La 57e édition des Rencontres de la photographie d’Arles a débuté ce 6 juillet avec la semaine d’ouverture. La ville se métamorphose pour accueillir des photographes internationaux et les amateurs d’art en quête de soleil et d’émerveillement. La nature et l’art se fondent dans ce rendez-vous annuel où la photographie dialogue avec le paysage et le patrimoine.
L’année 2025 a été l’année la plus fréquentée depuis sa création en 1970 par le photographe Lucien Clergue, l’écrivain Michel Tournier et l’historien Jean-Maurice Rouquette. La ville se prépare donc à accueillir une foule de visiteurs record cette année. Cet évènement est devenu un incontournable de l’art, d’autant plus qu’il résonne cette année avec une date importante. C’est l’anniversaire du bicentenaire de l’invention de la photographie, la première photographie étant datée de 1826.
« Des mondes à relire » : une scénographie qui bouscule l’espace
Le thème de cette édition bouscule les frontières et la perception de l’histoire. « Des mondes à relire » ce sont des expositions qui invitent à décentrer son regard et questionner notre conception des choses. Relire le monde permet de changer de point de vue et de rendre la parole aux minorités. Les réflexions sur l’environnement et nos origines seront au coeur des Rencontres d’Arles cette année, mettant en avant les femmes, les frontières, les territoires, l’héritage post-colonial et la mise en abyme du réel. De nombreux échos à l’actualité sont à prévoir.
L’expérience du visiteur permet une immersion totale dans l’art qui devient une partie intégrante de l’espace. Loin de se visiter dans un musée aux frontières bien définies, les photographies se découvrent au rythme de la marche et de l’exploration. Elles ne se limitent pas aux espaces d’expositions, l’art déborde dans la rue, sur les murs et dans les magasins. Avec un espace dédié au Monoprix, l’art s’invite même dans les supermarchés et les grandes enseignes. En parallèle, certaines boutiques font disparaître les habituels mannequins en plastique et transforment leurs vitrines en galerie. Le quotidien est détourné pour une marche hors du temps.

Arles, un cadre magique entre patrimoine et art
Ce n’est pas pour rien que Van Gogh a choisi d’y poser ses valises et de s’installer dans la maison jaune. La ville est propice à une marche contemplative. Ici le temps s’emmêle. Les photographies ultra-modernes contrastent avec les pierres romanes, les architectures gothiques et les accents provençaux de cette ville du Sud. Arles s’est inscrite au patrimoine historique de l’UNESCO pour ses bâtiments antiques et médiévaux. Ancienne colonie romaine, elle a su préserver ces vestiges qui rendent l’expérience architecturale unique.

Un peu plus excentré, l’abbaye de Montmajour s’impose comme une évidence. Construite au Xe siècles sur les hauteurs du Mont Majour, une nécropole, elle est en partie creusée dans la pierre pour en faire un lieu troglodyte. Dans ce cadre majestueux, Lise Boyer pose une question suspendue dans le temps. « Méditerranée, est-ce là que l’on habitait? ». Une exposition d’une force rare qui suit les villes mythiques des épopées grecques et de nos origines antiques. D’un autre côté, le patrimoine industriel se réinvente. Les anciens hangars de la Mécanique Générale et LUMA Arles (avec sa tour de métal futuriste) propulsent la ville dans une tout autre dimension, celle de l’avant-garde culturelle.