Léa Salamé était l’invitée de Marc-Olivier Fogiel sur France Inter ce lundi matin. Le sujet principal était le retrait de la journaliste de la présentation du 20h de France 2 suite à la candidature de son compagnon, Raphaël Glucksmann, aux prochaines élections présidentielles. Une décision que l’on a déjà vue dans le passé mais dans des contextes différents…
C’est dans un post Instagram du 24 août dernier que Léa Salamé officialise la nouvelle : elle quitte la présentation du journal de 20h de France 2. Annonce qui a suivi celle de son compagnon Raphaël Glucksmann qui s’est déclaré candidat aux présidentielles de 2027. Une décision « évidente et difficile » pour la journaliste qui n’est pas une première dans le monde des médias français.
Isabelle Legrand-Bodin, la première
En 1993 Isabelle Legrand-Bodin, journaliste politique se marie avec Alain Juppé. Ce dernier était alors ministre des affaires étrangères du gouvernement dirigé par Édouard Balladur. La journaliste a dès lors arrêté son activité qui consistait à suivre de près le RPR, parti de son mari, par souci de déontologie.
La jurisprudence Anne Sinclair
« C’est un problème de crédibilité extérieur » expliquant Robert Namias au sujet d’Anne Sinclair en juin 1997. La journaliste star de l’époque a dû, en accord avec sa direction, se retirer de la présentation du magazine d’actualité de TF1 « 7 sur 7 » suite à l’annonce de l’entrée au poste de ministre de l’Économie de son époux Dominique Strauss-Kahn. Anne Sinclair avait déjà essuyé de vives critiques après avoir interviewé François Mitterrand aux côtés de Christine Ockrent, alors compagne de Bernard Kouchner. Certains ont jugé immoral que deux femmes qui partagent leurs vies avec un ministre interviewent un homme politique.
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Léa Salamé dans les pas de Béatrice Schönberg
Béatrice Schönberg est une autre « victime » de la jurisprudence Anne Sinclair. Originaire de Hongrie elle a présenté pendant 10 ans (1997-2007) le journal de 20h du week-end sur France 2 avant de se mettre en retrait. À l’approche des élections présidentielles de 2007, le mari de Béatrice Schönberg, Jean-Louis Borloo, est alors ministre de l’emploi, de la cohésion sociale et du logement. Un potentiel conflit d’intérêts qui a rapidement était botté en touche avec le départ de la présentatrice.
Les femmes bien plus touché que les hommes
Si côté féminin on aurait encore pu citer les cas Valérie Trierweiler ou bien Audrey Pulvar, il est plus rare de trouver ces situations chez les hommes. Franck Ballanger, journaliste sportif sur les antennes de Radio France s’était par exemple retiré des programmes lorsque son épouse Roxana Maracineau est venue ministre des sports en 2018. Thomas Sotto avait lui aussi était écarté de l’émission politique « Élysée 2022 » en raison de son couple avec une membre du cabinet du Premier ministre de l’époque, Jean Castex.
Cette règle peut s’appliquer aussi dans des contextes familiaux. L’exemple le plus parlant survient lorsque l’éditorialiste politique de France Télévisions Nathalie Saint-Cricq a assuré s’être retirée de manière volontaire des sujets concernant sa nièce Amélie Oudéa-Castéra. Cette dernière, ministre dans les gouvernements de Gabriel Attal et Elisabeth Borne, a été éclaboussé par plusieurs scandales en 2024.