Notifications, formats courts, vidéos verticales, recommandations algorithmiques. Feu le bon vieux journal acheté à la boulangerie du coin avec le café … Chez les jeunes publics français, l’information ne se consulte plus, elle circule. Les données les plus récentes confirment une transformation profonde des usages, qui oblige les médias à revoir leurs formats, leurs canaux et leur rapport au public. Décryptage d’un basculement durable.
Selon le Digital News Report 2025 du Reuters Institute, plus de 70 % des 18-29 ans en France accèdent désormais à l’information via les réseaux sociaux, loin devant les sites de presse traditionnelle. Vidéos courtes, formats explicatifs et contenus incarnés redessinent profondément la manière dont les jeunes publics s’informent, obligeant les médias à repenser leurs formats, leurs canaux et leur rapport au temps long.
L’information s’impose désormais comme un flux continu
Chez les moins de 30 ans, l’information ne s’inscrit plus dans un rendez-vous précis. Elle s’immisce dans le quotidien, au milieu du scroll, entre deux messages, deux vidéos ou deux morceaux de musique. Dans une étude détaillée pays par pays, le Reuters Institute Digital News Report 2025 montre que plus de 70 % des 18-29 ans consultent l’actualité de manière fragmentée, plusieurs fois par jour, principalement via leur smartphone. Le geste a changé. On ne va plus chercher l’information. Elle s’entrechoque dans un flux déjà occupé par le divertissement, la discussion et les réseaux sociaux.
À bien des égards cette évolution modifie la relation au temps. La lecture du journal du matin ou l’écoute de la radio au petit déjeuner, le JT du soir ou la lecture approfondie du week-end ne structurent plus l’accès à l’actualité pour une large partie des jeunes publics. L’information arrive par touches successives, souvent courtes, parfois incomplètes, mais répétées. La fréquence remplace la durée. L’exposition remplace la lecture continue. Ce basculement explique en partie le succès des formats courts et des médias capables de produire une information immédiatement compréhensible, sans prérequis.
La recherche de repères clairs face à la surcharge informationnelle
Cette infobésité de contenus ne provoque pas un rejet de l’information. Elle déclenche plutôt un besoin de repères. Toujours selon le Reuters Institute une majorité de jeunes utilisateurs exprime une difficulté croissante à hiérarchiser l’actualité. Trop de sources, trop de notifications, trop de formats différents. Le tri devient une attente centrale. Cette recherche de clarté explique l’intérêt pour les formats explicatifs, les classements, les guides et les comparatifs. Dans certains domaines, comme le divertissement, la culture ou les loisirs en ligne, les jeunes lecteurs privilégient des plateformes capables de synthétiser l’information, d’expliquer les règles et d’éclairer les choix. C’est dans cette logique que des contenus de type guide, comme ceux proposés par septem-paris.com, trouvent leur public. L’objectif ne repose pas sur la quantité d’informations, mais sur leur lisibilité et leur hiérarchisation. Ce réflexe de tri ne traduit pas une défiance généralisée envers l’information. Il révèle plutôt une adaptation à un environnement saturé, où le temps d’attention se réduit et où la clarté devient une valeur éditoriale centrale.
Réseaux sociaux : premier point d’accès à l’actualité pour les jeunes
Les études sont sans appels : les réseaux sociaux occupent désormais une place centrale dans l’accès à l’information. Selon l’ARCOM, près de 60 % des 18-24 ans citent les plateformes sociales comme leur première source d’actualité en 2025. TikTok, Instagram et YouTube dominent largement cet usage. Ces plateformes ne jouent pas le rôle de médias traditionnels, mais elles orientent fortement l’exposition à l’information. Les algorithmes sélectionnent les contenus selon les habitudes, les centres d’intérêt et les interactions passées. Attention danger, car cette logique favorise les formats visuels, narratifs et incarnés. Les sujets complexes peinent à émerger sans travail de simplification. Les contenus trop longs ou trop abstraits circulent moins. Ce mode d’accès transforme aussi la hiérarchie de l’information. L’actualité politique, économique ou internationale côtoie le divertissement, la culture et les contenus personnels. La frontière entre information et contenu se brouille, sans pour autant disparaître. Les jeunes publics identifient encore les sources, mais ils les découvrent souvent par l’intermédiaire d’un tiers, créateur, média ou algorithme.
Fake news : des adolescents très exposés, mais loin d’être passifs

Comme les jeunes consomment l’information via les réseaux sociaux, cela pose une autre question centrale. Celle de l’exposition des plus jeunes à la désinformation. En effet, les adolescents figurent parmi les publics les plus ciblés par les campagnes de fake news, en raison de leur présence massive en ligne et de la consommation solitaire de contenus, majoritairement via le smartphone. Selon Médiamétrie, en janvier 2024, 84,7 % des 15-24 ans se sont connectés à Internet chaque jour, soit 6,6 millions de jeunes. Ils y consacrent en moyenne 3 h 50 par jour, dont 3 h 34 sur mobile, et les réseaux sociaux représentent 58 % de ce temps quotidien. Plus de 8 jeunes sur 10 (81,3 %) s’y connectent quotidiennement. Cette hyper-exposition en fait une cible privilégiée pour des stratégies de manipulation de l’information, menées par des États ou des groupes d’intérêt.
