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Que risque un club après un envahissement de terrain en Ligue 1 ?

La Beaujoire a vécu dimanche soir l’une des soirées les plus sombres de son histoire récente. Lors de la 34e et dernière journée de Ligue 1, des supporters nantais ont envahi la pelouse et déclenché un chaos qui a conduit à l’arrêt définitif du match contre Toulouse. Pour un club déjà relégué en Ligue 2, la note sportive était suffisamment amère. La note disciplinaire risque désormais d’être encore plus lourde.

Une soirée qui a viré au chaos

Nantes, officiellement relégué depuis une semaine après une saison cauchemardesque, recevait Toulouse dans un contexte émotionnel extrêmement chargé. Des banderoles hostiles à la direction avaient rapidement été déployées en Tribune Loire, signe d’une atmosphère explosive avant même le premier coup de sifflet. Depuis plusieurs semaines, la défiance entre les ultras et la direction du club ne faisait que monter dangereusement. Ce dernier match, sans enjeu sportif pour les deux équipes, représentait un terreau idéal pour les débordements.

Dès la 22e minute, tout a basculé. Des membres de la Tribune Loire ont envahi la pelouse, lançant des fumigènes sur le gazon et contraignant l’arbitre internationale Stéphanie Frappart à renvoyer les deux équipes aux vestiaires. Les scènes qui ont suivi ont choqué bien au-delà de Nantes. Des groupes cagoulés ont affronté les CRS en plein stade. Plusieurs sièges arrachés ont également été projetés en direction des forces de l’ordre. Certains joueurs nantais auraient même demandé à leurs proches de quitter les tribunes par mesure de sécurité.

Une cellule de crise réunissant le préfet, la LFP et les représentants des deux clubs s’est aussitôt constituée pour statuer sur l’issue de la rencontre. À noter que le propriétaire-président du club, Waldemar Kita, n’assistait pas à la rencontre ce soir-là, une absence remarquée dans un moment aussi grave. La décision est tombée près de quarante minutes après l’interruption. Frappart a confirmé l’arrêt définitif, sur décision du préfet, pour des raisons de sécurité. Le score était figé à 0-0 au moment de l’invasion. La rencontre ne sera donc pas rejouée, et la partie sera probablement perdue sur tapis vert pour les Canaris. L’entraîneur nantais Vahid Halilhodžić, visiblement abattu en zone mixte, a confié que son dernier coaching s’était achevé dans les pires conditions imaginables.

Quelles sanctions pour le FC Nantes ?

La commission de discipline de la LFP a ouvert une instruction dès le lundi 18 mai et statuera lors de sa réunion du mercredi 27 mai. D’après le code du sport, le club recevant est le premier responsable en cas d’incidents provoqués par ses propres supporters à domicile. Les sanctions envisageables sont donc nombreuses et peuvent se combiner. Un retrait de points, des matchs à huis clos, la fermeture d’une tribune ou encore une amende financière figurent ainsi parmi les mesures à la disposition de la commission. En fonction des éléments aggravants retenus, la punition pourrait s’avérer historique.

L’exemple le plus souvent cité en référence reste celui de Saint-Étienne, en mai 2022. Après la relégation des Verts face à Auxerre à Geoffroy-Guichard, des centaines de supporters avaient envahi la pelouse, tirant mortiers et fumigènes dans plusieurs secteurs du stade. La commission de discipline avait alors estimé que le football français était passé très proche d’un drame. La sanction prononcée avait été historique, avec trois points fermes retirés au classement, trois avec sursis et quatre matchs à huis clos ferme. Tous ces éléments aggravants, à savoir l’envahissement, les violences et les tirs de projectiles, se retrouvent déjà dans les témoignages recueillis au soir du 17 mai.

La situation nantaise présente pourtant une circonstance aggravante inédite. À la Beaujoire, le match a été définitivement arrêté en plein déroulement, un précédent rarissime au plus haut niveau du football professionnel français. D’autres clubs ont certes déjà été sanctionnés dans des contextes similaires. La ministre déléguée aux Sports, Marina Ferrari, a condamné ces débordements avec la plus grande fermeté. Elle a également appelé à l’identification et à la sanction des auteurs. Pour les Canaris, désormais pensionnaires de Ligue 2, une punition sévère viendrait alourdir un peu plus le bilan d’une saison déjà catastrophique.

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