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Canicule : faut-il adapter le Tour de France ?

Tour de France chaleurs

Le Tour de France étouffe sous une chaleur historique. Alors que la 9e étape en Corrèze, dimanche 12 juillet a été raccourcie de 30 kilomètres en raison d’une vigilance rouge canicule, une question brûlante s’empare du peloton : le modèle du Tour de France doit-il changer face au dérèglement climatique ?

Dimanche 12 juillet, Amaury Sport Organisation (ASO) a pris la décision de raccourcir l’étape reliant Malemort à Ussel. Elle est passée de 185,5 à 155,5 kilomètres. Une mesure sanitaire d’urgence dictée par le passage de la Corrèze au niveau d’alerte maximale face à des températures frôlant les 40 °C. Le patron du Tour de France, Christian Prudhomme, a salué le « bon sens » de cette initiative. Mais cette décision parle d’un problème plus vaste : courir trois semaines en plein mois de juillet devient un véritable enfer.

Le peloton du Tour de France : son cri d’alarme

Sur le vélo, la gestion de ces vagues de chaleur est devenue très compliquée. Les coureurs multiplient les stratégies de survie, entre bains de glace après la ligne d’arrivée et séances de cryothérapie à -140 degrés. Pourtant, le peloton s’accorde pour dire que le point de rupture n’est pas loin. « La chaleur, on ne la gère pas, on la subit », déplore le coureur français Jordan Jegat. Porteur du maillot jaune et figure du cyclisme mondial, Tadej Pogačar n’en pense pas moins : « C’est un vaste sujet de discussion, mais si j’avais le pouvoir de tout modifier, je changerais tous les calendriers. »

© FRANCE TV

Face à cette souffrance, le syndicat des coureurs (le Cyclistes Professionnels Associés) a tapé du poing sur la table. L’organisation réclame l’ouverture de négociations avec les instances du cyclisme pour appliquer le protocole « températures extrêmes » de manière plus stricte. Et surtout, pour revoir les horaires de départ des étapes. L’idée est simple : avancer les départs à 8 ou 9 heures du matin même si cela impose aux athlètes de se réveiller dès l’aube.

Vers une révolution complète du calendrier ?

Mais pour les plus grandes stars de la discipline, de simples aménagements d’horaires ne suffiront pas sur le long terme. Tadej Pogačar est pour une refonte totale du calendrier. Le champion n’a pas mâché ses mots en conférence de presse : selon lui, il ne faudrait tout simplement « plus organiser de courses en juillet et en août  » dans les pays ou régions fortement exposés aux canicules.

©BFM TV

Mais le Tour de France est indissociable des vacances d’été. Pourtant, la réalité pousse les managers d’équipes à aller dans ce sens. Marc Madiot, le directeur sportif de la Groupama-FDJ, reconnaît qu’il faudra nécessairement apporter des ajustements à l’avenir si les étés continuent d’être aussi étouffants. Sans imaginer un départ du Tour de France en janvier, il estime qu’un changement d’horaires est possible : « Je pense qu’on est capable de faire de bons progrès, notamment sur les horaires de course. Je pense que c’est le plus simple. Au lieu de partir à 14 heures, on pourrait partir à 10 h 30 ou midi, ça permettrait d’avoir plus de temps un peu moins soumis aux fortes chaleurs »

Dimanche 12 juillet, le syndicat des coureurs (CPA) s’est emparé du sujet en appelant également à revoir les horaires de départ des « courses estivales » afin de « protéger la santé des athlètes ».

Des spectateurs qui souffrent aussi sur le bord des routes

Le calvaire ne se limite pas aux seuls cyclistes. Sur le bord des routes pour encourager leurs idoles, les spectateurs souffrent tout autant du manque d’ombre et de l’air brûlant. Entre malaises et coups de chaud, l’ambiance du Tour de France est mise à rude épreuve. Certains fans commencent ironisent, affirmant attendre « vivement un Tour de France en hiver ». Mais certains concèdent quand même « Les coureurs… Avec ces températures, on voit qu’ils forcent plus que d’habitude, ils ont chaud. Et s’ils ont raccourci l’étape (ce 12 juillet), c’est que vraiment, il doit faire chaud pour pédaler. »

Entre impératifs économiques, retransmissions, sécurité des coureurs et confort du public, Amaury Sport Oganisation se retrouve face à un grand casse-tête. Une chose est sûre : après la Corrèze, le mythe du Tour de France a définitivement pris un coup de chaud.

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