À la uneCulturePop & Geek

Celeste : l’ivresse des sommets

Quelque part au milieu de tous les excellents titres sortis en ce début d’année, luit la pépite Celeste, jeu de plateforme qui n’a rien à envier au gigantisme d’un Monster Hunter World ou au gameplay d’un Dragon Ball FighterZ.

Le jeu de plateforme au sommet

Celeste est développé par le canadien Matt Thornson, bien connu pour nous avoir servi le délicieux Towerfall Ascension, sorte de Bomberman moderne. Cette fois, Thornson met de côté le multijoueur et envoie une Madeline (nom de l’héroine par défaut) bien seule gravir le mont Celeste, dans le seul but de se prouver qu’elle en est capable.

Partant de ce pitch, le développeur nous a concocté un plateformer sans pitié. Le gameplay y est très simple, un saut, un dash hérité de Towerfall, des rebonds sur les murs et on part à l’assaut de la fameuse montagne. Si quelques subtilités de jeu viendront bien vite accompagner vos aventures, ce n’est pas dans les palettes de mouvement que Celeste se démarque, mais bien dans la simplicité déconcertante qu’il a à vous rendre la vie impossible.

Un gameplay aux petits oignons

Car oui, le jeu est dur. Un compteur de morts viendra vous le rappeler bien souvent. Cependant, ici la mort est vue comme une étape vers la réussite. “Plus tu meurs, plus tu apprends” nous dit le jeu. Idem pour les collectibles que vous pouvez choisir d’ignorer, ou au contraire, de collectionner, pour le seul plaisir de voir augmenter votre compteur de morts et comparer votre agilité avec vos amis.

Celeste

Rira bien qui rira le dernier

Si le début du jeu vous fera croire pendant quelques minutes que « finalement c’est pas si dur », vous vous rendrez bien vite compte qu’ici la moindre erreur est fatale. Cependant, la mort n’est pas trop punitive, mourir vous fera repartir quelques secondes auparavant. On est loin d’un Super Meat Boy qui demande de connaitre le niveau par cœur avant d’en triompher. Le jeu alterne savamment les tableaux franchement compliqués et les moments plus détendus, nous laissant respirer et reprendre notre concentration, dans cet univers qui, malgré tout, n’arrive jamais à trop nous excéder.

Un level design cosmique

Le successeur de Towerfall était attendu au tournant, tant il représente un étalon dans la précision de gameplay à la manette. Il faut moins de dix minutes pour se rassurer : les mêmes sensations, les mêmes satisfactions, les mêmes frustrations sont bien présentes.

Si le gameplay est effectivement d’une efficacité redoutable, c’est bien le level design qui nous émerveille tout au long de l’aventure. Le dash, ou double saut, vous permettra de naviguer à travers les tableaux, de plus en plus durs, de plus en plus intéressants et intelligents. Le level design est magistral et on est sans cesse étonné par ce que le développeur nous a réservé. En effet, on réfléchit souvent aux meilleures manières de venir à bout d’un niveau, aux endroits où sont cachés les collectibles. A la différence d’un Super Meat Boy, le jeu est basé sur l’observation et le timing bien plus que la vitesse.

Certains niveaux nécessitent patience et doigté pour être passés (source Reddit)

Si terminer le jeu vous prendra une dizaine d’heures en ligne droite, Celeste se découvre vraiment dans ses niveaux bonus. Ceux-ci sont des versions revisitées des niveaux d’origine, plus durs, plus exigeants, plus jouissifs. A la manière de poupées russes, vous trouverez dans ces niveaux bonus (appelés “Face B”), des collectibles pour accéder aux faces C, qui sont des niveaux à la difficulté proprement démoniaque. Le jeu est donc extrêmement généreux et sa durée de vie est colossale compte tenu de son prix petit format (une vingtaine d’euros).

L’ascenseur émotionnel

Petit point technique, le jeu est designé en pixel art avec une direction artistique franchement réussie. Certains n’aimeront pas l’ensemble, mais le jeu a une personnalité graphique très marquée. L’ambiance est très réussie, et les niveaux ont tous leur identité propre, malgré le thème commun de l’ascension d’une montagne. La musique et les effets sonores sont magistraux, favorisant largement l’immersion. Mention spéciale aux faces B et C qui sont des réorchestrations des morceaux de base, parfois par des compositeurs reconnus, et qui valent le détour.

Celeste

Le level design est très astucieux

Au fil de votre partie, on s’aperçoit que même le scénario du jeu propose des surprises. On est loin du jeu de plateforme bas du front qui met l’accent sur ses seuls aspects techniques. L’ascension du mont Céleste sera accompagnée d’un réel voyage intérieur pour l’héroïne qui se retrouvera confrontée à beaucoup plus d’obstacles qu’escompté.

Switch superior version? 

La Switch est, une fois de plus devient coutume, le support idéal pour accompagner Madeline dans son ascension. Techniquement, Celeste est suffisamment peu gourmand pour rester fluide en permanence, et y jouer en mode nomade par petite session permet de garder le plaisir intact. Ne pas avoir la contrainte d’être devant sa télé ou son écran d’ordinateur pour un tel jeu, qui se savoure autant par longue session que petite touche, est un réel plaisir.

Cependant, les mini sticks des joycon de la Switch montrent ici leur limite. Dans un jeu qui va vous voir mourir des centaines, voire milliers de fois, et qui est très exigeant, il est rageant qu’une exécution parfaite soit parfois entachée par un stick qui lui, fait bien ce qu’il veut. Si cela est anecdotique durant l’aventure, c’est bien plus rageant lors des niveaux bonus, ou on conseillera bien vite de passer à la manette pro, histoire de se préserver un peu les nerfs. La Switch n’est pas la seule concernée par ce soucis, la manette de Xbox One étant, elle aussi, à la base de nombreuses morts non désirées.

Il n’était pas aisé pour le créateur de Celeste et Towerfall de passer d’étalon du jeu multijoueur à référence du jeu de plateforme solo en gardant les mêmes mécaniques de gameplay. En réussissant ce tour de force, Matt Thornson nous livre un  jeu magistral, qui continuera de nous hanter une fois l’aventure terminée. Disponible pour une vingtaine d’euros sur la plupart des plateformes actuelles, il serait criminel de passer à côté.

Related posts
À la uneActualitéMode-femmeRégions

Jessica La Corte en lice pour Miss Bretagne 2020

À la uneLa Loi des SériesLa loi des séries s'la raconteSéries Tv

La loi des séries s'la raconte : Neon Genesis Evangelion | La loi des séries #413

À la uneSéries Tv

Mélanie Maudran : "On va revenir à une Claire Estrela plus borderline comme au début de la série"

À la uneActualitéCultureSéries Tv

Après Validé, Hatik rejoint le casting d'une série de TF1

Retrouvez VL. sur les réseaux sociaux