Le Grand Prix de Catalogne 2026 restera dans les mémoires, non pas pour la victoire de Fabio Di Giannantonio, ni pour les batailles en tête de course, mais pour deux chutes brutales, deux drapeaux rouges et une question qui plane désormais sur toute la fin de saison du pilote LCR : Johann Zarco va-t-il remonter sur sa Honda avant la fin du championnat ?
Une course coupée en deux par les accidents
Tout commence dès le premier départ. Alex Marquez, sur la Ducati Gresini, percute Pedro Acosta dans les premiers instants. La moto de l’Espagnol effectue plusieurs tonneaux sous les yeux des spectateurs. Premier drapeau rouge. Zarco, impliqué indirectement, est touché par des débris au pied gauche. L’équipe LCR diagnostique un simple hématome et le renvoie au départ. C’est là que tout bascule.
Au premier virage du deuxième départ, Zarco chute, mais cette fois il est touché plus sévèrement. Les images sont terrifiantes. Sa jambe gauche reste coincée dans la roue arrière de la Ducati de Pecco Bagnaia, tandis que la moto du Français est emportée dans les graviers dans un enchaînement chaotique qui immobilise instantanément la course. Luca Marini et Bagnaia courent vers lui pour lui porter secours. Zarco ne peut pas se relever seul. Deuxième drapeau rouge de la journée. Le vétéran de 35 ans est évacué en ambulance vers le centre médical du circuit, puis transféré à l’Hospital Universitari General de Catalunya, à Sant Cugat.
Luca Marini n’a pas caché son émotion après la course. « Johann a été vraiment, vraiment malchanceux parce que sa jambe s’est coincée dans la roue de Pecco », a-t-il confié à la presse. Une scène qui lui a rappelé sa propre blessure grave, survenue lors des essais à Suzuka un an plus tôt.
Ligaments, ménisque, péroné : la saison en suspens
Les examens réalisés à l’hôpital espagnol ont rapidement établi un bilan médical lourd. L’équipe LCR a officialisé dimanche soir des lésions aux ligaments croisés antérieur et postérieur du genou gauche, ainsi qu’une atteinte au ménisque médial, auxquelles s’ajoute une fracture du péroné au niveau de la cheville. Des blessures qui, dans le monde du sport de haut niveau, impliquent généralement plusieurs mois d’arrêt complet, parfois jusqu’à six mois selon les décisions chirurgicales et la rapidité de la rééducation.
Zarco a lui-même pris la parole depuis sa chambre d’hôpital, via une vidéo publiée sur Instagram. « C’est surtout le genou, les ligaments qui ont lâché mais le fémur n’est pas cassé. Petite fracture en bas du péroné, extérieur cheville gauche. Je vais vous tenir au courant mais c’était simplement pour vous rassurer. Plus de peur que de mal on va dire. Ce soir, je dormirai à l’hôpital car ils veulent me garder en observation et puis on verra. »
Cependant, Lucio Cecchinello, patron de l’équipe LCR, a tenté de relativiser face aux caméras : « Il a mal à la jambe gauche, un peu autour du genou. Heureusement, il n’a pas de commotion, pas de blessure dans la partie supérieure du corps. J’espère vraiment qu’il n’y aura pas de mauvaise nouvelle », a-t-il déclaré sur TNT Sports.
Zarco doit rentrer en France ce lundi pour y consulter des spécialistes. Les prochains jours seront décisifs. À 35 ans, dans la dernière ligne droite de sa carrière en MotoGP, chaque course manquée pèse lourd. La question reste entière.