Exit la matinale, le journaliste Nicolas Demorand a annoncé les raisons de son départ de la matinale de la radio du service public et reviendra au micro de France Inter à la rentrée pour lancer fin août un nouveau rendez-vous hebdomadaire.
Il incarnait avec Léa Salamé, puis Benjamin Duhamel, la matinale de France inter depuis 2017. Le journaliste lève-tôt a dû subitement quitter l’antenne en octobre dernier pour des raisons de santé. L’intérim assuré par la journaliste Florence Paracuellos devrait, selon les informations de Télérama, être reconduite avec Benjamin Duhamel pour la saison prochaine de « La Grande matinale ».
Son combat contre la bipolarité et la dépression
À l’occasion de son retour sur le devant médiatique, l’ex-coanimateur a expliqué dans un entretien à Télérama, les raisons de sa longue absence de « La Grande matinale », on y apprend que le journaliste, atteint de bipolarité, a été interné de force, sans son consentement, le 11 novembre 2025, à l’hôpital psychiatrique Sainte-Anne à Paris.
Au micro de France Inter ce matin, Nicolas Demorand confie en avoir été « blessé », avoir eu « le sentiment que [sa] liberté était annulée, d’être non plus un adulte mais un mineur ». Mais, il reconnaît, « une fois que j’ai dit ça, je pense que je n’étais pas à ce moment-là en état de prendre des décisions urgentes et cruciales pour ma propre santé », il y restera trois semaines. Sorti « fatigué » et « terrorisé » par cet évènement, il s’enfermera chez lui, sans la moindre capacité à lire, converser et écouter la radio.
Plus les semaines passent, plus l’inquiétude règne à la direction de France Inter, les auditeurs demandent de ses nouvelles. Il ne décroche qu’à son ancienne acolyte de la matinale, Léa Salamé, qui, elle, est chahutée depuis qu’elle a pris les commandes du 20h de France 2. Demorand plonge dans une profonde dépression qui le conduira à être hospitalisé de nouveau, en mars 2026. Il y reçoit de la kétamine, un anesthésiant puissant à effet antidépresseur.
Un retour progressif à la vie normale
Il se remet sur pied, petit à petit grâce, notamment à son amie Léa Salamé et en écoutant Florence Paracuellos, qui l’a remplacé depuis l’automne dernier. La lecture fut aussi un élément moteur dans sa rédemption, grâce au conseil de son confrère journaliste Philippe Lançon. « Il a été essentiel, il m’a envoyé des SMS pendant que j’étais malade, a raconté Nicolas Demorand sur France Inter. Je lui ai dit que j’étais à l’hôpital, il m’a répondu “j’espère au moins que tu lis” et je lui ai dit que j’en étais incapable. […] Il m’a dit “recommence avec le polar”. J’y suis allé, j’en ai lu plusieurs dizaines. “La clé de tout ça, me disait Philippe Lançon, c’est le plaisir, il faut retrouver le plaisir.” Et le polar, c’est le plaisir. A partir du moment où vous trouvez le plaisir, vous sortez de la dépression ».
« Je suis heureux et impatient de retrouver le micro »

Outre le podcast « Si besoin » dévoilé sur le site de Radio France ce lundi 15 juin, dans lequel il se livre sur sa maladie mentale, Nicolas Demorand retrouvera les studios d’Inter à partir du 29 août prochain, dans sa nouvelle émission « Recto verso », qui sera diffusée de 9h à 10h chaque samedi et dimanche. Il revisitera le samedi, avec ses invités, l’actualité culturelle – livres, cinéma, théâtre – de la semaine passée. Et il projettera, pour l’émission du dimanche celle des sept prochains jours. « Je repars d’une page blanche », a affirmé le journaliste à Télérama.