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Carla Roturier (Demain nous appartient) : « J’aime la fragilité de Ellie »

Révélée dans The Voice puis adoubée par les fans de la quotidienne de TF1, Carla Roturier, artiste et chanteuse, se confie avec une maturité désarmante. Entre tournages intensifs, identité queer de son personnage et préparation de son premier EP électro-pop, portrait d’une pile électrique talentueuse.

Elle est arrivée dans Demain nous appartient comme un électron libre, une véritable boule de flipper bousculant les intrigues de Sète. En l’espace d’un an, Carla Roturier a su s’imposer avec une aisance bluffante, incarnant le personnage d’Élie avec une intensité qui a immédiatement conquis le public. Mais derrière la comédienne en herbe se cache une artiste aux multiples facettes, passionnée de musique, déterminée et habitée par une sincérité rare.

C‘était une évidence de devenir comédienne ?

Carla Roturier : Je pense que c’était une évidence dans le sens où j’adorais jouer, moi j’étais toujours très curieuse d’aller chercher des castings et des opportunités, mais je me mettais moins de… enfin je mettais direct plus d’énergie dans la musique. Donc c’est vrai que quand j’ai eu le casting j’étais très surprise, mais en même temps je suis trop reconnaissante de pouvoir apprendre à taffer au sein de ce métier. Et je pense que plus je le fais, plus je comprends aussi pourquoi j’aime bien faire ça, et c’est intéressant de progresser aussi.

Qu’est-ce qui vous plaît dans la comédie ?

Je pense qu’il y a deux choses, j’aime beaucoup pouvoir incarner un personnage, enfin peut-être un échappatoire aussi, mais de pouvoir se mettre dans un personnage qui n’est pas le nôtre, et de pouvoir jouer des choses que nous on ne ferait pas du tout dans la vie de tous les jours. Et aussi là je suis dans un stade où j’adore apprendre, juste j’adore apprendre à comprendre comment je peux bien jouer, comment je peux aller chercher des émotions. […] Donc je pense que là ce que j’aime surtout c’est apprendre. Peut-être que dans quelques années je pourrai dire du coup ce que j’aimais apprendre concrètement, mais là c’est surtout apprendre.

Crédit : Telsete / TF1

Et vous vous étonnez sur la quotidienne depuis que vous êtes arrivée ? Vous semblez réellement à l’aise …

Moi j’ai toujours essayé d’être très naturelle dans la manière de jouer. Et puis là je sens que je progresse aussi parce que je pense qu’avant je jouais trop en essayant quand même de plaire un peu peut-être au comédien qui était en face de moi ou à l’équipe qui était autour. Et en fait il faut absolument se lâcher de ça, sinon on met direct des barrières. Donc même là je sens que je joue peut-être un peu mieux qu’avant. Mais ouais, je pense que si j’ai été prise c’était que ça marchait quand même un peu.

Et ce personnage d’Ellie, en quoi vous vous éclatez à l’interpréter ?

Moi j’aime beaucoup sa fragilité. J’ai l’impression que même sans parler on peut comprendre si elle est triste. Elle est très à vif tout le temps sur ses émotions. Et j’adore avoir un espace pour jouer ça. Et je suis très fière aussi de pouvoir jouer un personnage queer chez les adolescents et de pouvoir apporter ces couleurs-là dans la série parce que c’est hyper important d’avoir cette représentation je pense. […] J’ai trop aimé la manière dont ça a été abordé. Même quand on apprend qu’Élie est bi en fait. J’ai trop aimé la manière dont elle l’a dit : « Je me suis jamais vraiment posé de questions. Je ne choisis pas qui m’attire et puis basta. » C’est vrai qu’être bi… c’était pas that big of a deal en fait.

Comment vous trouvez vos marques ? Vous arrivez à vous mettre directement dans le personnage en arrivant sur le tournage ?

En fait, quand je suis arrivée sur le tournage, j’étais très à fond. J’étais un peu trop dans ce truc de : il faut que je sois tout le temps à fond, tout ça. Et puis après, quand ça s’est calmé un peu, j’avais mis un peu plus de distance avec ça. Et là, récemment, j’ai eu envie de quand même me remettre un petit coup de cravache. Et là, je sens que j’ai pu comprendre un peu plus dans quel état d’esprit je dois être avant d’arriver sur le plateau. […] Moi, j’ai ma petite routine avant. J’aime bien me réveiller tôt pour avoir le temps de prendre mon petit-déj, boire mon café, et si j’ai le temps, faire un peu de sport avant. Ça permet d’arriver dans de bonnes conditions.

