Ancien numéro 1 français et figure emblématique du tennis mondial, Jo-Wilfried Tsonga endosse désormais le costume de mentor. Parrain du programme BNP Paribas Jeunes Talents aux côtés d’Alizé Cornet, il accompagne la nouvelle génération de joueuses et de joueurs pour les préparer aux exigences du circuit professionnel.
Pouvez-vous commencer par nous présenter votre rôle au sein de BNP Paribas Jeunes Talents ?
Jo-Wilfried Tsonga : Mon rôle, c’est d’être le parrain de la team BNP Paribas Jeunes Talents, associé à Alizé Cornet qui nous a rejoints il y a deux ans. C’est un programme qui a été créé pour aider les jeunes talents, des joueurs qui sont déjà très bons dans leur catégorie d’âge, que ce soit au niveau national ou international. Notre rôle, c’est de les accompagner dans leurs projets, d’être un point d’appui où ils peuvent nous questionner sur la vie sur le circuit et les étapes qu’ils vont traverser. Cet accompagnement s’adresse évidemment aux jeunes joueurs et joueuses, mais pas seulement : il s’adresse aussi aux parents, pour les préparer à ce qui va se passer sur les prochaines années pour leurs enfants, afin de les aider à les accompagner du mieux possible.
Comment cela se matérialise-t-il concrètement ?
Jo-Wilfried Tsonga : BNP Paribas organise des séminaires plusieurs fois par année. Tous les joueurs et les parents s’y retrouvent. Nous y intervenons, mais BNP Paribas fait aussi appel à d’autres intervenants. Cela peut concerner la préparation physique, la diététique, la lutte anti-dopage, la gestion des réseaux sociaux, le média training, le mental, la technique ou le tennis pur. Nous abordons plein de thèmes différents pendant ces week-ends qui durent en général deux jours.
S’agit-il surtout d’un soutien mental ou psychologique ?
Jo-Wilfried Tsonga : Non, cela peut être de la sollicitation pure. Par exemple : « Moi, je cherche un préparateur physique, je ne sais pas trop par où commencer ». Mais cela peut toucher à toutes sortes de choses. Pour d’autres, ce sera plutôt : « Il s’est passé ça sur le terrain, je me sens mal, parfois je parle trop… » Cela peut arriver.
Cette initiative a été lancée en 2018. Est-ce que les besoins des jeunes ont changé depuis ?
Jo-Wilfried Tsonga : Non, en fait, les besoins n’ont pas changé, mais notre façon d’approcher la chose a évolué. De mon côté, je suis moins timide. J’essaie vraiment de les mettre à l’aise pour leur faire comprendre que nous sommes là pour eux. Aujourd’hui, j’ai arrêté de jouer, donc je suis tranquille, alors qu’en 2018 je jouais encore. L’objectif est de leur dire : « On est vraiment là pour vous, on n’est pas là juste pour parler et faire des choses de façade. Si vous nous appelez le dimanche à 11h du matin, on va être là et on va vous répondre ».
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Qu’est-ce qui vous a donné envie d’y aller quand on vous a contacté à l’époque ?
Jo-Wilfried Tsonga : Quand j’ai arrêté ma carrière, je me suis demandé ce que j’aurais aimé avoir, moi, quand j’étais plus jeune. C’est d’ailleurs pour ça que j’ai monté mes académies et notre internat. On avait envie de créer des choses en se disant : « Bon ben voilà, moi j’ai aimé ça et ça, ça j’ai un peu moins aimé, est-ce qu’on peut faire mieux là-dessus ? ». C’était dans l’idée de faire les choses un peu mieux et de contribuer à la réussite de ces jeunes. Le tennis est une histoire d’héritage historique, mais la transmission fait partie intégrante de cet héritage. Dans certains pays, notamment en Espagne, cette transmission se fait très naturellement : on voit souvent les meilleurs anciens joueurs entraîner les meilleurs joueurs actuels, et cela donne souvent de très bons résultats. On a pu le voir avec Carlos Alcaraz ou avec Rafa (Nadal) qui était entouré de Carlos Moyá depuis son plus jeune âge.
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