L’acné fait des victimes dans le monde entier. En France, plus de 15 millions de personnes souffrent d’acné. Des chercheurs californiens ont mis au point un vaccin pour contrer cette pathologie.

Que ce soit pendant l’adolescence ou à l’âge adulte, 80% des personnes connaissent l’acné à un moment donné de leur vie. Elle touche 75 à 95 % des adolescents (et les jeunes adultes des deux sexes). À l’âge adulte, les femmes seraient plus susceptibles à avoir de l’acné que leurs homologues masculins.

Des effets secondaires importants

Aujourd’hui, le traitement de l’acné repose sur des médicaments à usage local ou bien des médicaments oraux. Le taux de réussite est inconstant et les effets secondaires sont nombreux, comme un assèchement de la peau, une hypersensibilité au soleil, ou encore des troubles psychiatriques et des dépressions. Dans une société orientée vers l’image, avoir de l’acné peut-être très difficile à assumer. Pour cause, 20 à 50% des patients acnéiques présentent des troubles dépressifs. Le Dr Paul Cohen, dermatologue au Rosedale Dermatology Center de Toronto, a déclaré que « cette maladie ne tue pas les gens mais rend les gens très déprimés et mal à l’aise. Cela affecte leur estime de soi ». Comme Mélissa qui s’est confiée pour Madmoizelle, « j’ai eu droit à tout : regards de dégoût,  réflexions déplacées sur mon hygiène, messes basses… » , puis ajoute « on te regarde comme si tu n’étais pas normal•e. ».

Un vaccin commercialisé dans trois ans

Mis au point par des chercheurs de l’Université de Californie à San Diego, le vaccin utilise des anticorps pour « cibler une protéine toxique sécrétée par la bactérie Propionibacterium acnes (P. acnes)« . La toxine sécrétée, appelée facteur Christie-Atkins-Munch-Petersen (CAMP), « provoque une inflammation qui mène ensuite à l’acné. Au lieu de cibler entièrement les bactéries P. acnes avec le vaccin« , les scientifiques ont développé « des anticorps qui ciblent la toxine sécrétée afin de protéger le microbiome délicat de la peau« , dont fait partie P. acnes.

 « Le vaccin ne va pas se débarrasser de cette bactérie de notre corps car nous reconnaissons que cette bactérie est parfois bonne, parfois mauvaise« , a expliqué Eric Huang,  l’un des principaux chercheurs du projet.

Ce vaccin préventif sera injecté chez les patients avant leur adolescence  pour que le corps produise « des anticorps pour neutraliser la toxine sécrétée par nos bactéries. » a indiqué Eric Huang. Ce traitement devrait être disponible dans les commerces dans trois ans.

Les résultats de l’étude clinique ont été publiés dans le Journal of Investigative Dermatology


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