L’homme politique proche de Pompidou et ancien premier ministre de Mitterrand est mort. Mais en quoi a t-il marqué la vie politique française ? On vous explique.
Né en 1929, Édouard Balladur était un haut fonctionnaire et homme d’État français. Il est surtout connu pour sa relation avec son ami et adversaire politique Jacques Chirac.
Balladur, dans l’ombre de Chirac
Ami depuis les années 70, Jacques Chirac et Édouard Balladur travaillaient ensemble aux côtés de leur mentor politique, un certain Georges Pompidou. Leur relation était très fusionnelle, Jacques Chirac estimait beaucoup Édouard Balladur à tel point qu’il lui demandait très souvent de conseils. Dans un documentaire de Notre Histoire, le journaliste Nicolas Domenach a déclaré que Balladur « avait pris son cerveau en otage ».
Cette longue amitié a même survécu à la première cohabitation sous François Mitterrand. À cette époque, Jacques Chirac était Premier ministre et Édouard Balladur ministre de l’Économie. Tout au long de sa carrière, il a mené une politique libérale et une gestion du budget avec un sérieux des plus absolus. Il est aussi à l’origine de la vague de privatisations des entreprises dans les années 80.
Une rupture sur la route de l’Élysée
En 1993, Chirac perd face à Mitterrand. L’homme en est anéanti, son tour n’est pas encore venu. Tendis que Jacques Chirac se retire à l’Hôtel de ville de Paris, Édouard Balladur est choisi comme Premier Ministre. Habitué très vite à Matignon, Balladur vise l’Élysée et est prêt à tout pour atteindre son objectif. Suite à cette trahison très médiatisée, l’ancien allié de Chirac est devenu son premier adversaire politique. Entouré d’un gouvernement composé par Simone Veil et du jeune Nicolas Sarkozy, le premier ministre de Mitterrand part confiant vers la présidence. Les premiers sondages le nomment déjà gagnant. Bien que Édouard Balladur soit un intellectuel reconnu, il est passé à côté de l’humain. C’est par son contact auprès de la population (sur les marchés, lors d’événements…) que Jacques Chirac marque la différence. L’homme politique qui deviendra président de la République en 1995 chouchoute son image de leader proche du peuple. De son côté, Édouard Balladur subit les critiques. Déconnecté de la réalité des Français, la gestion sérieuse de l’économie ne suffit pas à diriger la France et les votes le conduisent vers la sortie dès le premier tour des élections.

L’affaire Karachi
Suite à cet échec, Édouard Balladur ne se représentera pas. Figure de sagesse politique, il intervient sur de nombreux plateaux de télévision pendant des décennies. Cependant, en 2011, le financement de la campagne de Édouard Balladur en 1995 pose problème. L’argent proviendrait de contrats d’armement avec le Pakistan et l’Arabie saoudite dans le cadre de « l’affaire Karachi » aux côtés de l’ex-ministre François Léotard. Bien que les politiciens aient toujours nié toute implication illégale dans le financement du projet de 1995, les doutes s’accumulent. C’est en 2021 que se déroule le procès de l’affaire Karachi : Balladur est relaxé pour faute de preuve et Léotard est condamné.