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Attentats : les médias audiovisuels rembarrés par le CSA

Quinze chaines de radio et de télévision avaient déposé un recours auprès du Conseil Supérieur de l’Audiovisuel, après le rappel dont elles avaient fait l’objet pour leurs couvertures des attentats en janvier dernier, mais celui-ci a été rejeté.

Les sanctions de février pour la couverture des attentats

En février dernier, des mises en garde (15) et des mises en demeure (21) avaient été notifiées pour des “manquements graves” envers une partie des médias audiovisuels français pour leurs couvertures des attentats de janvier. En premier lieu, pour la question de la gestion du direct car selon le Conseil Supérieur de l’Audiovisuel, certaines chaînes d’information en continu auraient dévoilé en direct à l’antenne des informations qui auraient pu avoir de lourdes conséquences (six chaines de TV et six radios avaient annoncé en direct le lancement de l’assaut contre les frères Kouachi, ce qui aurait pu mettre en danger la vie des otages dans l’Hyper-Cacher de la porte de Vincennes). D’autres médias auraient diffusé des informations et des images jugées trop dures par le CSA (manque de respect de la dignité humaine).

Mais les notifications du CSA, souvent surnommé le “gendarme de l’audiovisuel”, n’ont épargné personne et n’ont pas ciblé un média en particulier car tous avaient été rappelés à l’ordre.

Quelques jours après la décision du CSA, les médias épinglés (par une mise en garde et/ou une mise en demeure) avaient déposé un recours gracieux devant le CSA. De plus dans une lettre ouverte, les médias (TF1, France 2, France 3, France 24, BFM-TV, i-Télé, LCI, Euronews, France Inter, France Info, RTL, Europe 1, RMC, RFI) avaient précisé que “l’information était menacée”.

Selon BFM Business, tous les recours gracieux déposés par les médias audiovisuels, visés par des sanctions, ont été rejetés par le CSA.

La question de l’information en continu (le direct) et le droit du public à l’information

En France, le droit du public à l’information et la liberté de la presse sont primordiaux. Dans des situations comme celles de début janvier, il apparaît difficile de jongler entre l’impératif de sauvegarde de l’ordre public et la liberté d’expression. Et à propos de la gestion de l’information en direct, un directeur de rédaction pense que les sanctions du CSA sont “déconnectées de la réalité”. En effet, les médias audiovisuels vont désormais avoir peur d’informer en direct alors que la presse écrite, les sites d’informations en ligne et les réseaux sociaux pourront le faire sans risquer de sanctions comme ils ne font pas l’objet d’une surveillance de la part du CSA.

Le Conseil Supérieur de l’Audiovisuel a été créé par la loi du 17 janvier 1989 dans le but de garantir la liberté audiovisuelle en France. Il gère uniquement les médias audiovisuels (TV, radios) et n’a pas compétence envers la presse écrite, les médias en ligne et les réseaux sociaux. Il a de nombreuses responsabilités : protection des mineurs et respect de la dignité humaine, respect de l’expression pluraliste des courants d’opinion, organisation des débats électoraux dans les médias audiovisuels, la rigueur du traitement de l’information, protection des consommateurs, attribution des fréquences aux opérateurs, veiller à la représentation de la diversité dans les médias. Et il peut mettre en place diverses sanctions : lettre, mise en garde, mise en demeure, et enfin sanction (amendes, suspension provisoire ou définitive de la diffusion). En pratique, si une chaîne est mise en demeure et/ou en garde et qu’elle réitère ensuite la même faute, le CSA peut prendre une sanction.

Il ne reste maintenant, aux médias épinglés, que la possibilité de déposer un recours devant le Conseil d’Etat qui devra à son tour statuer. Les chaines TV et radios n’ont pas encore décidé de la suite à donner.

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