Pour son premier rassemblement à la tête des Bleus, Zinédine Zidane a récolté dix points sur douze, avec trois victoires en quatre matches. Sur le papier, ces chiffres rassurent, alors que cette période devait servir de transition tranquille après quatorze ans de règne de Didier Deschamps.
Pour qui s’intéresse à la valeur des deux derniers matches de la France en Ligue des nations, l’enjeu n’est pas le bilan en lui-même, mais la capacité de l’équipe à reproduire ces résultats avec régularité. Avec les données d’une seule trêve internationale, il est difficile pour les supporters de s’appuyer sur les pronostics de football ou de parier.
Le point faible que supporters et parieurs doivent surveiller
Zidane a débuté par deux victoires maîtrisées à l’extérieur, en Turquie puis en Belgique, avant que son équipe ne soit tenue en échec (1-1) par l’Italie au Stade de France, une rencontre que les Bleus ont terminée à dix après l’expulsion de Dayot Upamecano. Le sélectionneur a assuré que ses joueurs méritaient mieux que ce score, mais les chiffres racontaient une histoire plus simple : la France a manqué de maîtrise.
La réponse est arrivée trois jours plus tard. Michael Olise a mené la remontée contre la Belgique (4-1), les quatre buts ayant été inscrits par des remplaçants dans les treize dernières minutes. Ce schéma en dit long : le banc de Zidane a réglé des matches que son onze de départ n’arrivait pas à conclure proprement, et c’est précisément le genre de détail que les parieurs avisés cherchent au-delà du score final.
La France a aussi dû gérer une partie de cette trêve sans son capitaine Kylian Mbappé, blessé après avoir inscrit le but de la victoire en Turquie. La création baisse d’un cran quand l’attaquant le plus fiable manque à l’appel, un détail qui pèse directement sur les paris sur les buts et sur les matches sans but encaissé avant les deux prochaines rencontres.
Faire le job de cette manière est acceptable en Ligue des nations, mais ce modèle n’est pas viable et ne tiendrait pas face à une Coupe du monde ou à un Euro. Zidane a le temps de corriger ces défauts, bien sûr, mais ce sera la grande priorité des Bleus lors de la prochaine trêve internationale.
Ce qui change avant les prochains matches
La France bouclera le groupe A1 en novembre avec ses deux derniers matches : en Italie le 12 novembre, puis face à la Turquie à domicile le 15 novembre. Elle occupe actuellement la tête avec dix points, trois de plus que l’Italie et quatre de plus que la Belgique. Ces deux rencontres désigneront donc de fait le vainqueur du groupe A1, qui héritera du tableau le plus favorable en quarts de finale. La Turquie est quasiment hors course et ne jouera que pour l’honneur.
Après s’être appuyé sur ses remplaçants pour dénouer les matches plutôt que sur ses titulaires, Zidane devrait construire davantage autour des joueurs qui ont fait la différence face à la Belgique, avec un trio offensif composé d’Olise, de Doué et de Cherki dès que Mbappé aura repris l’entraînement collectif. Cette continuité compte surtout en défense centrale, où l’expulsion d’Upamecano contre l’Italie est un écart que Zidane ne peut pas se permettre de reproduire à Milan.
Ce changement devrait clarifier nettement la situation. Si les Bleus corrigent les incertitudes qui leur ont coûté cher face à l’Italie à domicile, le déplacement à Milan pourrait leur offrir la première place pour de bon. En cas de nouveaux relâchements, la dernière journée à Bordeaux pèsera bien plus lourd que prévu en septembre.