à questionner sa réelle utilité. « L’objectif est simple : déterminer si l’IA apporte une vraie valeur ou si elle relève simplement d’un effet de mode. » complète le Responsable Entrepreneuriat et Innovation.