Theresa May a affirmé hier qu’il « est très probable que la Russie soit responsable » de l’empoisonnement de Sergueï Skripal et de sa fille. Malgré le risque d’une escalade entre les deux nations, elle a précisé devant la Chambre des communes que la substance retrouvée était « de qualité militaire ».

 

Plus d’une semaine après que le Russe de 66 ans et sa fille ont étés retrouvés dans un état critique sur un banc de Salisbury, et alors qu’ils sont encore en soins intensifs, la première ministre britannique Theresa May a montré du doigt l’implication de la Russie. Une histoire qui en rappelle une autre, l’assassinat d’Alexandre Litvinenko, à Londres en 2006.

 

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Sergei Skripal, jeune (cp. The Guardian)

Qui est Sergueï Skripal ? 



Il s’avère que l’espion soit en réalité un agent double. Après une longue carrière dans les services de renseignements russes, où il a notamment été colonel, il a rejoint les services britanniques dans les années 1990. De sa position privilégiée, il fournit l’identité de dizaine d’agents soviétiques opérant sur le territoire européen, mais également des informations sur l’Armée rouge. Cela jusqu’en 2004 où il fut arrêté en Russie. Reconnaissant sa culpabilité lors de son procès en 2006, il est condamné à 13 ans de camp et son grade lui est retiré. Il s’installe dans l’anonymat au Royaume-Uni en 2010 grâce à un échange d’espion entre Moscou, Washington, et Londres. Il vivait depuis une retraite paisible à Salisbury avec sa fille Youlia. La femme de 33 ans a été retrouvé inconsciente sur le même banc que lui.

 

Pourquoi la thèse est crédible ?



Tout simplement parce que la substance utilisée pour empoisonner les deux victimes a été identifiée. Il est de « qualité militaire », c’est en effet un poison mis au point par l’Union Soviétique dans les années 1970 et 1980. Dès lors, seules deux solutions sont envisageables. Comme l’a précisé Theresa May, « il s’agit soit d’une attaque directe de l’Etat russe contre le Royaume-Uni, soit le gouvernement russe a perdu le contrôle de ce produit terriblement nocif et a permis son utilisation par d’autres ». 
D’autre part, pour les experts Anglais, l’implication de la Russie ne laisse que peu de place au doute. John Lough et James Sherry pointent deux raisons équivoques. La première, Moscou n’a pas envoyé les signaux diplomatiques de rigueur pour montrer son innocence. La seconde, cette attaque symbolique veut faire passer un double message :« Les traites russes exilés ne seront jamais en sécurité », « Les russes pensent que le Grande-Bretagne est faible et elle montre qu’elle n’a aucun respect envers elle. » 
Pour résumer, cette tentative d’assassinat aurait pour simple objectif de tester le gouvernement britannique, en partie discrédité par les coupes budgétaires et le Brexit. 

Pourquoi cela peut-être dangereux ?

Parce que l’escalade de la violente s’est vite faite entre Londres et Moscou. Vladimir Poutine qui s’est amusé de la situation en répondant que le royaume devait « tirer les choses au clair de son côté », se montre désormais plus sombre. Depuis son discours, l’ambassade de Russie à Londres a accusé Theresa May de jouer à un « jeu très dangereux ».
La résidente du 10 Downing Street a ensuite présenté froidement les mesures que le Royaume-Uni va prendre en représailles. Elle pourrait des aujourd’hui annoncé l’expulsion de diplomates, des mesures contre les banques. Le boycott de la Coupe du Monde de football a même été envisagé.
Washington et Paris ont tenu a assurer leur soutien à Londres. Cependant, tous ont demandé la prolongation d’un dialogue rigoureux pour l’instant seul pompier d’un brasier qui attend son heure. L’affaire Skripal pourrait néanmoins être l’étincelle qui mettra le feu aux poudres.

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