Après plusieurs semaines de polémiques, de tensions internes et de baisse d’audience, CNews semble marquer le pas, mais la tempête n’est pas totalement derrière elle. Entre le maintien de Jean-Marc Morandini à l’antenne, des performances d’audience contrastées et l’attention du Parlement, la chaîne d’information navigue toujours en eaux troubles.
Morandini Live maintient sa première place malgré la polémique
Ce mercredi 4 février 2026, Jean-Marc Morandini a présenté une nouvelle édition de Morandini Live sur CNews, consacrée à l’affaire d’une professeure poignardée par un élève de 14 ans à Sanary-sur-Mer. Le journaliste a détaillé les faits connus et analysé les dysfonctionnements autour de l’affaire.
En termes d’audience, l’émission a attiré 319 000 téléspectateurs, soit 10 % de part de marché sur l’ensemble du public et 11,4 % auprès des CSP+. Avec cette performance, CNews s’est classée première chaîne d’information pour ces indicateurs et deuxième chaîne nationale sur les CSP+ durant l’émission.
Pourtant, sur un an, Morandini Live connaît un recul de 27 % : la même période en 2025 avait rassemblé 439 000 téléspectateurs, soit 12 % de part d’audience. La chaîne paie encore le prix de la polémique autour de la condamnation définitive de Morandini pour corruption de mineurs.
Jean-Marc Morandini a récemment annoncé qu’il abandonnait tout recours après dix ans de procédures judiciaires, y compris devant la Cour européenne des droits de l’homme. Sur les réseaux sociaux, il a présenté ses excuses pour « les paroles et échanges écrits » qui lui ont été reprochés et qui ont pu blesser. Il a aussi demandé une « seconde chance » à ceux qui souhaitent le soutenir.

Une polémique qui attire l’attention du Parlement
Le maintien de Jean-Marc Morandini sur CNews ne passe pas inaperçu. La commission d’enquête sur l’audiovisuel public a prévu d’auditionner Vincent Bolloré fin février afin de l’interroger sur cette décision. Jérémie Patrier-Leitus, président de la commission, a déclaré sur Franceinfo qu’il souhaitait clarifier « pourquoi un journaliste condamné pour corruption de mineurs reste à l’antenne » et souligner les principes déontologiques et éthiques en jeu.
Selon le député, même si aucun manquement légal n’existe, « il n’est pas normal qu’une personne inscrite sur la liste des auteurs d’infractions sexuelles soit maintenue à l’antenne », insistant sur le respect de principes éthiques et déontologiques.
Encore des tensions internes chez CNews ?
En interne, la décision de maintenir Jean‑Marc Morandini à l’antenne a provoqué des tensions visibles entre personnalités de CNews. Sonia Mabrouk, l’une des figures les plus en vue de la chaîne, a publiquement critiqué ce maintien après sa condamnation pour corruption de mineurs, affirmant ne pas vouloir « cautionner cela » tout en respectant la direction de la chaîne ; elle a avoué ne pas « en dormir depuis plusieurs jours » face à la polémique suscitée par la justice et l’émotion autour de l’affaire.
Pascal Praud, autre présentateur phare, a soutenu Mabrouk en déclarant sur X qu’elle avait « trouvé les mots justes » et qu’il partageait en grande partie son opinion, ce qui signale un désaccord implicite avec la ligne éditoriale officielle de CNews.
Dans les couloirs de la chaîne, l’affaire Morandini aurait aussi contribué à un climat de désaccords et de remous éditoriaux parmi les équipes, révélant que tous ne partagent pas la même vision sur la gestion de cette crise.