Pour autant, les adolescents ne sont pas désarmés. Une étude publiée par une équipe du CNRS, issue du Laboratoire de psychologie du développement et de l’éducation de l’enfant (LaPsyDE) et parue dans la revue Nature, apporte un éclairage nuancé. Les chercheurs ont évalué la capacité de 432 jeunes âgés de 11 à 14 ans à distinguer des informations véridiques de fausses nouvelles, en les confrontant à des faits d’actualité réels et inventés, associés à des tests de raisonnement cognitif.
Les résultats montrent une évolution nette avec l’âge. Plus les adolescents sont âgés, plus leur capacité à identifier les fake news progresse, une compétence encore fragile avant 11 ans. Surtout, les jeunes les plus aptes à repérer les informations mensongères présentent de meilleurs résultats aux tests de raisonnement, confirmant que le discernement repose moins sur l’intuition que sur la maturation des capacités cognitives. Ces travaux soulignent un point clé : la lutte contre la désinformation passe moins par la restriction des usages que par le développement des compétences d’analyse. L’enseignement des mécanismes de vérification de l’information, de la hiérarchisation des sources et de la mise à distance émotionnelle apparaît comme un levier central, à l’heure où les contenus circulent de manière de plus en plus personnalisée et algorithmique.
Brut impose de nouveaux codes éditoriaux les médias traditionnel suivent
Certains médias ont compris très tôt cette mutation. Brut, Hugo Décrypte ou encore Kombini figurent parmi les références les plus citées par les 18-34 ans. Leur succès repose sur plusieurs choix éditoriaux clairs. Les formats restent courts. Le ton privilégie l’explication directe. Les sujets complexes passent par des récits incarnés, souvent portés par des journalistes identifiables. Le montage rapide, les sous-titres systématiques et l’adaptation aux codes des plateformes facilitent la compréhension sans sacrifier le fond.
En France, HugoDécrypte s’est imposé comme l’une des principales portes d’entrée vers l’actualité pour les moins de 30 ans. À travers ses vidéos diffusées sur YouTube, Instagram ou TikTok, le média privilégie des formats explicatifs courts, pédagogiques et contextualisés. Selon le Digital News Report 2025 du Reuters Institute, plus d’un jeune sur cinq en France déclare avoir été exposé à des contenus d’actualité produits par HugoDécrypte au cours de la semaine précédente, confirmant l’importance de ces nouveaux intermédiaires dans la consommation de l’information.
De leur côté, les médias traditionnels n’ont pas ignoré ces évolutions. Le Monde a constitué des équipes dédiées aux formats sociaux, avec des journalistes spécialisés dans la production de contenus pour TikTok, Instagram ou YouTube. France Télévisions, Arte et Radio France développent également des formats verticaux, courts et pédagogiques, pensés dès l’origine pour les réseaux. Cette adaptation ne se limite pas à un changement de canal. Elle implique une transformation des méthodes de travail. Les rédactions réfléchissent désormais en termes de formats, de temporalité et de narration avant même la publication sur leurs supports traditionnels. L’article long conserve sa place, mais il cohabite avec des déclinaisons plus courtes, destinées à capter l’attention sur les plateformes sociales. Cette stratégie vise un objectif clair : rester visible là où les publics se trouvent déjà. Les médias ne cherchent plus seulement à attirer les jeunes vers leurs sites. Ils vont à leur rencontre dans leurs usages quotidiens.

Une mutation durable du paysage médiatique français
Chez les moins de 30 ans, les réseaux sociaux constituent désormais un point d’entrée majeur vers l’actualité. Les formats hybrides, mêlant texte, vidéo et audio, deviennent la norme. Cette évolution ne signe pas la disparition du journalisme, mais son adaptation. Des médias comme VL Media, qui combinent information, culture, radio et podcasts, illustrent cette hybridation entre sérieux éditorial et accessibilité. L’information ne se consomme plus de manière linéaire. Elle circule, se partage, se commente et se reformule. En 2026, les jeunes publics français ne se détournent pas de l’information. Ils la consomment autrement. Flux continu, formats courts, plateformes sociales et recherche de repères structurent désormais leurs usages. Les médias capables de conjuguer clarté, fiabilité et adaptation aux pratiques numériques continuent de jouer un rôle central dans un paysage informationnel en mutation rapide. L’idée directrice du président, qui a fait à l’automne une tournée face aux lecteurs de la presse régionale, est que les médias traditionnels sont régulés par la loi sur la presse de 1881 mais que les réseaux sociaux actuels y échappent largement et qu’il faut donc adapter les textes.