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Pourquoi l’agriculture est l’un des secteurs les plus prometteurs face à l’IA ?

Agriculture

L’intelligence artificielle transforme progressivement le monde du travail et soulève de nombreuses interrogations sur les métiers de demain. Pourtant, certaines filières pourraient être moins exposées que d’autres à cette révolution technologique. C’est le cas de l’agriculture et de l’agroalimentaire. Pour Jérôme Zlatoff, directeur général du groupe AGRIVIA, Union ISARA-ISEMA, la raison est simple : ces secteurs travaillent avec du vivant.

L’IA ne remplacera pas le vivant

L’intelligence artificielle est déjà en train de transformer de nombreux métiers dans différents secteurs professionnels. Si certaines tâches peuvent progressivement être automatisées, l’agriculture présente une particularité : elle repose sur des éléments vivants, dont l’évolution ne peut pas être entièrement standardisée ou anticipée.

« Selon l’étude Entropic Radar sur la sensibilité des secteurs à l’IA, l’agriculture et la food figurent parmi les filières les moins sensibles, car elles travaillent à partir d’un produit vivant. », déclare Jérôme Zlatoff, directeur général du groupe AGRIVIA, dont fait partie l’ISARA, une école d’ingénieurs en agronomie, agroalimentaire et environnement.

Pour autant, cela ne signifie pas que l’intelligence artificielle sera absente des exploitations agricoles ou de l’agroalimentaire. Au contraire, elle pourrait devenir un outil supplémentaire pour accompagner les professionnels dans leur travail.

« L’IA est présente pour aider les jeunes à mieux gérer les paramètres de production », explique-t-il. Analyse de données, optimisation des productions, aide à la décision : les usages peuvent être nombreux. Mais l’IA ne constitue qu’une technologie parmi d’autres.

Une filière encore trop peu connue des jeunes

Si l’agriculture semble disposer de nombreux atouts face aux transformations du monde du travail, elle souffre encore d’un déficit de visibilité auprès des jeunes.

Pour illustrer cette méconnaissance, le directeur général du groupe AGRIVIA pose régulièrement une question très simple à son interlocuteur : « Vous avez mangé quoi ce matin ? » Puis vient une deuxième question : « D’où vient ce qui a été fait ? » Les réponses permettent souvent de constater que le parcours des aliments, de leur production jusqu’à leur arrivée dans nos assiettes, reste largement invisible pour le grand public.

Derrière un produit alimentaire se trouve pourtant toute une chaîne de métiers : production, transformation, recherche, distribution, conseil, industrie ou encore gestion des ressources. Pour Jérôme Zlatoff, il est donc nécessaire de remettre en lumière cette chaîne de valeur et les professionnels qui la font fonctionner. « La société a une vision qui ne rend pas hommage à ces métiers », estime-t-il.

Cette image pourrait pourtant évoluer, notamment auprès d’une génération particulièrement attentive aux questions environnementales. « Les jeunes de nos jours sont tout de même très sensibles à la question environnementale », souligne Jérôme Zlatoff. Pour lui, cette sensibilité peut justement constituer une porte d’entrée vers les métiers de l’agriculture et de l’agroalimentaire.

Les formations proposées par l’ISARA

La formation d’ingénieur agronome de l’ISARA s’appuie justement sur les sciences du vivant et aborde l’agriculture, l’alimentation et l’environnement. Après trois années de tronc commun, les étudiants peuvent progressivement se spécialiser, notamment en agriculture et gestion des ressources, agroalimentaire et management industriel, marchés et management d’entreprise, territoires et développement durable ou encore viti-viniculture.

Cette diversité permet surtout aux étudiants de ne pas se limiter à un seul débouché. « Il n’y a pas qu’un job, il y en a plus de 300 », rappelle Jérôme Zlatoff. L’ISARA recense plus de 300 métiers accessibles après la formation d’ingénieur, dans des secteurs aussi variés que l’agriculture, l’agroalimentaire, l’environnement, le conseil, le commerce ou encore la recherche. L’école affiche par ailleurs un taux de 96 % de ses ingénieurs en emploi dans les six mois suivant leurs études.

Au-delà des débouchés, Jérôme Zlatoff insiste enfin sur la richesse intellectuelle de ces formations. « Nous proposons des formations passionnantes, qui permettent d’appréhender l’ensemble de la complexité du vivant. », résume-t-il.

L’ISARA impose également une ouverture internationale au cours du cursus, avec un séjour d’au moins un semestre à l’étranger pour les étudiants et de trois mois pour les apprentis. De quoi préparer les futurs professionnels non seulement à exercer un métier, mais à comprendre les mutations d’une filière appelée à jouer un rôle central dans les grands enjeux agricoles, alimentaires et environnementaux des prochaines années.

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