La publication de centaines de milliers de documents liés à Jeffrey Epstein a relancé les spéculations autour de personnalités citées dans cette affaire. En France, plusieurs noms apparaissent dans ces archives judiciaires américaines, dont celui d’Emmanuel Macron. Mais selon les autorités françaises, ces mentions sont aujourd’hui instrumentalisées dans une opération d’ingérence informationnelle russe.
Pourquoi la France est concernée par l’affaire Epstein
Les “Epstein Files”, une gigantesque masse de documents issus du ministère de la Justice des États-Unis, ont été rendus publics fin janvier 2026. On y trouve plus de 3 millions de pages, des vidéos et des images en lien avec le réseau de Jeffrey Epstein, criminel sexuel reconnu et mort en prison en 2019.
Ces archives ont immédiatement suscité une vague de spéculations, notamment autour de la présence de noms de personnalités politiques, culturelles ou économiques à travers le monde y compris en France.
Dans ce contexte, le Quai d’Orsay a détecté une opération d’attaque informationnelle russe visant à faire croire à une implication d’Emmanuel Macron dans l’affaire, via le réseau Storm-1516 identifié par le service VIGINUM.
Emmanuel Macron : mentionné mais sans implication directe
Le nom du président Emmanuel Macron apparaît à plusieurs reprises (plus de 200) dans les archives publiées, mais uniquement dans des mentions indirectes. Il est cité dans des échanges entre d’autres personnes ou dans des articles de presse inclus dans les documents.
Il n’existe aucune indication d’un contact direct entre lui et Epstein, ni d’une quelconque participation à des activités liées aux crimes du financier.
Le Quai d’Orsay souligne que des contenus de désinformation, liés à ces documents, circulent en ligne. Ces campagnes attribuées au groupe russe connu sous le nom Storm-1516, cherchent à présenter Macron comme impliqué, ce qui ne repose sur aucune preuve factuelle.
Jack Lang : une figure française au cœur de la controverse
L’ex-ministre de la Culture et actuel président de l’Institut du monde arabe, Jack Lang, est l’un des Français le plus souvent cités dans les « Epstein Files ». Son nom apparaît des centaines de fois dans des échanges ou des documents visuels, y compris dans des photos le montrant aux côtés de Jeffrey Epstein.
Face à ces révélations, Jack Lang a été convoqué par le Quai d’Orsay pour s’expliquer sur ses liens avec Epstein. L’exécutif a estimé que cette affaire pouvait affecter l’image de l’institution qu’il dirige à Paris. Lang nie toute implication criminelle et dit n’avoir jamais su que son interlocuteur américain était un prédateur sexuel.
Plusieurs voix politiques ont appelé à ce que Lang s’explique ou démissionne, alors que le débat s’intensifie en France. Sa fille Caroline Lang figure également dans les documents, notamment en lien avec une société qu’elle avait créée avec Epstein, ce qui a conduit à sa démission d’une fonction professionnelle récente.
D’autres Français cités dans l’affaire Epstein, sans accusations de crime
La publication des « Epstein Files » a mis en lumière d’autres noms de personnalités françaises, souvent dans des échanges ou des correspondances mais sans qu’aucune allégation de crime ne soit établie à leur encontre :
Bruno Le Maire (ex ministre de l’Économie), évoqué dans des contextes politiques ou institutionnels liés aux échanges avec Epstein.
Le DJ David Guetta figure dans la masse de documents, mais les contextes sont sans lien établi avec les trafics ou crimes.
Olivier Colom, l’ex-conseiller diplomatique de Nicolas Sarkozy, est aussi cité : il a échangé de nombreux emails avec Jeffrey Epstein.