Comment vous résumeriez cette année en termes d’intrigues ? Vous avez eu à jouer un paquet de trucs, de son arrivée où elle cherche ses origines jusqu’à l’arche récente avec la drogue…

Oui, l’année est passée très vite. C’est allé très, très vite. Je pense qu’il y a des choses dont je ne me souviens plus trop, mais ce que je sais, c’est que j’ai appris beaucoup de choses. Et je sens que j’ai progressé. Et je suis trop contente des personnes avec qui je joue aussi. Je pense que c’est ça qui est cool avec la quotidienne.

Comment on gère la notoriété, le fait que les gens vous reconnaissent dans la rue ? C’est facile à gérer ou pas ?

Moi, c’est quelque chose que j’ai découvert cette année. La seule chose avec laquelle j’ai eu du mal, c’est qu’on m’a prévenue en me le présentant d’un point de vue très négatif. Et là, je suis en train de m’en rendre compte : c’est génial ! Encore une fois, ce n’est pas that big of a deal. Il n’y a pas besoin que ce soit compliqué. Forcément, il y a des jours où si on est crevé, je vais peut-être un peu moins parler et je vais me dire « Ah mince, est-ce que j’ai mal géré ? », mais j’essaie d’être le plus naturelle possible et de faire comprendre aussi que je suis autant intimidée de rencontrer ces personnes-là qu’ils le sont. Et ce qui est cool, c’est qu’il y a plein de personnes qui commencent à venir à mes concerts ! Ça me permet de prendre encore plus le temps de discuter.

Crédit : Telsete / TF1

Justement, comment arrive-t-on à intégrer la musique à l’intérieur de tout ça ?

Je pense que j’ai vraiment appris cette année à bien taffer, à apprendre comment m’organiser. Et j’ai bien appris aussi parce que j’étais parfois pas mal désorganisée au début ! Là, comme je suis encore dans un stade de développement, c’était beaucoup de studios, beaucoup de premiers concerts, donc c’est encore gérable. Et l’équipe de Demain nous appartient est hyper à l’écoute de ce que je développe. Parfois, par exemple, quand on a tourné l’arche sur la MDMA, j’enchaînais de nuits jusqu’à 3 heures du matin et j’avais un concert le lendemain avec 38 de fièvre. Mais je sais que je vais tout donner pour atteindre mes objectifs.

On sent une énorme maturité chez vous, une détermination incroyable. Ça se ressent aussi dans votre identité vocale

Je ne sais pas si je peux dire que je sais que je suis mature, je ne peux pas voir ce que vous voyez de l’extérieur. Mais ce que je sais, et c’est pour ça que j’écris de la musique aussi, c’est que je suis passionnée par le développement de soi et juste grandir. Mes chansons parlent beaucoup de ça, j’essaie toujours de comprendre au mieux qui je suis. Donc peut-être que ça vient créer une certaine forme de maturité.

Ça va sortir quand du coup ?

Ça va commencer à sortir début 2027, avec des titres progressifs qui regrouperont tout ce que je crée depuis un an. D’ici là, je vais faire de belles premières parties (Paolo à La Boule Noire, Mentissa et Keziah Jones au Trabendo, ainsi qu’au Mama Festival).

Est-ce que vous aimeriez qu’Élie chante dans la série ?

Ah mais carrément ! D’ailleurs, quand j’ai appris pour le dessin, ils m’avaient dit qu’ils avaient essayé de caler la chanson, mais c’était trop compliqué avec les droits et tout. Mais j’ai abordé la passion d’Élie pour le dessin de la même manière que j’aborde le chant. Si vous m’entendez, faites chanter Élie, s’il vous plaît !

Pour terminer, l’univers musical qu’on va découvrir, c’est celui axé autour de votre « personnage » Bleue ?

Oui ! Dans tout l’EP, ça va être concentré autour du mot « honnêteté ». Ça va expliquer pourquoi j’ai besoin d’écrire : pour toujours rester honnête avec moi-même et les autres. Pour moi, à l’honnêteté vient se rajouter la mise à nu (d’où le rapport à la nudité sur mes visuels avec mes épaules, etc.). C’est enveloppé de chanson française et d’électropop, une direction qu’on a magnifiquement trouvée avec mon producteur Bastien Burger (le producteur d’Isia et bassiste de Gaëtan Roussel). C’était la pièce manquante du projet !

Et pour le tournage de DNA, vous y retournez quand ?

J’y étais la semaine dernière. Là, je m’arrête une semaine pour composer, puis j’y retourne. Le mois d’octobre va être intense avec une grosse arche pour Élie. J’ai hâte de mettre tout ce que j’ai appris ces derniers mois en pratique !

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Rédacteur en chef du pôle séries, animateur de La loi des séries et spécialiste de la fiction française
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