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[Critique] House of Cards : quand la série flirte avec l’actualité

La saison 4 du soap-opéra explore un peu plus, avec brio, les dessous de la vie politique américaine. Frank Underwood emploie tous les moyens pour conserver la présidence tandis que vieux et nouveaux démons ébranlent Washington.

L’Amérique vit actuellement au rythme des primaires. Le monde entier s’effarouche chaque jour des tollés provoqués par le magnat de l’immobilier Donald Trump. Depuis le 4 mars, les spectateurs peuvent désormais se délecter d’un autre animal politique. Sur le petit écran cette fois-ci. House of Cards a fait son retour sur la plateforme de VOD Netflix. Et Kevin Spacey renfile le costume de l’homme de pouvoir véreux, sans foi ni loi, une sorte de Machiavel du XXIe siècle. On avait quitté le président Underwood au sommet de sa gloire mais contrarié par la montée en puissance de Heather Dunbar, son adversaire à la primaire démocrate. Cette nouvelle saison démarre sur les chapeaux de roues.

En pleine instance de divorce avec sa compagne Claire (campée par l’exquise Robin Wright), Frank doit faire campagne seul. Plus qu’une épouse, Mrs Underwood représente le pilier incontournable sur lequel s’est maintes fois reposé celui qui a réussi à gravir tous les échelons : du rôle de Whip… jusqu’à la présidence. Et à Claire de vouloir se tailler une part du gâteau, elle qui est longtemps restée dans l’ombre de son mari. Le doute domine le bureau oval, confronté à une menace sécuritaire sans précédent. On n’en dira pas plus, mais on sent que l’actualité dramatique de ces derniers mois a largement inspiré les scénaristes.

Des amis qui ne veulent pas que du bien

Frank Underwood doit juguler la multiplication des crises dans cette nouvelle saison.

Frank Underwood doit juguler la multiplication des crises dans cette nouvelle saison.

Le rythme s’en trouve boosté, Underwood devant jouer sur tous les tableaux : son couple, sa réélection, et quelques amis qui ne lui veulent pas que du bien. Au demeurant calme, le chef d’Etat sort de ses gonds comme rarement dans les moments de forte pression. Pour notre plus grand plaisir. Quelques personnages principaux un peu passés dans l’oubli en profitent pour faire des apparitions en forme de jolis clins d’oeil pour les fans de la première heure.

Les nouveaux venus au casting se révèlent de bonnes surprises. Notons Joel Kinnaman et son interprétation du jeune et ambitieux sénateur Will Conway, candidat à l’investiture républicaine. La série avait su habilement transcrire l’importance des médias et leurs relations avec la Maison blanche. Un nouveau palier a été franchi en montrant l’arme de communication redoutable que confèrent les réseaux sociaux dans la conquête de l’opinion publique, le sénateur Conway n’hésitant pas à mettre en scène sa vie de père de famille jeune et branché lors de séances de visioconférences. De quoi ringardiser le couple Underwood, plus adepte des points-presse et grandes messes télévisées.

La photographie, teintée d’un gris-bleu, accentue la noirceur de l’œuvre et donne au feuilleton le côté thriller initié par David Fincher à ses débuts. Les thèmes musicaux de Jeff Beal sont revisités, plus épurés laissant sortir quelques fameuses notes empruntées aux premières compositions ça-et-là. Alors qu’une saison 5 est d’ores et déjà signée, la seule ombre au tableau se trouve dans le départ de Beau Willimon, scénariste et créateur du show en 2013.

Photos: David Giesbrecht/Netflix

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