Le Paris Saint-Germain a décroché samedi 30 mai son deuxième titre consécutif en Ligue des champions face à Arsenal, aux tirs au but. Une victoire historique. Mais en France, la fête a rapidement viré au cauchemar.
À Budapest, le PSG a confirmé sa domination européenne. Kai Havertz ouvre le score après six minutes. Ousmane Dembélé égalise sur penalty en seconde période. Les prolongations ne donnent rien, et c’est finalement Gabriel qui manque le tir au but décisif, offrant ainsi au club de la capitale un deuxième sacre consécutif en Ligue des champions. Pourtant, pendant ce temps là, la France était déjà en train de s’embraser.
Le bilan sécuritaire est lourd. Selon le ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez, 890 personnes ont été interpellées à l’échelle nationale, après les débordements qui ont émaillé les célébrations du sacre parisien. 219 personnes ont été blessées sur le territoire, dont huit grièvement et une personne décédée. 57 policiers et gendarmes ont également été touchés. Un chiffre en hausse de 32% par rapport à 2025.
Une violence qui s’étend bien au-delà de Paris
Les incidents ne se sont pas limités à la capitale. Des débordements ont éclaté dans près de 71 grandes villes françaises, que le ministre a qualifiés d »absolument inacceptables ». À Rennes, les autorités ont rapporté des scènes de pillage, tout comme dans une quinzaine d’autres communes. À Paris, les quartiers du Parc des Princes et des Champs-Élysées ont concentré l’essentiel des tensions. Dans le 8e arrondissement, des individus ont tenté d’attaquer un commissariat. Du côté du Parc des Princes, une centaine de personnes ont tenté de forcer une porte d’entrée du stade, avant qu’une intervention rapide des forces de l’ordre ne rétablisse le calme.
Or les faits les plus graves se sont produits sur le périphérique. Un jeune homme né en 2002, au volant d’un motocross, a percuté de face des blocs de béton au niveau d’une bretelle de sortie. Il n’a pas survécu. Boulevard Magenta, par ailleurs, une voiture qui balançait des mortiers d’artifice sur les policiers a perdu le contrôle et s’est encastrée dans une terrasse.
Un scénario qui se répète, et qui interroge
Ce n’est évidemment pas la première fois. En mai 2025, lors du premier sacre du PSG face à l’Inter Milan, deux personnes mouraient, 559 interpellations avaient lieu et 22 membres des forces de l’ordre repartaient blessés. Un an plus tard, les chiffres grimpent encore. La tendance se confirme donc, et la question se pose clairement, à quelques semaines de la Coupe du monde 2026 en France : comment encadrer des célébrations qui dégénèrent systématiquement ?
Emmanuel Macron a reçu l’équipe du PSG à l’Élysée dimanche en fin d’après-midi, saluant « l’excellence du football français ». Mais au même moment, les hôpitaux prenaient en charge des dizaines de blessés. C’est ça aussi, le revers de la médaille d’un titre européen en France, aujourd’hui.