Le Paris Saint-Germain rejoint Arsenal en finale de la Ligue des Champions. Le nul 1-1 à l’Allianz Arena, mercredi 6 mai, a suffi aux Parisiens pour se qualifier (6-5 au cumul). Pourtant, leur performance collective passe presque au second plan. Depuis le coup de sifflet final, c’est l’arbitre portugais João Pinheiro qui concentre toutes les critiques. Deux décisions litigieuses, en l’espace de trois minutes, ont retourné le stade munichois contre lui.
Les trois minutes qui ont retourné l’Allianz Arena
Tout commence à la 8e minute. Nuno Mendes reçoit un premier carton jaune pour une faute sur Michael Olise. Dès lors, le moindre geste du latéral parisien est scruté de près. À la 29e minute, la tension monte d’un cran. Konrad Laimer récupère le ballon et tente une passe. Le bras de Mendes la contrarie. Un deuxième jaune, synonyme d’expulsion, paraît inévitable. Mais Pinheiro choisit de siffler contre Laimer. Son assistant a en effet signalé une main de l’Autrichien sur sa prise de balle. Pourtant, des images captées par d’autres angles suggèrent un simple contrôle de la poitrine. « Je pensais avoir joué le ballon avec mon ventre, et puis Mendes avec sa main », a déclaré Laimer à Sky Sports. « C’est vraiment étrange. »
La main de Neves enflamme la polémique
Deux minutes plus tard (31e), la colère atteint son paroxysme. Matvey Safonov rate son dégagement. Vitinha reprend le ballon dans la surface. Le ballon atterrit alors sur la main décollée de João Neves, dos au jeu. Aussitôt, Harry Kane et ses coéquipiers se ruent vers l’arbitre. Pinheiro ne siffle rien. Le VAR n’intervient pas. En conférence de presse, Vincent Kompany est direct : « Par rapport aux décisions de l’arbitre, il y a de quoi protester. Nuno Mendes aurait dû récolter un deuxième avertissement et donc être expulsé dans son duel avec Laimer. À Paris, il n’y avait pas penalty sur la main d’Alphonso Davies. » Par ailleurs, le PDG Jan-Christian Dreesen pointe le manque d’expérience de Pinheiro, qui ne compte que 15 apparitions en Ligue des Champions à son actif.
La règle de l’IFAB donne raison à l’arbitre
Pourtant, sur la main de João Neves, Pinheiro a appliqué le règlement à la lettre. En effet, la Loi 12 de l’IFAB 2025/2026 est claire sur ce point : « Un dégagement qui rebondit accidentellement sur la main d’un partenaire dans votre propre surface de réparation ne donne pas lieu à un penalty. » Le ballon est parti du pied de Vitinha, coéquipier de Neves. Ainsi, la règle protège précisément ce type de déviation involontaire entre deux joueurs d’une même équipe.
Sur la page TikTok de Canal+, l’arbitre Tony Chaperon confirme cette lecture. Il explique que « c’est un mouvement naturel du bras ». De même, Said Ennjimi, arbitre international interrogé sur la chaîne L’Équipe, est catégorique : « Dans l’esprit du jeu, c’est un joueur du PSG qui dégage son camp sur un coéquipier. Il n’y a pas de penalty. Ce serait fou d’en accorder un sur une phase de jeu comme celle-là. »
Certes, la position du bras de Neves, très décollée du corps, a alimenté le sentiment d’injustice côté bavarois. Néanmoins, la règle ne porte pas uniquement sur la posture. Elle tient surtout compte de l’origine du ballon. Or, sur ce point, le texte ne laisse aucune place au doute.
L’arbitrage de ce Bayern-PSG restera donc dans les mémoires. Non pas parce que Pinheiro a eu tort sur la main de Neves. Mais parce que deux décisions controversées sont tombées au pire moment, dans une confrontation où chaque détail pesait double.