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On a vu pour vous … le retour de Zodiaque, la saga culte de TF1

Elles sont rares les séries françaises à avoir tant marqué qu’une suite est initiée 20 ans plus tard. C’est pourtant le cas de Zodiaque.

Les enfants paieront pour les crimes de leurs parents. 
A Aix-en-Provence, la riche famille Escoffier est ébranlée par une série de meurtres mystérieux qui portent la marque du ZODIAQUE, un tueur en série qui a terrorisé la région il y a vingt ans… et que l’on croyait mort depuis longtemps.

L’essentiel

En 2004, la fiction d’été prend un nouveau visage et Zodiaque percute les audiences pour atteindre des niveaux stratosphériques. La quête de l’identité du tueur baptisé « Le Zodiaque » tiendra en haleine les spectateurs de TF1. Deux ans plus tard, TF1 relance sa série avec une série encore plus opaque avec Le maître du Zodiaque. Si l’audience est moins au rendez-vous, le public répond toujours présent à cette traque permanente. On aurait pu croire que la série s’arrêtait malheureusement là. Mais tel un slasher américain, la franchise semble promise à être réactivée. A la faveur du retour de Scream (sans doute) et du succès de Brocéliande (TF1), la franchise renaît 20 ans plus dans un nouveau format mais avec toujours plus de mystères. Franck Olivier (toujours secondé de Malina Detcheva) l’un des auteurs déjà à la manœuvre sur la première série, nous confiait déjà il y a quelques années qu’il pensait à « une suite à Zodiaque pas seulement quand je me rase. A condition d’adapter la série aux contingences modernes« . Mission remplie avec cette nouvelle série ?

On aime Zodiaque ?

Comme Scream 5, simplement rebaptisé Scream lors de sa sortie en salles pour marquer un nouveau départ, le retour de Zodiaque sur TF1 choisit lui aussi la simplicité : un titre épuré, comme pour mieux signifier une volonté de relancer la franchise tout en s’appuyant sur ses fondations. Et c’est précisément ce que réussissent ces premiers épisodes — plutôt bien, d’ailleurs.

L’option la plus facile aurait été d’expédier l’héritage des premières saisons en quelques lignes, pour repartir sur une intrigue entièrement neuve. Mais les auteurs font un choix plus ambitieux : celui de s’adresser à la fois aux fidèles de la première heure et aux nouveaux spectateurs. Des passerelles sont ainsi habilement construites entre les différentes époques de la saga. Références aux anciens personnages, rappels de la méthodologie du tueur historique, Matthias, liens subtils entre les générations… La série assume pleinement son passé et fait confiance à la mémoire de son public. Un pari payant.

Là où cette nouvelle version convainc un peu moins, du moins à ce stade, c’est dans sa densité. L’intrigue paraît légèrement moins opaque, moins rugueuse, presque plus accessible. On a le sentiment — peut-être trompeur — que certaines clés du mystère nous sont livrées plus rapidement qu’auparavant. Car si l’identité du Zodiaque semble, pour l’instant, moins centrale, le véritable enjeu se situe ailleurs : dans les motivations. Pourquoi agit-il ? Quels secrets enfouis refont surface ? Et surtout, pourquoi cette nouvelle génération semble-t-elle payer pour les fautes de la précédente ? Vous l’aurez compris la nouvelle saison de Zodiaque assume de reprendre le vieil adage de la première saison : « Les enfants paieront pour les crimes de leurs parents ».

Mais à mesure que la série avance et prend le large, elle retrouve aussi de efficacité d’antan avec les contours d’une résolution et d’un crime qui se dessine. Là où la première saison nous avait bluffés dans la résolution par exemple de la reconstitution du crane retrouvé enterré, cette nouvelle salve d’épisodes a besoin de ce moment « game changer » qui relance un peu toute l’intrigue. Et on sent à mesure que l’épisode 4 se déroule que la série part dans cette direction. Et après notre échange avec Francis Huster, on sent que Zodiaque prépare aussi pour sa résolution un moment qui va nous ravir.

Un casting réussi

Côté casting, la série apporte aussi son lot de réjouissances. On est très content de voir Zoï Séverin, de Ici tout commence, qui vraiment prouve qu’en tant qu’actrice évoluant dans des registres un peu plus sombres, style slasher elle est parfaite. On l’avait découverte dans une arche de Ici tout commence dans ce registre-là, et Zodiaque confirme qu’elle est véritablement à sa place.

Mais le vrai plaisir reste le retour de Francis Huster, qui retrouve instantanément la voix, la posture et l’intensité de Keller, ce personnage emblématique lancé sur les traces du Zodiaque dès les premières saisons.

« Je ne peux pas vous dire si cette histoire est terminée ou si elle ne fait que commencer »

Tout le sel de la saga Zodiaque réside aussi dans sa résolution. La première saison nous avait doublement surpris : d’abord par les raisons pour lesquelles il tue, puis par son identité. Rebelote avec Le maître du Zodiaque qui monte d’un cran encore. Pour permettre cette double couche, Zodiaque (2004) avait pour elle la durée plus longue des épisodes (l’équivalent de 10 de 45 min contre 6 aujourd’hui). Dès lors, avec un temps plus restreint et une nécessité d’aller « plus vite », ce sera l’un ou l’autre. Pour « gagner du temps », c’est le Zodiaque qui expliquera dans un monologue ses crimes, un passage amenée d’une manière trop classique.

Mais la montée en puissance du motif du tueur qui se dévoile petit à petit est vraiment intéressante, parfaitement trouvée pour faire la jonction entre une ancienne série et une nouvelle, sans perdre aucun des deux publics. Comme la volonté est clairement affichée de continuer l’histoire, un petit twist final a été pensé pour « ouvrir » l’histoire. Si l’histoire ne se poursuit pas, rien n’est dommageable.

Zodiaque
6X52 minutes
Dès le 18 juin 2026

About author

Rédacteur en chef du pôle séries, animateur de La loi des séries et spécialiste de la fiction française
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