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Comprendre ce qui se passe en Nouvelle-Calédonie en 5 minutes.

Hier soir, la violence s’est déchainée en Nouvelle-Calédonie. Désormais sous tension, l’archipel fait face à de nombreuses émeutes en raison d’un projet de réforme constitutionnelle examiné depuis lundi 13 mai à l’Assemblée.

Incendies, pillages, agressions, évacuations… Depuis hier soir, la Nouvelle-Calédonie, territoire français situé dans le Pacifique Sud, est le théâtre de violences et d’émeutes. C’est à Nouméa, la capitale, que ces événements ont éclaté. Ces affrontements ont débuté lors d’une manifestation des indépendantistes calédoniens contre une réforme constitutionnelle examinée à l’Assemblée nationale française, approuvée par le Sénat. Les tensions sont vite montées entre les forces de l’ordre et les émeutiers jusqu’à des tirs d’armes à feu. Mais le conflit régnait également entre les citoyens, à l’image d’une « guerre civile ».

Une carte postale incendiée

À ce jour, les rues de Nouméa sont devenues fantômes et entièrement dégradées. Entre les carcasses de véhicules et les vestiges des établissements, bâtiments et usines incendiés, la capitale calédonienne n’est plus la carte postale que les étrangers pouvait se faire d’elle. En peu de temps, 54 gendarmes et policiers ont été blessés au cours des affrontements. Les pompiers de la ville, quant à eux, ont affirmé avoir reçu près de 1500 appels dans la nuit. Un nombre d’urgences beaucoup trop important pour les traiter dans l’intégralité. Mais, Gérald Darmanin, ministre de l’Intérieur, a tout de même confirmé l’interpellation de 82 individus. Il parle même « d’émeutes commises par des délinquants, parfois par des criminels »..

Des solutions pour la Nouvelle-Calédonie

Les premières altercations avec les forces de l’ordre ont débuté dans la journée de lundi 13 mai. Dès lors, la discorde s’est accentuée. Face à cette situation, le Haut-Commissariat de la République en Nouvelle-Calédonie, représentant du Gouvernement, a décrété un couvre-feu dans l’agglomération de Nouméa pour la nuit de mardi 18h00 à mercredi 6h00. Ce dernier interdit tout rassemblement dans la capitale, et interdit même le port d’arme et la vente d’alcool sur l’ensemble de l’île.

De la même manière, le gouvernement de l’archipel a lancé ce matin un appel à « la raison et au calme ». Les établissements scolaires ont également fermé leurs portes jusqu’à nouvel ordre tout comme l’aéroport international.

Les autorités françaises, notamment Gérald Darmanin, ont condamné fermement les violences et appelé au calme. Des renforts de forces de l’ordre, y compris des unités spéciales comme le GIGN, ont été déployés sur place pour rétablir l’ordre et sécuriser la population. D’autres ont décollé dans la matinée de l’hexagone pour arriver au plus vite sur l’archipel.

À lire aussi : Mayotte : c’est quoi l’opération Wuambushu ?

Loyalistes contre indépendantistes

En parallèle, les débats sur la réforme constitutionnelle ont été perturbés à l’Assemblée nationale française. Ce texte, examiné depuis lundi dans l’Hémicycle, vise à élargir le corps électoral aux élections provinciales en Nouvelle-Calédonie. En d’autres termes, le gouvernement souhaite autoriser toutes les personnes arrivées sur le territoire depuis 1998 à voter. Un dégel qui ajouterait 25 000 personnes au corps électoral alors que depuis des années, un électeur sur cinq est évincé. Une décision jugée évidente pour les loyalistes mais dangereuse par les indépendantistes qui voit ça comme une « atteinte à la décolonisation« . Cette communauté considère ainsi ce dégel comme une menace pour les droits des populations autochtones kanaks et appelle à une mobilisation plus forte dans le cas de sa validation. Le Congrès calédonien, de son côté, a appelé hier, à retirer la réforme.

Tandis que un vote sur ce projet était prévu cet après-midi, les débats n’ont pas été menés à leurs termes cette nuit. Ce retard, les députés le doivent au dépôt massif d’amendements, notamment par le groupe La France insoumise. Malgré ces troubles, le gouvernement français a exprimé sa volonté de favoriser le dialogue et l’apaisement. Le calendrier parlementaire sur la réforme constitutionnelle devra être révisé dans la journée, mais l’approbation de l’Assemblée nationale reste nécessaire avant toute modification de la Constitution.

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